Catégories
Chroniques

Jäde : « Météo » – L’avis de la rédaction

Après plus d’un an d’absence, Jäde est de retour avec une nouvelle mixtape. Dans « Météo », l’artiste chante ses humeurs et ses états d’âme sur des refrains définitivement RnB, mais toujours très proches de la mouvance hip-hop. En témoigne la présence en featuring des rappeurs Oxmo Puccino, J9euve, Enfantdepauvres et la rappeuse DonMonique. La rédaction de Mosaïque a planché sur son projet et donne son avis.


Avant de vous plonger dans l’avis de la rédaction sur « Météo » de Jäde, merci de soutenir Mosaïque ! En nous lisant, vous soutenez un journalisme rap indépendant. Vos lectures et vos partages sont notre soutien le plus essentiel. N’hésitez pas à nous suivre sur les réseaux sociaux, et à recommander Mosaïque autour de vous !


« Cette nouvelle mixtape de Jäde nous emmène bien plus loin qu’attendu »

« Météo » confirme et surprend. Cette nouvelle mixtape nous emmène bien plus loin qu’attendu. Là où le sens de la mélodie de Jäde semblait déjà abouti, la chanteuse se risque à des toplines neuves parfois plus sobres, mais pas moins complexes. Sur Slowdown ou sur la prod évolutive de Reflets rouges. Si elle avait confié à Mosaïque lors de la sortie de « Romance » (février 2021) sentir sa voix progresser, elle n’avait pas menti.

La preuve : sa performance sur Lipstick. Tonique, assurée, flirtant toujours un peu avec des phrasés hip-hop. Tout comme le dernier track sur lequel Jäde se montre sereine aux côtés du tranquille Oxmo. Le rappeur ajoutera même à la sortie du morceau sur Twitter : « Un honneur pour moi, comme pour tout mes complices ». Jäde n’a désormais plus besoin de se présenter.

– Thibaud Hue

« Un troisième projet osé et moins répétitif que les précédents »

Jäde mérite son trône, et ce depuis « Docteur », son premier projet sorti en 2019. Avec « Météo », la Lyonnaise prend des risques et montre sa capacité à se renouveler. Ce troisième projet est en effet plus osé et moins répétitif que les précédents. L’artiste fait grandir sa palette avec des flows inattendus sur Tais-toi et J’boss. Elle s’ouvre aussi à un style plus acoustique comme dans Balançoire et à du rap sur Parfaite.

Avec cette mixtape, elle ne cache pas non plus sa volonté d’élargir son public avec des feats venus d’horizons différents. Tête d’affiche de la nouvelle génération, J9ueve signe le single du projet avec Bon acteur. La chanteuse surprend surtout en collaborant avec DonMonique, une rappeuse américaine, et en s’offrant les sages paroles d’Oxmo Puccino sur Prévisions. Il ne manque finalement plus que le succès pour mettre Jäde à la table des grand.e.s. Un sans faute qui confirme tout son potentiel.

– Malo Herve

Présent sur la majeure partie des productions, le compositeur Guapo du Soleil réussit à garder les aventures musicales de l’ensorcelante chanteuse dans une atmosphère homogène.

Arthur Deux sur « Météo » de Jäde

« Jäde s’affirme comme une figure de la nouvelle scène RnB française »

Jäde s’affirme comme une figure de la nouvelle scène RnB française. « Météo » repousse les barrières du genre en proposant une musique éclectique, aux sonorités qui varient au même rythme que la température. Empreinte d’accents parfois trap ou pop, la mixtape de la Lyonnaise suit un fil rouge qu’elle a déjà bien exploré : l’amour. À l’image de ses sentiments, les ambiances des différents morceaux évoluent. Jäde y raconte ses histoires de cœur qui, comme la météo, passent de la pluie au beau temps.

Les featurings, plus incisifs, viennent eux aussi apporter une nuance en rompant avec le style doux et envoûtant de Jäde. Malgré cette richesse musicale, le projet parvient tout de même à se forger une identité. Présent sur la majeure partie des productions, le compositeur Guapo du Soleil réussit à garder les aventures musicales de l’ensorcelante chanteuse dans une atmosphère homogène. Jäde propose donc avec « Météo » un curieux cocktail, unique coloré, entre assurance et fragilité, dont elle maîtrise la recette.

– Arthur Deux


Si l’avis de la rédaction sur « Météo » de Jäde vous a plu, n’hésitez pas à le partager ! Pour savoir les prochains articles à venir, les exclus de la rédaction et les coulisses, abonnez-vous à notre newsletter :

Subscribe

* indicates required

Retrouvez « Météo » de Jäde dans la MOSA’Queen : les voix de demain playlistés par Mosaïque et D.I.V.A. Disponible sur Spotify, Deezer et YouTube et Tidal en cliquant ICI.

Catégories
Chroniques

Josman : « M.A.N » – L’avis de la rédaction

Josman dévoile son troisième album « M.A.N (Black Roses & Lost Feelings) », sorti le 18 mars dernier. Un opus attendu après « SPLIT », sorti il y a deux ans, qui avait divisé la critique. Le rappeur a-t-il réussi à reconquérir plus largement avec ces nouveaux titres ? La rédaction de Mosaïque a planché sur son album et donne son avis.


Avant de vous plonger dans l’avis de la rédaction sur « M.A.N (Black Roses & Lost Feelings) » de Josman, merci de soutenir Mosaïque ! En nous lisant, vous soutenez un journalisme rap indépendant. Vos lectures et vos partages sont notre soutien le plus essentiel. N’hésitez pas à nous suivre sur les réseaux sociaux, et à recommander Mosaïque autour de vous !


« Un album sincère et mature dans lequel Josman se retrouve avec lui-même »

Aucun single promo, un album de 17 titres et des featurings cohérents. Avec « M.A.N » Josman semblerait presque avoir tenu compte des critiques faites à la sortie de son opus précédent : « SPLIT ». Depuis, il a pris de la bouteille. Et ça s’entend. Bien que les thèmes abordés ne surprennent pas par leur originalité, sa plume est plus précise. Le rappeur de Vierzon continue de raconter son quotidien, rythmé de profondes remises en question. Un univers triste, sombre et mélancolique qui prend forme dès le titre du projet complété par des parenthèses : « M.A.N (Black Roses & Lost Feelings) ».

