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La sélection Mosaïque 2021 : les compositeurs

Derrière les machines se cachent des technicien.n.e.s du son et des penseur.se.s musicaux. En composant des instrumentales sur-mesure, il.elle.s subliment le talent artistique des rappeurs. Certains ont d’ailleurs été particulièrement remarquables en 2021. Mosaïque livre sa sélection des compositeurs de l’année.


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Kosei, pilier de l’underground

L’homme derrière le boom de l’année se nomme Kosei. Co-signant la tape « KOLAF » avec La Fève en 2020, il a su s’entourer de la crème des new-comers (Khali, MadeInParis, Realo ou Tejdeen) pour imposer sa patte trap psychédélique et être un nom de l’underground du rap français. Son style teinté de bounce et de claviers divers n’est pas sans rappeler l’univers des beatmakers trap du milieu des années 2010 à la Métro, TM88, Ikaz Boi ou Myth Syzer.

Après avoir conquis la nouvelle scène, il s’est tourné vers des MC plus confirmé.e.s du jeu. Lala &ce, Slimka, Dimeh et Guy2Bezbar. La « ERRR » tape ne s’est pas non plus privée de ses services. Certes, le jeune producteur n’est plus en cosign, mais il a pu livrer trois tracks à La Fève dont le percutant LONERRR. Si son style signature est une trap planante, Kosei a prouvé qu’il ne se limite pas à des bangers de soirée rap. Dans Bonbon (Khali), VOITURE SPORTIVE ou RAT INTERLUDE (La Fève), le compositeur propose même parfois des mélodies aux accents « Kanyesques ». Kosei attendait 2021, 2022 attend désormais Kosei et pourrait le placer haut dans la hiérarchie des meilleurs producteurs français.

– Max Thomas

Skread, l’architecte de « Civilisation »

Comment ne pas associer le succès de « Civilisation » au compositeur Skread ? Si Phazz a grandement participé à la production de l’album, il demeure le chef d’orchestre de cet opus devenu le plus vendu en France en 2021, toute musique confondue. Une performance commerciale encore jamais vue dans le rap français à l’ère du streaming. Cerise sur le gâteau, le documentaire « Ne montre jamais ça à personne », qui a accompagné la sortie, a également levé le voile sur l’importance de son rôle auprès d’Orelsan. Véritable tête pensante, directeur artistique pragmatique et conseiller précieux. Une reconnaissance nouvelle pour lui qui a vu ses abonné.e.s sur Instagram grimper de 30.000 à 110.000 abonnés après la sortie de la série de six épisodes diffusée sur Amazon Prime.

Sur le disque, Skread livre des productions modernes en jouant avec les codes de l’électro, de la drill, mais aussi du disco. Un savant mélange qui prend forme sur les titres Ensemble ou L’odeur de l’essence dont les basses grésillantes ont secoué le mois de novembre. 2022 ne sera pas moins mouvementé pour le Normand aux manettes de la tournée hors-norme d’Orelsan. Elle s’achèvera en mars prochain avec cinq dates successives à l’Accor Arena. Pharaonique.

– Thibaud Hue

Guapo du Soleil, compositeur versatile

L’année 2021 sonne comme celle de la confirmation pour Guapo du Soleil. Sa polyvalence lui a permis de toucher plusieurs générations et de placer pour des artistes confirmé.e.s et émergent.e.s. À l’arrivée, les certifications sont de plus en plus sérieuses. En témoigne ses disques de platine et de diamant décrochés avec Aya Nakamura et Gambi. Ce jeune homme du Val-de-Marne est capable de composer des bangers avec des productions légères aux ambiances club qui oscillent entre respect des conventions et innovation.

Cette double tendance créative se manifeste dans des prods aux rythmiques chaudes et acoustiques formatées pour le top 50, mais aussi dans des textures plus glaciales et synthétiques rappelant les plus belles heures de la 808 Mafia. Des 808 compressées de Pyrex Whippa aux rimshot dansants (une technique de batterie) de DJ Khaled, Guapo du Soleil séduit et semble ne pas cliver. Proche de la scène émergente et du studio Avlanche, il a également composé pour les projets de Chanceko, DMS et Sonbest avec qui il s’élève depuis des années.

– Cédric Rossi

Dioscures, l’âme de « Ciela »

Après avoir achevé sa collaboration avec Laylow pour l’album « Trinity », Dioscures sort son projet « Ciela » en février 2021. Petit chef d’œuvre de composition, il s’accompagne d’artistes tels que Wit, Laylow, Madd ou encore le duo Dame Civile pour signer l’un des projets les plus marquants de l’année. Une fois cette page tournée, Dioscures s’associe à d’autres beatmakers et DJs pour créer le label Coast-Nation dont le premier single Block est sorti en novembre dernier.