Finalement, on distingue un album sincère et mature dans lequel Josman se retrouve avec lui-même. Musicalement, il se révèle être très complet. Après quelques écoutes, les potentiels hits comme Vaccin, POP et My Lady sortent du lot. Sans pour autant enlever à la tracklist son caractère homogène. Cette fois accompagné d’autres producteurs qu’Eazy Dew et MYSTR, Josman semble avoir soigné son approche. Avec ce troisième album studio, il offre à tous les fans de rap une poignée de bons morceaux au gros potentiel. Mais sa fanbase y trouvera sûrement mieux, dans un projet qui, pour elle, a tout l’air d’un no skip.

– Arthur Deux

« On se perd facilement dans les textes de « « M.A.N«  »

Les collaborations du projet sont comme pour sur « SPLIT » une réussite. Brûle avec Laylow sent bon le single d’or et POP avec Guy2Bezbar est d’une efficacité remarquable. La surprise de l’album vient même de Ma Lady avec Naza. Josman sort de sa zone de confort sur ce titre en évoluant dans un registre afro inhabituel. Côté solo, le rappeur n’a jamais été si sombre dans ses textes. Le côté romantique de l’artiste s’efface pour un pessimisme oppressant. Un changement d’état d’esprit qui manque néanmoins de fond. On se perd facilement dans les textes de « M.A.N (Black Roses & Lost Feelings) » car le rappeur n’apporte pas d’explication à son mal-être et sa mélancolie paraît presque artificielle. Tel un adolescent qui en veut au monde sans aucune raison. La formule d’album conceptuel ne convient décidément pas à Josman qui reste bien plus efficace lorsqu’il ne suit que son instinct.

– Malo Herve

« Josman délaisse la casquette du lover boy ardent pour son personnage de hood boy glacial »

« M.A.N (Black Roses & Lost Feelings) » est la lune qui occulte les sonorités ensoleillées du précédent EP de Josman : « HHHH ». Cultivant la constante dualité d’un Drake, il délaisse ici la casquette du lover boy ardent pour son personnage de hood boy glacial dans un projet qui rappelle davantage « What A Time to Be Alive » que « Take Care ». Alors, lorsque Josman explore les tréfonds de son intériorité sur fond de rythmiques trap, il y puise remords et influences, douleurs et inspirations.

Là où domine les tonalités sombres, les fantômes de Despo Rutti, Booba ou Salif renaissent sur des morceaux comme « 3ein / Risotto Gambas » ou « Fiesta. », remis au goût du jour par une toile de fond instrumentale esquissée par Eazy Dew. Dans le sillon de ceux.celles qui l’inspirent, certaines phases sont alors éprises d’une amertume viscérale, d’une effluve de douleur. Mais si Josman perd peu à peu ses sentiments, il renoue avec le dolorisme touchant d’un artiste torturé. Ponctuée de percussions compressées, d’instruments synthétiques sournois et de thèmes parfois pesants, l’atmosphère froide se fond dans la direction artistique du projet.

– Cédric Rossi

J.O.S connaît son public et sait pertinemment qu’il est loin d’être homogène. Avec « M.A.N », il a décidé de faire plaisir au plus grand nombre.

David Geenen sur l’album « M.A.N (Black Roses & Lost Feelings) » de Josman.

« Josman a décidé de faire plaisir au plus grand nombre »

Trop long, trop disparate, pas assez cohérent, voici les critiques qu’avait subi le dernier album de Josman, « SPLIT ». Des remarques entendues par le rappeur mais qui ne semblent pas, pour autant, avoir changé son mode opératoire. J.O.S connaît son public et sait pertinemment qu’il est loin d’être homogène. Josman a décidé de faire plaisir au plus grand nombre. En témoignent la fougue de POP, la vibe de Peace, Haine, Love et les influences afro du titre Ma Lady avec Naza.

Si le projet se démarque par son côté éclectique, il n’en reste pas moins certaines dominantes. La première : la qualité lyricale de Josman. Il réaffirme sa place aux côtés des rappeur.se.s les plus habiles lorsqu’il s’agit d’associer les phases entre elles et ainsi rendre les punchlines d’autant plus cohérentes. La deuxième : la névrose que semble vivre actuellement l’artiste, à l’image de ses multiples références au froid, à l’agonie, aux cauchemars ou encore à sa solitude. Avec « M.A.N », Josman continue de montrer du talent et offre de la musique à tous.toutes, quitte à petit à petit tourner le dos aux envies de sa fan base des débuts.

– David Geenen


Si l’avis de la rédaction sur « M.A.N (Black Roses & Lost Feelings) » de Josman vous a plu, n’hésitez pas à le partager ! Pour savoir les prochains articles à venir, les exclus de la rédaction et les coulisses, abonnez-vous à notre newsletter :

Subscribe

* indicates required

Retrouvez « M.A.N (Black Roses & Lost Feelings) » dans la MOSA’Hit : le meilleur du rap francophone playlisté par la rédaction de Mosaïque. Abonnez-vous pour ne rien rater des nouvelles sorties. Disponible sur Spotify, Deezer et YouTube et Tidal en cliquant ICI.

Catégories
Chroniques

Vald : l’avis de la rédaction sur « V »

Certifié disque d’or une semaine après sa sortie, Vald réalise le meilleur démarrage mondial sur la plateforme Spotify cette semaine. Depuis la sortie de « Ce monde est cruel » en 2019, le rappeur s’est fait discret et a laissé grimper les attentes concernant son retour. Épaulé par une armée de producteurs en présence de son compagnon de route Seezy, mais aussi de Hellboy, Zeg P ou Dany Synthé, a-t-il été à la hauteur du rendez-vous ? La rédaction de Mosaïque a planché sur ce nouveau projet et donne son avis.


Avant de vous plonger dans l’avis de la rédaction sur « V », merci de soutenir Mosaïque ! En nous lisant, vous soutenez un journalisme rap indépendant. Vos lectures et vos partages sont notre soutien le plus essentiel. N’hésitez pas à nous suivre sur les réseaux sociaux, et à recommander Mosaïque autour de vous !


« Vald est devenu le présentateur abrutissant d’une émission musicale sans relief »

« V ». Un projet porté par sa promo et son attente plutôt que par ses qualités intrinsèques. Vald apparaît désormais comme l’aboutissement du personnage qu’il exécrait à ses débuts. Il est devenu le présentateur abrutissant d’une émission musicale sans relief face à un public ensommeillé. Comme l’intervenant d’un festival de banalités aux allures d’un « Vendredi tout est permis ». Le morceau Péon avec Orelsan donne l’impression qu’Hanouna et Arthur se serrent la main. Sur le featuring, ils sont les porte-étendards d’un style caricatural qui plaît par sa banalité, des multi-syllabiques enfouies dans les tréfonds de l’année 2016, un refrain simple sans être entraînant. En bref, le style de deux majors poussé au paroxysme qui n’attend même plus d’être remis en question. 