Artiste à fleur de peau et magicien des 808, Dioscures a notamment eu l’occasion de collaborer cette année avec Squidji sur le très bon morceau Chanel Bag ou encore sur HELP !!! de Laylow. 2021 est pour Dioscures l’année de l’envol en solitaire, privilégiant désormais sa carrière solo aux collaborations en tant que beatmaker sur des albums ici et là. Sa singularité dans le paysage du beatmaking français et le succès de « Trinity » ont inscrit son nom au palmarès des beatmakers les plus talentueux du pays, lui offrant une voie royale vers un succès mérité.

– Cyprien Joly

Prinzly, toujours aux manettes

Toujours aussi engagé auprès de la scène belge, Prinzly continue de tracer sa route. Embarqué dans l’aventure « QALF » depuis plusieurs années, il lui fallait d’abord finir le travail auprès de Damso. Auteur sur la majorité des morceaux du double album, il signe neuf titres sur la partie « Infinity ». Des mois enfermés dans un studio avec le rappeur qui ne l’ont pas empêché de briller sur d’autres projets. Hamza ne pouvait se passer de lui pour développer de la drill sur les quatorze titres de « 140 BPM 2 ». Résultat, Prinzly place sur quatre sons, toujours en compagnie de son compère Ponko, et notamment sur la percutante introduction PTSD. Hamza que le compositeur accompagne souvent sur ses featurings, autant sur WINDOW SHOPPER PART. 1 avec Laylow, que sur Gossebumps avec Larry.

Pour lui, c’est aussi l’année des nouveaux défis. Avec Ponko (encore), Paco Del Rosso, Saint DX, Dioscures, Ikaz Boi, Sofiane Pamart et Benjay, il entoure le jeune Squidji sur la production de son premier album « Ocytocine ». Cet escadron de musiciens chevronnés tire sur l’artiste une couverture pop mélancolique, taillée sur-mesure pour sa proposition qu’il revendique comme du « RnB noir ». Au mois d’avril dernier, nous nous étions rendus à la première écoute du projet à Paris. L’interprète nous avait accordé une interview exclusive et confié quelques mots à propos de Prinzly : « Depuis qu’il(s) m’accompagne(nt), j’ai pris en maturité. Il(s) me donnent beaucoup de conseils. Prinzly, je le vois vraiment comme un grand reuf. » À la sortie, l’opus est remarqué et score 1.129 équivalent ventes dès la première semaine. De la réussite main dans la main, artiste et producteur sur un même pied d’égalité.

– Thibaud Hue

Mention spéciale : Loubensky

2020 avait été plus calme pour Loubensky, mais le multi-instrumentiste est de retour aux affaires. Et comment ne pas mieux démarrer l’année qu’avec un placement sur le banger Réel d’Hamza, en featuring avec Zed, hit de « 140 BPM 2 ». Puis, après un passage chez Eddy de Pretto et Gims, il s’immisce dans le projet de Vladimir Cauchemar « Brrr EP ». ll signe ainsi avec le producteur une instrumentale en duo signée Encore.

Mais la fête ne fait que commencer pour Clément Loubens. Il croise ensuite pour la première fois la route de Slimka et de Loveni. Il livre alors Intro TV et Cassim Sall pour le premier, MTV pour le deuxième. Et alors que l’été montre le bout de son nez, c’est avec Laylow qu’il croise le fer. Aligné sur cinq morceaux de « L’étrange Histoire de Mr. Anderson », dont SPÉCIAL et IVERSON, il participe au succès retentissant du deuxième album du rappeur toulousain. C’est aussi l’année des retrouvailles. S’il n’avait plus collaboré avec Ichon depuis 2018 et la Nova Grünt Tunes, les deux hommes collaborent sur deux tracks de la réédition de « Pour de vrai ». Enfin, à cette longue liste, s’ajoute aussi une participation à « OFFSHORE » de Edge. Loubensky co-produit le single porteur du projet, Schémas monotones, avec Johnny Ola. Haut en couleur.

– Thibaud Hue


Mosaïque

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La sélection Mosaïque 2021 : les révélations

En 2021, quelques noms, pour certains encore presque inconnus des auditeur.trice.s, se sont faits entendre. Certain.e.s ont affiché des statistiques remarquables sur les plateformes de streaming. D’autres ont rempli des salles de concert avec une rapidité fulgurante. Ces artistes sont des révélations. Ils.elles viennent de passer un premier cap sérieux dans leur carrière et doivent désormais répondre aux attentes ou confirmer. La rédaction de Mosaïque vous livre sa sélection des révélations de l’année.


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Benjamin Epps, uppercut de velours

Arrivé dans le paysage du rap français à la fin de l’année 2020 avec son EP « Le Futur », Benjamin Epps a profité de 2021 pour étoffer son répertoire et s’imposer comme l’un des rappeur.se.s à suivre de ces prochaines années. Avec son projet « Fantôme avec chauffeur », concocté avec l’aide du Chroniqueur Sale, le rappeur fait étalage de ses capacités. Flows kickés, punchlines percutantes et trashtalking sur des instrumentales boom-bap dépoussiérées, Epsito remet au goût du jour une certaine manière de rapper tout en s’inscrivant dans son époque. 