En dépit d’un manque de textures criant, de structures archaïques, mais surtout de prods et de sonorités datées, les chiffres sont au plus haut. Ainsi, malgré quelques fulgurances, un questionnement se lève : s’étouffer dans la fadeur de ses propres codes suffit-il à faire un album satisfaisant ? Vald a même réussi à endiguer Hamza dans l’édulcoration totale de son style en l’invitant dans le seul but de produire un refrain académique, placé à des endroits stratégiques, comme on inviterait un chanteur de RnB en 2014 pour faire gonfler ses ventes. Le renouvellement ne réside alors pas dans un nombre de flows prétendument innombrable. Mais dans la maîtrise stylistique et symbolique d’une proposition artistique reconnaissable. Mais ici, l’originalité s’arrête là où le conformisme trouve ses marques.

– Cédric Rossi

« Un projet qui mêle authenticité et cohérence dans le propos comme dans le style »

Pour son retour en solo, Vald frappe fort avec « V ». Un album de 15 titres offrant son lot de rimes inattendues, parfois en pur egotrip. Une recette propre au rappeur qui ne cesse de s’affiner de projet en projet depuis son éclosion. Cette démonstration de force vient parfois se mélanger à des morceaux thématiques comme Pandémie qui introduit l’album. Dans ce dernier, Vald multiplie les références au Covid-19 de façon déjantée, tout en conservant une écriture presque irréprochable.

On retrouve ces qualités dans la quasi-totalité des couplets de « V ». En revanche, certains refrains peuvent entacher des titres intéressants. Papoose en est le parfait exemple. Un titre atypique, dans un style et une ambiance qui lui est propre et qui aurait pu sortir du lot si son refrain avait été plus simple et plus entraînant. Autre légère déception, le titre Maudit avec Hamza. Une frustration plutôt car si le titre est efficace avec cette fois-ci un très bon refrain, on aurait aussi aimé entendre un couplet du Belge. Malgré ces remarques, « V » est un album dans la continuité de ceux de Vald. Le rappeur sert encore une fois un projet qui mêle authenticité et cohérence dans le propos comme dans le style.

– Yassine Ben Amor

« L’album apparaît comme un fourre-tout d’idées peu originales »

Qu’il est loin le temps où Vald nous surprenait. Désormais installé comme l’un des piliers du rap français, l’artiste semble se limiter dans ses propositions artistiques. Contrairement à « Ce monde est cruel » qui dans la forme était beaucoup plus consistant, « V » apparaît comme un fourre-tout d’idées peu originales. Il y a tout de même des passages intéressants comme le titre Sur un nouvel album. Mais l’approche critique que Vald a toujours eu sur son environnement depuis « NQNT » s’estompe avec des textes moins incisifs qu’auparavant.

Certains morceaux plus sombres comme Annunaki ou Rappeur conscient auraient pu être plus développés par exemple. Le côté « hardcore » de Vald se dissipe progressivement au profit d’une musique plus conforme et adaptée au grand public. On regrettera par exemple la drill attendue du morceau Bien sûr et un arrière-goût de déjà-vu avec la guitare de Un mot et la flûte de Papoose. Les morceaux Peon et La faux le fer sont néanmoins les points positifs de l’album avec des flows qui rappellent le temps où V expérimentait encore sa musique. Vald fait finalement dans la simplicité avec ce nouvel opus. Il s’éloigne peu à peu du personnage qui vivait au sein d’« Agartha » et « Xeu ».

– Malo Herve

S’il ne se distingue pas comme le projet de Vald le plus cohérent musicalement, ni le plus ambitieux en termes d’esthétique, il n’en reste pas moins très éclectique et réserve quelques surprises.

Jules Careau sur « V »

« Un album authentique où Vald assume pleinement ses doutes face au succès »

Dixième sortie, encore surpris. « Je vieillis, j’accepte tout doucement d’être sincère », confiait-il sur France Inter le jour de la sortie de l’album. Fuir le succès pour revenir à la sincérité de son art, tel serait le crédo de « V ». Un album authentique où Vald assume pleinement ses doutes face au succès. S’il ne se distingue pas comme son projet le plus cohérent musicalement, ni le plus ambitieux en termes d’esthétique, il n’en reste pas moins très éclectique et réserve quelques surprises. En témoigne sa prestation sur le morceau bonus Bien sûr où l’artiste se saisit avec brio d’une instru drill.

Même impression sur le traditionnel featuring avec Suikon Blaz AD où l’on redécouvre le duo sur une production solaire. Ce magnifique Happy End conclut un album aussi sincère que créatif. Top de l’album : Maudit pour la connexion mélancolique avec Hamza, Le faux le fer pour l’ambiance oppressante chère au style de Vald et Sur un nouvel album, un couplet unique et une immersion dans son expérience de l’industrie musicale.

– Jules Careau


Si l’article vous a plu, n’hésitez pas à le partager ! Pour savoir les prochains articles à venir, les exclus de la rédaction et les coulisses, abonnez-vous à notre newsletter :

Subscribe

* indicates required

Retrouvez « V » de Vald dans la MOSA’Hit : le meilleur du rap francophone playlisté par la rédaction de Mosaïque. Abonnez-vous pour ne rien rater des nouvelles sorties. Disponible sur Spotify, Deezer et YouTube.

Catégories
Chroniques

2022 : les 11 rappeuses à suivre de Mosaïque

Ce mardi 11 janvier 2022, le média Booska-P a publié sa liste des onze rappeurs à suivre en 2022. Fait notable : aucune femme ne figure dans cette sélection. Mosaïque a donc choisi pour vous onze rappeuses à suivre cette année. Nota bene : ceci n’est pas un classement.


Avant de vous plonger dans la sélection de nos onze rappeuses pour l’année 2022, merci de soutenir Mosaïque ! En nous lisant, vous soutenez un journalisme rap indépendant. Vos lectures et vos partages sont notre soutien le plus essentiel. N’hésitez pas à nous suivre sur les réseaux sociaux, et à recommander Mosaïque autour de vous !


1 – Zinée

Une voix froide et métallique doublée d’un sens aiguisé du kickage. Zinée s’est affirmée en 2021 en délivrant sa première mixtape « Cobalt ». Avec des punchlines sans filtre, la MC de la 75e Session dresse un univers mélancolique où la technique à toute sa place. En témoignent les morceaux Zinée Club, Agrafe ou Matière grise. La rappeuse profite aussi de ce deuxième projet pour s’ouvrir à de premières collaborations et ainsi à d’autres styles. Le featuring avec sean WGA la montre tout en maîtrise sur un titre plus dansant. Une chose est sûre, 2022 sera mouvementé pour l’interprète qui va continuer de perfectionner sa musique.