En plus de son dernier EP, l’auteur de Dieu Bénisse les Enfants s’est révélé à travers de nombreuses collaborations. Dinos, Vladimir Cauchemar, Selah Sue… Dans un featuring avec Zesau, il s’est essayé à la mélodie, rajoutant ainsi une nouvelle corde à son arc. Le MC originaire du Gabon ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. Il devrait dévoiler son premier album dans l’année. Dans un entretien accordé à Mosaïque, entre deux répétitions dans la salle du FGO-Barbara à Paris (18e arrondissement), il confiait : « J’enregistrerai l’album à New York. Une semaine pour écrire les titres qui me manque et une autre pour tout enregistrer. Je veux avoir le mood, le grain, New York quoi ! Il me faut un studio qui a déjà accueilli des légendes pour avoir cet esprit là. »

– David Geenen

Ziak, noir c’est noir

2021. Les portes de la drill francophone sont enfoncées à coup de bottes renforcées. Ziak, lui, choisit de faire sauter le verrou avec la puissance d’un bélier. « Akimbo » insuffle un vent de fraîcheur électrique sur la scène française. D’influence britannique, le rappeur d’Évry déploie ses flows sur des productions aux breaks compulsifs. Il plonge l’auditeur dans une ambiance sombre et saillante. L’atmosphère ténébreuse trouve un écho dans les messages véhiculés : construction personnelle dans des milieux difficiles, course au paraître, poids de la société sur les désillusions d’une jeunesse enragée.

Le talent de Ziak repose sur sa faculté à prendre du recul sur cette situation. À ce niveau, Prière sonne comme un véritable aveu de repentance où le jeune artiste confesse ses erreurs passées. Dans une scène drill en pleine expansion, Ziak apporte une proposition concrète, novatrice. Tant les variations de tempo au sein de ses morceaux paraissent maîtrisées.

C’est d’ailleurs ce que confirmait en exclusivité le compositeur Focus Beatz à Mosaïque, auteur de sept prods sur le disque : « Après avoir écouté le morceau Fixette, je me suis dis qu’il y avait moyen que ça pète pour lui. Le flow, l’attitude… Il était différent. Il s’est réapproprié les codes de la drill UK. Artistiquement, je savais que ça allait aboutir. » À l’instar du guérisseur russe Raspoutine auquel Ziak fait souvent référence, le nouveau poulain du label Millenium pourrait bientôt être convié à la table des rois.

– Maxime Guillaume

Joanna, l’amour à grandes doses

Elle avait déjà été remarquée grâce à ses morceaux Séduction (2018) et Pétasse (2019). En 2021, Joanna s’est présentée à un plus large public avec « Sérotonine ». Un premier album qui installe un univers à fleur de peau où les mélodies cotonneuses contrastent avec les mots incisifs. En amont de la sortie du disque, l’artiste rennaise avait rencontré Mosaïque. Elle expliquait vouloir écrire l’histoire de « beaucoup de personnes qui commencent à flipper, à se poser trop de questions et à ne plus se faire confiance au moment où ils commencent à avoir des sentiments ».

« Sérotonine » parcourt les étapes des grands récits d’amour, de la rencontre au Goût de fraise à la lassitude qui se présente telle une Nymphe solitaire, en passant par la peur d’une Maladie d’amour. La poésie de Joanna ne s’embarrasse pas de respecter les frontières entre les genres, et l’autrice-compositrice jongle avec la pop, le RnB et même la trap dans Démons, sa collaboration avec Laylow. Un lyrisme qui devrait charmer de plus en plus d’auditeur.trice.s dans les prochaines années.

– Hong-Kyung Kang

So La Lune, le marathon 2021

Après une première mixtape couronnée de succès critique, So La Lune s’envole et signe une série d’EP. Le rappeur lyonnais originaire des Comores affirme son style et démarre l’année avec quatre projets : « Théia », « Satellite naturel », « Orbite » et « Apollo 11 ». La lune est partout, aussi bien dans ses titres de projets que dans sa musique, où on entend constamment « tsuki », qui signifie « lune » en japonais.

Son attirance pour cet astre, le rappeur l’explique par son mode de vie nocturne qu’il tente de traduire dans sa musique. Signé chez le label indépendant Low Wood, So La Lune s’est entouré de professionnel.le.s, venant faire taire les critiques qui pesaient sur ses textes sombres et sa voix aiguë auto-tunée. L’artiste a affiné sa trajectoire en 2021. Interrogé par Mosaïque en mai dernier, le rappeur le reconnaît : « Mes morceaux sont plus lisibles aujourd’hui. » Il clôture ainsi l’année avec « Failles », une suite de trois courts EP dans lesquels il mêle mélancolie et résilience. Pas besoin de faire de l’astrologie pour deviner que le succès du jeune rookie ne fait que commencer.