2 – Vicky R

Affamée. Il s’agit sûrement du qualificatif le plus adapté pour décrire le run de Vicky R en cette fin d’année 2021. En l’espace de six mois, la rappeuse originaire du Gabon est sortie de l’ombre. Si elle avait déjà fait une apparition dans « La Relève » de Deezer en 2019, la jeune femme ne s’est pas arrêtée en chemin. En juin dernier, celle qui est aussi connue comme beatmakeuse libère un premier EP solo : « RHC ». Une carte de visite de trois titres qui montre une artiste pleine d’énergie qui ne tremble pas lorsqu’il faut manier l’egotrip. Elle signe aussi une fin d’année en fanfare avec la sortie du titre AHOO, en featuring avec les rappeuses DAVINHOR, Le Juiice, Chilla et Bianca Costa. Single à succès auréolé de plus de trois millions de vues sur YouTube. Son second projet est d’ores et déjà en route.

3 – Le Juiice

Après avoir sorti deux projets en 2020, Le Juiice s’est montrée plus discrète mais ne ralentit pas. La rappeuse a alterné entre des featurings avec Nofoutaise ou 26keuss, et des titres solo avec Dieu soit loué et Jusqu’à la mort. Celle qui se fait surnommer la « Trap mama » s’est aussi distinguée sur le single AHOO avec un couplet cinglant. Il rappelle sa maîtrise des flows rapides et saccadés. Symptomatique de la confiance qu’elle dégage, l’artiste a déjà livré un nouveau titre en ce début d’année intitulé Iconique. À peine arrivée en 2022, elle clame : « Le Juiice c’est la best, ouais Le Juiice est iconique ». Alors place à la suite. 

4 – Babysolo33

Babysolo33 se considère avant tout comme « une artiste qui écrit des histoires et des ambiances ». En 2021, elle a continué de peindre un décor original et intimiste, aux allures de teen movie des années 2000. Inspirée par l’esthétique vocale de Hamza et PNL, cette jeune bordelaise de 25 ans utilise sans modération l’auto-tune. Dans ses morceaux, Giula de son vrai nom, chante ses peines de cœur et ses états d’âmes. Sans trop de pudeur, elle n’hésite pas à fredonner : « J’ai des traumatismes » et se montre telle qu’elle est dans son dernier single Balayette. L’artiste signée sur le label de Jeune à Jamais prépare un second projet, prévu pour 2022. Il fera suite à « Solo2019 », un EP de six titres sorti en 2019. 

5 – Meryl

Après le très bon accueil réservé à sa première mixtape « Jour avant caviar », Meryl se fait attendre depuis deux ans. Si l’artiste ne s’est pas beaucoup fait entendre cette année, elle s’est montrée très productive sous sa casquette de toplineuse. Elle a d’ailleurs offert des mélodies efficaces à SCH (Euro, Grand bain), Eddy de Pretto (nu), Soso Maness (Madame Maness) ou encore à KANIS (Fallait). Mais c’est bien sous le costume d’interprète que le public souhaite maintenant la retrouver. Et pour cause, elle avait déjà prouvé sa polyvalence, capable de rapper sur tout type de prod, quoique particulièrement brillante sur des ambiances club aux sonorités antillaises (Désolé, Billets). Retrouvera-t-on Meryl en 2022 ? Tout porte à penser que oui. Si elle avait déjà convaincu, la jeune rappeuse doit désormais passer un cap et continuer d’asseoir son assurance à la grande table des rappeuses françaises. 

6 – KANIS

Après s’être installée dans le paysage en mars 2021 en participant au morceau Shoot qui réunit plusieurs artistes féminines de la scène rap française, KANIS sort le projet « Réflexion » quelques mois plus tard, le 27 août 2021. Un sept titres qui s’écoute sans difficulté. La musique joviale de l’Haïtienne a l’avantage de nous attraper rapidement dans ses filets dansants. Celle qui a retourné son prénom, pour ne pas être confondue avec son homologue masculin Niska, délivre son énergie caribéenne dans un projet aux couleurs vives. La rappeuse rejoint la ligne de Shay en s’affirmant farouchement indépendante des hommes sur Bye Bye et se démarque par des phases kickées comme sur le morceau Tic Toc. La chanteuse s’impose comme une artiste polyvalente de la scène des rappeuses émergentes qu’il faudra suivre en 2022.

7 – Moona

La rappeuse Moona, originaire d’Athis-Mons dans le 91, est en pleine ascension depuis quelques mois. Après avoir envoyé un banger avec le titre Ryuk début 2021, Moona n’a pas faibli en sortant les titres Validé, GT et People. L’artiste a déjà un album à son actif, « Hasta la vie », sorti en 2019, sur lequel figure deux featurings avec Bolemvn et Kpoint. Elle clôture une belle année 2021 en tant que personnage principal de la série France TV Slah « Diana Boss ». Elle incarne dans ce programme de cinq épisodes Malika, une jeune femme de 22 ans. Avocate le jour et rappeuse la nuit, elle affronte le jugement des hommes.

Début décembre, la rappeuse confiait au magazine Télérama : « C’est toujours la parole des hommes, la politique des hommes. On ne nous tolère que si on fait des chansons d’amour ! On ne veut pas nous faire de place, alors on monte les rappeuses les unes contre les autres. Il faut être Diam’s ou rien. J’ai commencé par croire que je devais me battre pour le trône. Mais c’est faux. On peut toutes prendre une chaise ! De toute façon, je ne suis pas en concurrence avec les femmes, mais avec les hommes : c’est eux que je vais plier. » Celle qui a refusé le rôle principal du film « Divines » est prête pour briller en 2022 et prépare actuellement son prochain album. 

8 – Davinhor

« Quoi ? (Quoi ?) Ils veulent me donner de la force, ils sont impuissants (viagra) », kicke Davinhor sur le morceau AHOO en featuring avec les rappeuses Chilla, Vicky R, Bianca Costa et Le Juiice. Mise en lumière par son morceau J’suis quelqu’un en 2019, elle se distingue par son franc-parler, affiché notamment dans le documentaire « Reines » de Canal+. En 2021, elle a participé à la BO de la deuxième saison de la série « Validé » sur le titre Façonne en featuring avec KeBlack. Elle s’est également montrée plus mélodieuse aux côtés de Naza sur J’suis piqué après avoir sorti deux bangers : Pas de sentiments et Sugar Daddy. 2022 sera peut-être l’heure du premier projet pour l’artiste originaire du 93.

9 – Nayra

« 2022, début des hostilités », c’est ainsi que Nayra annonce en ce début d’année qu’il faudra compter sur elle dans les mois à venir. Repérée dès 2015 avec un remix de Lacrim J’suis qu’une thug et plusieurs freestyles publiés sur sa chaîne YouTube, l’artiste originaire de Saint-Denis (93) fait son retour. Celle qui se définit comme une « chanteuse de rap » a dévoilé dès le 7 janvier dernier un titre qui marque le premier chapitre du début de sa Saga. Avec un flow kické, une assurance sans faille et quelques bribes de langue arabe, le morceau laisse entendre tout le potentiel de la jeune femme. Un clip accompagne la sortie du titre dans lequel Ayat, de son vrai prénom, brandit un drapeau à son nom, prête à prendre l’assaut du rap en 2022. 

10 – Sally

C’est à sa voix si particulière que l’on reconnaît Sally. Une voix joliment cassée et lancinante que repère le rappeur Lord Esperanza. En 2019, il invite la rappeuse à son « Planète Rap ». C’est là qu’elle se fait remarquer. Quelques mois plus tard, elle sort son premier EP nommé « Pyaar » qui signifie « amour » en langue hindi. Et alors qu’elle assure les premières parties de la tournée d’Angèle lors de son Brol Tour, elle révèle en 2020 être atteinte de bipolarité. Elle le raconte dans un morceau intitulé Tout roule, sorti en septembre de la même année. Le titre est accompagné d’un clip à l’esthétique remarquable. En 2021, l’artiste a affiché sa volonté de réunir des artistes féminines en invitant Joanna, KANIS, Alicia., Chilla et Vicky R sur le morceau SHOOT. Le premier titre d’un projet toujours en préparation et qui pourrait voir le jour en 2022.

11 – Andy S

Figure émergente du rap ivoirien, Andy S a grandi à Abidjan et a sorti sa première mixtape à 24 ans en 2021. Son dernier projet est intitulé « Exousia », un mot grec ancien utilisé dans la bible et qui signifie : « Le pouvoir de choisir, liberté de faire ce qui plaît. » Une définition qui colle à la peau de son rap libre et insolent. Dans ses textes comme dans la vie, elle milite pour donner plus de place aux rappeuses. Elle se présente d’ailleurs avec une touche d’egotrip dès l’intro de son projet comme « l’avenir de la Côte d’Ivoire, mais le public est en retard ».

Sur sa première mixtape, elle invite plusieurs artistes dont la rappeuse française Vicky R sur le morceau Rap décalé. Tout au long des neuf titres, l’artiste dévoile toutes ses qualités de kickeuse sur des instrus trap. Mais aussi sur des rythmes drill à l’image du titre éponyme Exousia en featuring avec l’artiste ghanéen Reggie. Ambitieuse et déterminée, Andy S n’hésite pas à le clamer haut et fort : « Le meilleur rappeur de Côte d’Ivoire est une rappeuse »


clips

Si cet article sur les 11 rappeuses à suivre pour 2022 vous a plu, n’hésitez pas à le partager ! Pour savoir les prochains articles à venir, abonnez-vous à notre newsletter :

Subscribe

* indicates required
Catégories
Chroniques

La sélection Mosaïque 2021 : les contenus rap

Alors que le rap ne cesse de raconter des histoires, journalistes, passionné.e.s, vidéastes, écrivain.e.s, leur donnent une seconde vie à travers d’autres formats. Ces articles, documentaires et podcasts permettent de donner de nouvelles perspectives à cette culture. Mosaïque livre sa sélection des contenus rap de l’année.


Avant de vous plonger dans la sélection de la rédaction des contenus rap de l’année 2021, merci de soutenir Mosaïque ! En nous lisant, vous soutenez un journalisme rap indépendant. Vos lectures et vos partages sont notre soutien le plus essentiel. N’hésitez pas à nous suivre sur les réseaux sociaux, et à recommander Mosaïque autour de vous !

Pour redécouvrir la sélection de la rédaction des contenus rap de l’année dernière, cliquez ici.


L’histoire tragique de Nathalie Sorlin, l’enquête de l’Abcdr du Son

En 2010, la journaliste Nathalie Sorlin s’entretient avec le groupe de la Sexion d’Assaut pour le magazine International Hip-Hop. S’ensuit l’une des plus grandes polémiques de l’histoire du rap français, en raison des propos homophobes tenus par Lefa et retranscrits par la journaliste. Plus de dix ans après, Manue et zo., journaliste pour l’Abcdr du Son, ont mené l’enquête sur cette affaire. Ils mettent en lumière l’impact relativement méconnu et tragique de cette controverse sur la carrière de Nathalie Sorlin. Dix-huit mois de recherches ont abouti à ce dossier intitulé « Page 26 : tournant de carrières ». L’enquête a été publiée en sept chapitres, répartis en trois dossiers.

L’article croise des archives et divers témoignages de journalistes ainsi que d’acteur.rice.s de l’industrie musicale de l’époque. Le plus notable de tous étant celui de Barack Adama, membre de la Sexion d’Assaut, que Nathalie Sorlin avait poursuivi en justice. Ce travail exhaustif offre également une idée des rouages et des travers de l’industrie musicale. Elle dévoile une relation ambiguë avec la presse spécialisée et des pressions qui menacent la liberté de la presse. À l’ère des médias rap Twitter qui ont remplacé les magazines hip-hop des années 2000, cette minutieuse enquête rappelle la nécessité de défendre et maintenir la déontologie journalistique.

– Lukas Taylor

« Ne montre jamais ça à personne », le documentaire de Clément Cotentin

En 2000, Clément Cotentin décide de prendre sa caméra et de filmer son frère, Aurélien, qui débute dans la musique. Vingt ans plus tard, plus de 3 000 heures de rushs sont accumulées. Six épisodes qui retracent la carrière d’Orelsan, l’un des artistes les plus accompli.e.s du rap français, voient alors le jour. Clément s’amuse à suivre son grand frère et ses potes (Skread, Gringe et Ablaye, entre autres). Ce dernier étant persuadé qu’ils sont « destinés à faire de grandes choses ».

Ce documentaire artisanal et intimiste permet d’assister à l’ascension de l’artiste caennais. Il retrace les débuts compliqués où Orelsan s’improvise gardien de nuit dans un hôtel. Mais aussi la naissance des Casseurs Flowters ou encore la polémique autour du morceau Sale Pute en 2010. Une série qui confirme l’identité d’Orelsan. Un artiste authentique issu d’une famille de classe moyenne installée à Caen, animé avant tout par sa passion pour le rap.