– Théo Lilin

Khali, une entrée fracassante

Tout au long de l’année, Khali paraissait aussi intouchable qu’insaisissable. D’une part, ses collaborations avec Malo, Chanceko et 99 se sont fortement distinguées sur la scène du rap underground. De l’autre, il a fait de sa créativité son principal atout avec son premier album « LAÏLA ». Sur ce projet, son troisième en deux ans, le rappeur bordelais a mis en musique ses états d’âme et la justesse de sa voix nasillarde.

Sur ses 11 titres, le rappeur prouve avoir passé un cap et confirme les attentes qu’il avait suscité à la sortie de son EP « Le tournesol » en 2020. Dans une année où la « new wave » a été une révélation pour grand nombre d’auditeur.trice.s, Khali est peut-être celui qui l’incarne le plus, malgré lui.

– Lukas Taylor

La Fève, l’audacieux

Il y a quelques semaines encore, les attentes et la pression étaient lourdes sur les épaules du jeune rappeur de Fontenay-sous-Bois. La Fève a su rentrer dans une nouvelle dimension en cette fin d’année avec une mixtape savamment préparée et adulée par la critique. Entré directement dans le top 10 des projets les plus streamés au monde sur Spotify lors de son démarrage, « ERRR » conclut une année en crescendo. Après une belle prestation sur « KOLAF », en septembre 2020, lui ayant permis de toucher un large public, Louis a su faire monter l’engouement autour de lui. Une ascension marquée par des apparitions toujours soignées. En featuring, comme sur le très bon Tous mes états avec J9ueve, mais aussi sur des projets collaboratifs de beatmakers comme ceux d’Unfamouslouie, du Blaze ou encore 99 & Wolfkid.

« Le fougueux » est sur tous les bons coups de l’année. Une progression qui se matérialise lors de la sortie de Mauvais payeur le 21 octobre 2021. Le single, produit par Demna, marque le grand retour de La Fève en solo. Les compteurs s’emballent. Le personnage s’installe. La « ERRR » tape n’est pas encore annoncée que son succès est déjà quasi-assuré. Deux mois plus tard, c’est avec un généreux 18 titres que La Fève vient chérir son public. Un projet riche et cohérent qui réussit à ne pas tomber dans la redondance grâce à des morceaux courts et à une grande variété de productions. Une mixtape maîtrisée de bout en bout qui le fait définitivement sortir des buissons de l’underground. 

– Robin Spiquel

Mention spéciale : Zamdane, le déjà révélé

Zamdane est-il une révélation de l’année 2021 ? Cette question a animé un débat passionné au sein de la rédaction de Mosaïque. Si le succès à grande échelle du Marseillais ne date pas d’hier, il vient de monter encore le niveau d’un cran. Révélé depuis son titre Favaro sorti en 2017, il était peut-être de ceux.celles sur qui la lumière est apparue trop tôt. 2,4 millions de vues sur l’un de ses premiers morceaux et la machine pensait être lancée. Après avoir dévoilé cinq freestyles Affamé en 2018, le jeune artiste prend une pause pour revenir en 2020. Reprenant alors quasiment de zéro, le jeune rappeur marocain revient avec d’autres intentions, de nouveaux flows, une nouvelle image. Et la métamorphose se concrétise réellement en 2021.

Avec une nouvelle façon de chanter et une écriture plus ancrée dans son quotidien, Zamdane trouve la combinaison parfaite pour faire passer de la mélancolie et dégager une sincérité qui lui est propre. Hayati, le freestyle Skyrock Le monde par ma fenêtre, ou plus récemment ses featurings avec la Fève, Dinos et JMK$ sont sûrement les morceaux les plus mémorables de Zamdane cette année. Son premier album sortira en 2022 et la tournée médiatique pour l’annoncer a déjà commencé. Le Marseillais tentera donc d’achever sa mue cette année avec un projet très attendu. Si son statut ne permet pas de le classer dans les Rookies Of the Year après ce qu’on peut considérer comme un faux départ, il ne fait aucun doute que le trophée de Most Improved Player (ce titre récompense le joueur ayant le plus progressé par rapport à l’année précédente en NBA, NDLR) est pour lui.

– Max Thomas


Mosaïque

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Reportages

Dans les coulisses de la sixième édition du Hip Hop Symphonique

Pour cette sixième édition du Hip Hop Symphonique, ce sont sept nouveaux artistes qui foulent la scène de l’auditorium de Radio France pour interpréter leurs morceaux aux côtés d’un orchestre symphonique. Aux manettes, le musicien Issam Krimi et son groupe, The Ice Kream, réarrangent les titres des interprètes pour leur donner un second souffle. Cette année, Mosaïque s’est rendu dans les coulisses de l’événement. Reportage. 