– Imane Lyafori

https://xnu002du002dmosaque-rza.com/2021/11/28/civilisation-lavis-de-la-redaction/

« Du béton aux nuages », la série de podcasts de Raphaël Da Cruz

C’est le bitume avec une plume. Raconter l’histoire du rap français sur la radio Mouv’, c’est le projet faramineux que s’est lancé Raphaël Da Cruz, également journaliste pour Booska-P et l’Abcdr du son. « Du béton aux nuages : la saga du rap français » est un podcast en onze épisodes. Il retrace le parcours du genre musical, de ses débuts dans les années 1980 jusqu’à sa consécration actuelle. Entre archives rarissimes et anecdotes croustillantes, le journaliste donne la parole à des figures éminentes du mouvement comme Oxmo Puccino, Fabe ou les membres de IAM.

Narrée par l’animateur radio Pascal Cefran, la série nous offre un voyage temporel enivrant dans l’aventure du rap français. Raphaël Da Cruz confiait à Mosaïque qu’il souhaitait que ce projet s’adresse à tout le monde : « Que ce soit les auditeurs plus âgés à qui ça va rappeler des souvenirs ou les plus jeunes qui aiment cette musique et qui veulent découvrir le pourquoi du comment. » Les trois premiers épisodes, de plus d’une heure chacun, sont déjà disponibles sur les plateformes de streaming tandis que les suivants devraient arriver dans les prochaines semaines.

– Benjamin Watelle

« Kin, tout est vie », le documentaire de Robin Conrad

Le 5 février 2021, Damso et la chaîne du média belge Tarmac dévoilent le documentaire « Kin, tout est vie ». Pendant près de 27 minutes, le film revient sur son voyage à Kinshasa, au milieu des siens, lors de son déplacement pour la sortie de « QALF ». Caméra au poing, Robin Conrad et son équipe l’ont suivi pendant une semaine, plongés dans la frénésie de la capitale congolaise. Le réalisateur a accordé un entretien inédit à Mosaïque, le seul à un média français, pour dévoiler les coulisses du tournage. « Il voulait célébrer Kinshasa et casser avec le traitement médiatique misérabiliste qui est souvent fait sur son pays en Europe. J’ai donc souhaité dessiner un double portrait de la ville et de l’artiste, en montrant la capitale comme un véritable personnage », explique celui à qui le rappeur a laissé « carte blanche »

Lors de l’expédition, le rappeur revient notamment dans son quartier d’origine. Alors âgé de cinq ans, c’est ici que Damso a fui avec sa famille les pillages de la guerre civile au Congo. Pendant dix minutes, il cherche sa maison sans succès. Robin Conrad nous raconte : « Il était très ému et perdu dans ses souvenirs d’enfant. Il a poussé une porte, mais ce n’était pas la bonne maison, même si la personne qui a ouvert semblait le connaître depuis très longtemps. C’était une belle métaphore de la quête de ses racines et de la perte de la culture. » Le documentaire compte désormais presque 500 000 vues sur YouTube, devenant une fidèle porte d’entrée dans l’univers de l’artiste bruxellois.

– Thibaud Hue


Mosaïque

Si l’article vous a plu, n’hésitez pas à le partager ! Pour savoir les prochains articles à venir, abonnez-vous à notre newsletter :

Subscribe

* indicates required

Catégories
Chroniques

La sélection Mosaïque 2021 : les compositeurs

Derrière les machines se cachent des technicien.n.e.s du son et des penseur.se.s musicaux. En composant des instrumentales sur-mesure, il.elle.s subliment le talent artistique des rappeurs. Certains ont d’ailleurs été particulièrement remarquables en 2021. Mosaïque livre sa sélection des compositeurs de l’année.


Avant de vous plonger dans la sélection de la rédaction des compositeurs de l’année 2021, merci de soutenir Mosaïque ! En nous lisant, vous soutenez un journalisme rap indépendant. Vos lectures et vos partages sont notre soutien le plus essentiel. N’hésitez pas à nous suivre sur les réseaux sociaux, et à recommander Mosaïque autour de vous !

Pour redécouvrir la sélection de la rédaction des compositeurs de l’année dernière, cliquez ici.


Kosei, pilier de l’underground

L’homme derrière le boom de l’année se nomme Kosei. Co-signant la tape « KOLAF » avec La Fève en 2020, il a su s’entourer de la crème des new-comers (Khali, MadeInParis, Realo ou Tejdeen) pour imposer sa patte trap psychédélique et être un nom de l’underground du rap français. Son style teinté de bounce et de claviers divers n’est pas sans rappeler l’univers des beatmakers trap du milieu des années 2010 à la Métro, TM88, Ikaz Boi ou Myth Syzer.

Après avoir conquis la nouvelle scène, il s’est tourné vers des MC plus confirmé.e.s du jeu. Lala &ce, Slimka, Dimeh et Guy2Bezbar. La « ERRR » tape ne s’est pas non plus privée de ses services. Certes, le jeune producteur n’est plus en cosign, mais il a pu livrer trois tracks à La Fève dont le percutant LONERRR. Si son style signature est une trap planante, Kosei a prouvé qu’il ne se limite pas à des bangers de soirée rap. Dans Bonbon (Khali), VOITURE SPORTIVE ou RAT INTERLUDE (La Fève), le compositeur propose même parfois des mélodies aux accents « Kanyesques ». Kosei attendait 2021, 2022 attend désormais Kosei et pourrait le placer haut dans la hiérarchie des meilleurs producteurs français.

– Max Thomas

Skread, l’architecte de « Civilisation »

Comment ne pas associer le succès de « Civilisation » au compositeur Skread ? Si Phazz a grandement participé à la production de l’album, il demeure le chef d’orchestre de cet opus devenu le plus vendu en France en 2021, toute musique confondue. Une performance commerciale encore jamais vue dans le rap français à l’ère du streaming. Cerise sur le gâteau, le documentaire « Ne montre jamais ça à personne », qui a accompagné la sortie, a également levé le voile sur l’importance de son rôle auprès d’Orelsan. Véritable tête pensante, directeur artistique pragmatique et conseiller précieux. Une reconnaissance nouvelle pour lui qui a vu ses abonné.e.s sur Instagram grimper de 30.000 à 110.000 abonnés après la sortie de la série de six épisodes diffusée sur Amazon Prime.