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Dans la salle de l’auditorium de Radio France, quelques notes de piano résonnent. Une voix s’élève : « Les Champs-Elysées brillent avec la lumière de l’Afrique ». Puis, tout l’orchestre s’emballe. Sur scène, le rappeur Dinos, emmitouflé dans une doudoune orange vif, déclame son texte accompagné par les voix des choristes. Pour la première fois, le rappeur de La Courneuve interprète la version symphonique de son morceau XNXX devant une salle aux sièges pour l’instant vides.

En ce jour de répétition, les artistes de la sixième édition du Hip Hop symphonique sont venu.e.s répéter leurs prestations qui aura lieu le lendemain. L’occasion pour chacun.e d’entre eux.elles de faire les derniers ajustements comme pour Dinos qui demande à entendre sa voix plus fort dans son retour. À ses côtés, on retrouve Doria, Benjamin Epps, MC Solaar, Bisso Na Bisso, Selah Sue et Laeti. Comme pour chaque édition, Bruno Laforestrie, directeur de Mouv’, explique avoir pensé une programmation équilibrée : « Ce que nous voulons faire, c’est mélanger les générations avec de jeunes talents et des légendes du rap. Mais aussi mettre en avant la scène rap féminine. » 

Toutefois, le musicien Issam Krimi reste le chef d’orchestre de l’événement. Il choisit les participant.e.s et peut se permettre de refuser certaines propositions : « Tous les morceaux ne peuvent pas venir au Hip Hop Symphonique. Si aucun titre ne permet de faire des arrangements, je peux me permettre de dire non, ou tout simplement si esthétiquement je ne suis pas fan de l’univers de l’artiste. Et ceux qui pensent ne pas avoir de sons compatibles avec un orchestre sont souvent ceux qui s’adaptent le mieux. » 

Un événement unique pour les artistes

Avant la représentation, le choix des tracks fait d’ailleurs l’objet d’une longue concertation entre les artistes et la tête du groupe The Ice Kream : « Cette année, Dinos a été un cas intéressant parce qu’il a une culture du sample. C’était compliqué de réarranger le morceau El Pichichi en version symphonique parce qu’il y a une boucle de violon. Et avec l’orchestre, on ne peut pas la répéter tout le morceau sinon c’est ennuyant pour tout le monde. Mais on est parvenu à détourner ça. Chaque mélodie à sa réponse. »

Il y a aussi des répertoires plus faciles à réarranger comme celui de Doria. Quelques minutes avant, elle se trouvait à la place de Dinos sur scène pour répéter ses morceaux. Dans son ensemble jogging vert et noir, elle donne vie au morceaux Goodbye et Donne-moi la main, les deux morceaux « les plus touchants de son répertoire » selon la rappeuse. Après un premier essai, elle demande à ce que les voix des choristes soient moins fortes dans son oreillette. Pour Doria, le Hip Hop Symphonique est une expérience inédite : « Le fait d’être accompagnée par un orchestre symphonique rend le moment très particulier. Il y a des instruments, comme la contrebasse, que je n’ai jamais entendu. » Elle regarde chaque édition tous les ans et reste marquée par les prestations de SCH et Soolking. La jeune femme originaire de Nanterre (92) se dit fière de se retrouver aux côtés de MC Solaar, venu répéter son classique Caroline

Un autre ténor du rap français aurait dû être à l’affiche de cette édition en la personne de Rim’K. Avec le pianiste Issam Krimi, il devait créer ensemble un morceau inédit, conçu spécialement pour l’événement. Mais le rappeur a finalement manqué de temps et c’est le groupe Bisso Na Bisso qui a été appelé à la rescousse pour le remplacer. Déjà présents sur l’édition précédente, ils reviennent donc cette année pour interpréter une deuxième fois leur single Bisso Na Bisso. Une nouvelle qui a réjoui le groupe raconte Passi, l’un des membres : « C’est un single que l’on a chanté dix mille fois, on a l’habitude. Mais cette version symphonique nous fait du bien. C’est jouissif de pouvoir le refaire sur cette scène. » Se réunir leur donne même envie de se reformer : « Ça nous traverse l’esprit. On y pense souvent ! Il y a des inédits qui existent et il y en aura dans mon prochain album », indique Calbo.

Ouvrir l’événement à tous  

Particularité de cette édition : une ouverture internationale et à d’autres genres musicaux avec l’invitation de la chanteuse Selah Sue, qui sera accompagnée de Benjamin Epps, absent des répétitions, sur le morceau Hurray. Selon Bruno Boutleux, directeur général de l’Adami (Société civile pour l’administration des droits des artistes et musiciens interprètes), « le moins il y a de frontières entre les genres, le mieux on se porte ». Pour le directeur de Mouv’, l’événement est aussi l’occasion d’inciter les artistes à s’essayer à autre chose : « En 2017, après sa prestation, Ninho nous avait dit qu’il comprenait maintenant pourquoi les gens écoutent Mozart. Beaucoup d’artistes rap n’ont jamais eu d’expériences avec de vrais musiciens. » Une ambition partagée par Bruno Boutleux et qui concerne également le public : « Les personnes qui assistent à l’événement forment un public différent de celui qui a l’habitude d’être dans l’auditorium de Radio France. L’idée, c‘est aussi de décloisonner les genres et ouvrir le classique à un autre public. »

Ouvrir le classique à un autre public dont les sourd.e.s. Pour la quatrième fois, des chansigneur.se.s sont présent.e.s sur l’évènement. Sur scène, à droite des artistes, Erremsi, Élodia, Jennifer, Vinz et Slam traduisent les morceaux en langue des signes : « Ce n’est pas juste artistique et esthétique. Le plus important pour nous, ce n’est pas de faire du mot à mot mais de redonner le sens du morceau », explique Élodia. Pour traduire un texte, il est essentiel de comprendre ce que l’artiste a voulu dire selon son collègue Erremsi : « Par exemple, si on traduit Dinos, il faut être Dinos. On doit se fondre dans le personnage, il faut prendre ses codes, avoir vu des interviews et comprendre les références. »

Parfois, l’exercice se complique : « Lorsque SCH parle du « son des guitares », il est important qu’on traduise le fait qu’il parle de kalachnikovs. C’est pour ça que l’idéal pour nous c’est de pouvoir échanger avec les artistes pour respecter leur intention. Malheureusement, c’est encore rarement le cas. » Le Hip Hop Symphonique reste pour les chansigneur.se.s le plus grand événement de scène en France. Erremsi tient toutefois à nuancer : « Ça rend le concert bilingue mais pas accessible. Parce que tout le reste de l’événement est décidé par rapport aux gens normés. »

Pour clôturer la journée de répétitions, l’artiste Laeti, guest star de cette édition interprète Rider toute la night sur une scène qu’elle connaît bien pour l’avoir foulée lors de la scène finale de la série « Validé ». Mais cette fois, les sensations sont différentes : « Dans la série, c’est l’Alpha qui joue le morceau. Cette fois, c’est Laeti. » Nouveau visage de la sphère rap, Laeti semble stressée lors des répétitions et se fie souvent au regard d’Issam Krimi pour se rassurer : « Je suis très exigeante envers moi-même. Je pense que je me sentirai bien après ma prestation quand j’aurai tout donné. En tout cas, je suis super fière d’être ici, ça me donne l’impression d’être une vraie artiste. Je me retrouve à côté de gens qui pour moi sont des stars. » En décembre, son titre Rider toute la night sera disponible en version symphonique sur toutes les plateformes de streaming. Une première dans l’histoire de la cérémonie. Mais avant ça, c’est le lendemain, samedi 20 novembre, que Laeti a rejoué son morceau à l’occasion de la première représentation. Cette fois, le public enthousiaste était bel et bien présent pour assister aux performances des artistes et des 400 musicien.ne.s de Radio France.


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Face à face Rencontres

Benjamin Epps, uppercut de velours

Après la sortie de son deuxième EP « Fantôme Avec Chauffeur » vendredi 23 avril 2021, l’énergie Benjamin Epps a frappé le noyau créatif du rap français. Sur les productions new-yorkaises du Chroniqueur Sale, aligné sur chacune des pistes du projet, le rappeur secoue l’industrie. Trois mois après les faits, nous sommes allé.e.s à la rencontre de ce nouveau phénomène. 

Après l’entretien, Benjamin Epps s’est prêté à l’exercice du shooting photo. Dans la mythique salle où s’enregistrent régulièrement les Grünt d’Or, notre photographe Ulysse Carbajal a capturé la sérénité de l’artiste. Les clichés sont à découvrir tout au long de l’article.

« Dieu bénisse les enfants, dis à ceux qui pleurent qu’on les entend… », c’est sur ces quelques mots que nous ouvrons la porte du studio d’enregistrement numéro 6 du FGO Barbara, dans le 18e arrondissement de Paris. Assis sur un tabouret, tout près de son DJ, Benjamin Epps rappe et ponctue son morceau d’un atypique « Yeah ! ».  En nous apercevant, le rappeur éloigne son micro, visse sa casquette bleue brodée « NY » et suspend sa répétition. Depuis quelques heures, il interprète et crache ses textes dans une petite salle en imaginant le public qui se tiendra bientôt devant lui. « La toute première date de la tournée, ce sera à Fribourg ! Ils sont super chauds les Suisses », s’exclame-t-il, impatient.