Sur le disque, Skread livre des productions modernes en jouant avec les codes de l’électro, de la drill, mais aussi du disco. Un savant mélange qui prend forme sur les titres Ensemble ou L’odeur de l’essence dont les basses grésillantes ont secoué le mois de novembre. 2022 ne sera pas moins mouvementé pour le Normand aux manettes de la tournée hors-norme d’Orelsan. Elle s’achèvera en mars prochain avec cinq dates successives à l’Accor Arena. Pharaonique.

– Thibaud Hue

Guapo du Soleil, compositeur versatile

L’année 2021 sonne comme celle de la confirmation pour Guapo du Soleil. Sa polyvalence lui a permis de toucher plusieurs générations et de placer pour des artistes confirmé.e.s et émergent.e.s. À l’arrivée, les certifications sont de plus en plus sérieuses. En témoigne ses disques de platine et de diamant décrochés avec Aya Nakamura et Gambi. Ce jeune homme du Val-de-Marne est capable de composer des bangers avec des productions légères aux ambiances club qui oscillent entre respect des conventions et innovation.

Cette double tendance créative se manifeste dans des prods aux rythmiques chaudes et acoustiques formatées pour le top 50, mais aussi dans des textures plus glaciales et synthétiques rappelant les plus belles heures de la 808 Mafia. Des 808 compressées de Pyrex Whippa aux rimshot dansants (une technique de batterie) de DJ Khaled, Guapo du Soleil séduit et semble ne pas cliver. Proche de la scène émergente et du studio Avlanche, il a également composé pour les projets de Chanceko, DMS et Sonbest avec qui il s’élève depuis des années.

– Cédric Rossi

Dioscures, l’âme de « Ciela »

Après avoir achevé sa collaboration avec Laylow pour l’album « Trinity », Dioscures sort son projet « Ciela » en février 2021. Petit chef d’œuvre de composition, il s’accompagne d’artistes tels que Wit, Laylow, Madd ou encore le duo Dame Civile pour signer l’un des projets les plus marquants de l’année. Une fois cette page tournée, Dioscures s’associe à d’autres beatmakers et DJs pour créer le label Coast-Nation dont le premier single Block est sorti en novembre dernier.

Artiste à fleur de peau et magicien des 808, Dioscures a notamment eu l’occasion de collaborer cette année avec Squidji sur le très bon morceau Chanel Bag ou encore sur HELP !!! de Laylow. 2021 est pour Dioscures l’année de l’envol en solitaire, privilégiant désormais sa carrière solo aux collaborations en tant que beatmaker sur des albums ici et là. Sa singularité dans le paysage du beatmaking français et le succès de « Trinity » ont inscrit son nom au palmarès des beatmakers les plus talentueux du pays, lui offrant une voie royale vers un succès mérité.

– Cyprien Joly

Prinzly, toujours aux manettes

Toujours aussi engagé auprès de la scène belge, Prinzly continue de tracer sa route. Embarqué dans l’aventure « QALF » depuis plusieurs années, il lui fallait d’abord finir le travail auprès de Damso. Auteur sur la majorité des morceaux du double album, il signe neuf titres sur la partie « Infinity ». Des mois enfermés dans un studio avec le rappeur qui ne l’ont pas empêché de briller sur d’autres projets. Hamza ne pouvait se passer de lui pour développer de la drill sur les quatorze titres de « 140 BPM 2 ». Résultat, Prinzly place sur quatre sons, toujours en compagnie de son compère Ponko, et notamment sur la percutante introduction PTSD. Hamza que le compositeur accompagne souvent sur ses featurings, autant sur WINDOW SHOPPER PART. 1 avec Laylow, que sur Gossebumps avec Larry.

Pour lui, c’est aussi l’année des nouveaux défis. Avec Ponko (encore), Paco Del Rosso, Saint DX, Dioscures, Ikaz Boi, Sofiane Pamart et Benjay, il entoure le jeune Squidji sur la production de son premier album « Ocytocine ». Cet escadron de musiciens chevronnés tire sur l’artiste une couverture pop mélancolique, taillée sur-mesure pour sa proposition qu’il revendique comme du « RnB noir ». Au mois d’avril dernier, nous nous étions rendus à la première écoute du projet à Paris. L’interprète nous avait accordé une interview exclusive et confié quelques mots à propos de Prinzly : « Depuis qu’il(s) m’accompagne(nt), j’ai pris en maturité. Il(s) me donnent beaucoup de conseils. Prinzly, je le vois vraiment comme un grand reuf. » À la sortie, l’opus est remarqué et score 1.129 équivalent ventes dès la première semaine. De la réussite main dans la main, artiste et producteur sur un même pied d’égalité.

– Thibaud Hue

Mention spéciale : Loubensky

2020 avait été plus calme pour Loubensky, mais le multi-instrumentiste est de retour aux affaires. Et comment ne pas mieux démarrer l’année qu’avec un placement sur le banger Réel d’Hamza, en featuring avec Zed, hit de « 140 BPM 2 ». Puis, après un passage chez Eddy de Pretto et Gims, il s’immisce dans le projet de Vladimir Cauchemar « Brrr EP ». ll signe ainsi avec le producteur une instrumentale en duo signée Encore.

Mais la fête ne fait que commencer pour Clément Loubens. Il croise ensuite pour la première fois la route de Slimka et de Loveni. Il livre alors Intro TV et Cassim Sall pour le premier, MTV pour le deuxième. Et alors que l’été montre le bout de son nez, c’est avec Laylow qu’il croise le fer. Aligné sur cinq morceaux de « L’étrange Histoire de Mr. Anderson », dont SPÉCIAL et IVERSON, il participe au succès retentissant du deuxième album du rappeur toulousain. C’est aussi l’année des retrouvailles. S’il n’avait plus collaboré avec Ichon depuis 2018 et la Nova Grünt Tunes, les deux hommes collaborent sur deux tracks de la réédition de « Pour de vrai ». Enfin, à cette longue liste, s’ajoute aussi une participation à « OFFSHORE » de Edge. Loubensky co-produit le single porteur du projet, Schémas monotones, avec Johnny Ola. Haut en couleur.

– Thibaud Hue


Mosaïque

Si l’article vous a plu, n’hésitez pas à le partager ! Pour savoir les prochains articles à venir, abonnez-vous à notre newsletter :

Subscribe

* indicates required

Catégories
Chroniques

La sélection Mosaïque 2021 : les clips

D’une tour de 130 mètres de haut, à l’Olympia, en passant par Pornhub, les artistes francophones du rap français ont fait dans l’innovation pour mettre en image leur musique. Mosaïque a retenu sept visuels qui ont marqué la rédaction par leur originalité, leur esthétisme ou leur symbole et vous livre sa sélection des plus beaux clips de l’année. Nota Bene : ceci n’est pas un classement.