Le 14 juillet 2021 prochain, à l’occasion du festival « Les Georges », il retrouvera enfin les sensations du show. Des sensations qu’il connaît bien et qu’il n’a pas oublié, il raconte : « La scène, j’en ai fait beaucoup au Gabon. J’avais fait la nuit de la musique avec 6 000 personnes. Jouer devant du monde, ça ne m’a jamais vraiment emmerdé. Ce qui m’emmerde par contre, c’est toute la préparation en amont : les balances, bien maîtriser ses textes, donner une performance de qualité. C’est là dessus que je me concentre. D’où cette journée de préparation que j’ai prévue aujourd’hui. Je pense que la scène est LE truc où l’on peut progresser de 0 à 100. Tout dépend de ton rythme de travail. »

Méticuleux, le jeune homme écoute ses propres morceaux dans le train et rappe régulièrement sur ses instrumentales pour dominer son répertoire. Pourtant, pas question d’offrir une prestation trop classique : « Je veux montrer de la prestance. Tu vois Method Man et Redman ? Sur scène, ce sont des bêtes pour de vrai. Tu as aussi des gars comme Nas, Jay-Z ou 50 Cent qui ont un charisme incroyable. C’est comme ça que je le ressens. » Il nous décrit : « Un concert de Benjamin Epps ça va être sombre, tout sera axé sur la performance. Pas de froufrou. Je veux faire une scénographie assez représentative de ma musique avec quelques images derrière moi et des noms de rues qui défilent… Un truc très hip-hop. »

« Quarante minutes d’interview ne sont pas suffisantes pour raconter les vingt-cinq dernières années de ma vie. Même une documentaire Netflix ne le pourrait pas ! »

Benjamin Epps

D’ailleurs, tout près du studio dans lequel nous échangeons, à l’endroit où nous nous rendrons avec lui quelques minutes plus tard pour prendre une série de photos, l’artiste performait pour la première fois son EP « Fantôme Avec Chauffeur » devant les caméras de Grünt. Un premier moment d’adrénaline formateur avant la tournée à venir : « Ce jour là, j’ai ressenti les émotions que j’avais eu la première fois où je montais sur scène avec un public. J’étais stressé alors que y avait personne. Quelques petits couacs sur la prestation, le texte, mais c’était incroyable. C’est pour ça que je veux continuer de travailler pour sentir l’erreur arriver, les petits aspects techniques qui font la différence pour faire une bonne scène. »

En retrouvant ses fans, Benjamin Epps souhaite continuer de livrer son récit en lui donnant encore plus de corps. S’il se raconte déjà beaucoup dans ses interviews, le MC exclut fermement avoir déjà tout confié : « En musique c’est toujours différent. Qu’est-ce qui fait la différence entre l’histoire d’un enfant soldat au Congo et 50 Cent ? C’est que l’histoire est dite différemment. 50 il va te dire : « Je rentre chez le négro, je prends un fusil, je tape le gars, je le mets dans la voiture. » L’enfant soldat, face caméra, il va te dire « C’était difficile, etc. » La beauté du rap c’est que ça te permet de prendre une situation dramatique, triste à première vue et d’en faire de la belle poésie. » Il ajoute, avec un brin d’egotrip : « Quarante minutes d’interview ne sont pas suffisantes pour raconter les vingt-cinq dernières années de ma vie. Même une documentaire Netflix ne le pourrait pas ! »

Pendant un entretien avec Mehdi Maizï dans l’émission « Le Code » d’Apple Music, le rappeur expliquait d’ailleurs vouloir réserver les « grands discours aux grandes occasions ». « Dans mon premier album, je donnerai plus de moi. C’est quelque chose de sacré pour moi. Je disais à un pote qu’Alpha Wann a fait « Alph Lauren » 1, 2, 3… Mais les gens ne parlent que de « UMLA » parce qu’il y a mis son cœur et ses tripes ! Une super cover, un super contenu. » Selon lui, ce format perd peu à peu de son sens premier, perdu dans la frénésie de l’industrie musicale. Il regrette : « Il y a un truc de « c’est facile à faire ». Alors que normalement on pense thèmes, concept… »

Sans s’attarder aux comparaisons, il enchaîne et glisse que son tour viendra bientôt : « Je vais sortir encore un EP cette année et je lâcherai l’album à l’automne 2020. » Un an et demi de travail sur un disque pour lequel Benjamin Epps réserve de grands projets. « J’enregistrerai l’album à New-York. Une semaine pour écrire les titres qui me manque et une autre pour tout enregistrer. Je veux avoir le mood, le grain, New-York quoi ! Il me faut un studio qui a déjà accueilli des légendes pour avoir cet esprit là. Je vais aller y chercher l’inspiration et mes idoles. Je ne suis encore jamais allé dans cette ville, mais je veux réserver le premier voyage pour l’album », dévoile-t-il avec quelques étoiles discrètes dans les yeux. Loin de la pression d’une telle entreprise, l’artiste veut revenir à la source de ses influences pour délivrer un opus qu’il souhaite « intemporel ».

« J’enregistrerai l’album à New-York.

Je vais aller y chercher

l’inspiration et mes idoles. »

Imprégné de hip-hop new-yorkais, il a rapidement été rapproché de rappeurs de la région par le public. Westside Gunn de Griselda Records, Conway the Machine… Les mêmes noms reviennent sans cesse. Loin d’être agacé, il explique vouloir déconstruire ce phénomène : « Les gens disent je rappe comme X, je rappe comme Y. La vérité c’est qu’on est tous influencés. Ce style que tu as là par exemple, de remonter ton pantalon et de faire des ourlets, il y a six ans, personne ne faisait ça. Un groupe de gars a commencé donc tout le monde le fait. C’est comme ça tout le temps et c’est cool. Ici, en France, on veut te mettre dans des cases. L’un de mes cousins m’a envoyé un screen Twitter hier où quelqu’un disait : « Ah c’est cool que Benjamin rappe de moins en moins sur les Griselda type beat. Moi je me disais : « Merde, ces gars-là n’ont pas inventé le rap ! »Tout au long de notre échange, Benjamin Epps se fend d’illustrations pour donner du poids à ses propos. Ce discours n’y échappe pas non plus : « Michael Jackson quand il commence à danser, c’était un élève de James Brown. Personne n’a jamais dit qu’il faisait comme James Brown ? »

Dans les sillons de ses maîtres, Benjamin Epps vibre à la mesure du boom-bap, tout en l’interprétant selon sa vision. « Est-ce que je fais du boom-bap pas chiant ? », s’interroge-t-il en reprenant un morceau de notre question. Il songe quelques secondes en se tenant le menton. « Oui… Je pense que c’est parce qu’il y a du package, de l’attitude, une élocution différente. Je ne dis pas wesh à toutes mes fins de phrases… Ça compte ça pour les gens. C’est pas intentionnel, c’est juste que je m’exprime comme ça. Je ne mets pas la casquette de racaille, c’est subtil. »

Souvent proche de la provocation ou du tacle bienveillant, le battle MC se nourrit de la concurrence. Le 2 juillet 2021 dernier, il s’est ainsi confronté à Dinos sur le morceau Walther PP, présent sur la réédition de « Stamina, Memento ». Avec le rappeur de La Courneuve (Seine-Saint-Denis), tout droit sorti de l’école des Rap Contenders, il a retrouvé l’énergie de la confrontation : « On ne s’était jamais croisés, c’était génial. le morceau a été plié en quatre heures et demi. On a entendu cette prod (réalisée par le producteur Twenty9, NDLR) et on a rappé. Il y avait ce désir de faire mieux que l’autre. C’est ce que je dégage, la compétition. On voit que j’ai les crocs et j’avais une pression particulière, je me suis dit : « Tu parles, il faut assumer maintenant ! ».

« J’ai plein de grands frères et sœurs et ça m’a rendu fort. Je suis persuadé de pouvoir faire mieux que les autres, je n’ai peur de personne. »

Benjamin Epps

Cette confiance, il la doit à ses proches et surtout à son entourage familial : « J’ai plein de grands frères et sœurs et ça m’a rendu fort. Je suis persuadé de pouvoir faire mieux que les autres, je n’ai peur de personne. Dans ma tête, je me dis que je suis intouchable. » Impossible d’évoquer les proches du rappeur sans évoquer ses parents. Présents depuis ses débuts, leur soutien s’est révélé une arme redoutable pour passer des paliers : « Ça me rend libre dans mon processus créatif. Que je dise cul, chien, bite, salope, mon père adore ça, ma mère adore ça. »

« Tu as des sœurs, des frères ? », nous questionne-t-il, curieux de notre réponse. « Comment tu te sens quand vous vous êtes chamaillés à un repas de famille un 25 décembre ? Le 26, au moment de rentrer, il y a une mauvaise vibe… Alors que quand tu as passé un bon moment, tu as juste envie de rentrer chez toi, de choper une meuf, tu es tranquille. C’est ma posture d’aujourd’hui. » 

En relevant sa casquette pour la première fois, il évoque sa mère, parfois tout aussi inspirée que lui par la culture qui le traverse. Il nous raconte : « Elle a toujours kiffé ce game. C’est une grande fan de Snoop Dogg, c’est le seul rappeur qu’elle connaît bien ! Elle trouve le rappeur atypique, ce sont les nouveaux rockers des années 2000 pour elle. » Partager l’amour du hip-hop en famille, une donnée indispensable pour cet inconditionnel amoureux de la musique qui tient à rester authentique : « Je suis bien avec moi-même parce qu’ils sont bien avec ce que je fais. » Dieu bénisse les parents.

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