Avant de vous plonger dans la sélection de la rédaction des clips de l’année 2021, merci de soutenir Mosaïque ! En nous lisant, vous soutenez un journalisme rap indépendant. Vos lectures et vos partages sont notre soutien le plus essentiel. N’hésitez pas à nous suivre sur les réseaux sociaux, et à recommander Mosaïque autour de vous !

Pour redécouvrir la sélection de la rédaction des clip du rap français de l’année dernière, cliquez ici.


Joanna – Sur ton corps

Quand Joanna choisit de briser les tabous autour de la sexualité, elle ne le fait pas à moitié. L’artiste aux accents pop et RnB a décidé d’embaucher le couple le plus connu du Pornhub homemade, LeoLulu, pour le clip de son single Sur ton corps, tiré de son premier album. En résulte deux vidéos réalisées par la chanteuse elle-même ainsi que la réalisatrice Ambrr. Une version érotique où les deux amoureux se câlinent dans un lit immaculé et une autre pornographique mêlant scènes de sexe explicites et ombres chinoises. 

Derrière la caméra, Joanna tire les ficelles. « Je ne voulais pas que le focus se fasse uniquement sur le plaisir de la femme, mais plutôt sur celui des deux. Tout en étant consciente que mon point de vue est biaisé par nos constructions sociales », nous confiait l’artiste rennaise au début de l’année. L’ambiance à la fois sensuelle, électrisante et profondément féministe est saluée par la critique. Dès les premières images du clip, Joanna n’oublie pas de mentionner le travail du Strass, le syndicat du travail sexuel. Fidèle à ses engagements. Un pari réussi pour la jeune femme de 23 ans dont l’objectif était de parler de sexe crûment, sans faire la part belle à la culture du viol. 

– Manon Bernard

Sopico – Slide

Le moins que l’on puisse dire, c’est que le jeune « So », comme on le surnomme, sait faire une entrée fracassante. En juin dernier, l’artiste de 25 ans est revenu avec Slide, un morceau aux sonorités rock et au visuel percutant. C’est en tant que « rackeur » (jeu de mot avec rappeur et rockeur, NDLR) que Sopico aime désormais se présenter. Naturellement, il choisit de s’entourer de l’équipe du film « Mission Impossible » pour marquer son grand retour après un an d’absence.

La Tour Pleyel (Seine-Saint-Denis) de 130 mètres de hauteur, le saut dans le vide, les feux d’artifices… Sopico se met en scène comme protagoniste de son propre film. Rien a été laissé au hasard par ce cinéphile qui, plus jeune, rêvait de faire du cinéma : « L’enfant qu’on voit au début du clip, c’est le public qui m’attend et qui m’appelle pour me dire « il est temps ». Moi, je suis en train de rêver en haut de cette tour. Je me réveille et je décide de reprendre du service. La métaphore des ouvriers est totalement liée au fait que c’est un travail d’équipe, un chantier. Ce que l’on voit dans le clip, ce sont tous les éléments dont on avait besoin pour faire le disque », expliquait-t-il au Parisien .

– Imane Lyafori

Hamza – Réel

Un hangar, des voitures de luxe, une émeute, des fourgons blindés, Hamza et Zed. Le tout dans un noir et blanc parfait. Il n’en faut pas plus pour que Hugo Bembi et Sacha Naceri signent l’un des plus gros clips de 2021. Pour annoncer « 140 BPM2 », Hamza étale son flegme. Voiture de luxe, grillz sur les dents, lunettes de soleil et cigarette dans une main.

Acculé par des hommes cagoulés, il se moque d’eux en rappant son couplet bien au chaud dans son opulence. Dès le plan d’ouverture, le rappeur mène l’assaut accompagné de militaires en blindés. Hamza démontre son changement radical d’ambiance, que cela soit musical ou en termes de direction artistique. La colorimétrie s’attache à un noir profond et un blanc clinquant, choix surprenant et à contre-courant de ses précédents clips. Le Belge est prêt à partir à la guerre en toute décontraction avec son allié Zed, dans l’un des clips les plus épiques de 2021.

– Cyprien Joly

Sonbest – Terre Noire

Allongé près d’un personnage peint tout en noir qui s’agrippe à lui, un faisceau de lumière survole Sonbest. Seul moment d’accalmie dans une ambiance thriller. Un jeune garçon qui court à perdre haleine, une sorcière non-voyante et une forêt sombre… Terre Noire synthétise tout l’imaginaire de la musique de l’artiste. Le visuel est mis en image par son acolyte de la première heure, SwimTheDog. Pour Mosaïque, il expliquait : « La personne qui s’aggripe à lui, c’est son propre démon, une personne qui le hante. C’est un peu comme une paralysie du sommeil. Il ne peut plus bouger. » Inspiré d’un film d’horreur britannique « His House », un rite tribal tente de défaire Sonbest de ses démons en lui ôtant la vue.

Un clip fidèle à l’univers de l’artiste qui rappelle celui d’Agonie issu de son premier EP. Terre Noire, sorti le 10 juin 2021, annonce avec profondeur et cohérence le projet « Arcane » de Sonbest. Mais dont son réalisateur SwimTheDog préfère ne pas tout dévoiler : « La sorcière est non voyante, Sonbest a les yeux bandés… Ce sont des symboles de l’inconscient. Je voulais faire parler autre chose que le regard. Mais il y a plein de significations possibles. Je préfère laisser libre cours à l’interprétation. »

– Lise Lacombe

Damso – 911

Comment montrer un gangster qui soudain s’adoucit et laisse, en l’espace de trois minutes, transparaître ses sentiments ? C’est le défi que relève Adrien Wagner avec le clip de 911, sorti en début d’année. Le réalisateur laisse son empreinte et son style avec des effets spéciaux en pagaille et des mouvements de caméra à 360 degrés déjà utilisés sur ses précédents projets.

Produit par Adeus, on y retrouve un Damso qui baisse les armes. L’artiste se dit « ramolli » par le charme de la mannequin Noémie Lenoir, invitée à jouer dans le clip. C’est sans rappeler ces paroles du morceau Autotune, extrait de son premier projet « Batterie faible » : « Tout est noir comme Noémie Lenoir ». Du haut d’un immeuble, à un bar à l’ambiance tamisée, en passant par une plage déserte, Damso nous emmène dans un voyage envoûtant, au rythme de la mélodie du morceau. Le rappeur belge offre une vidéo digne du septième art, alliant avec justesse musique et visuel. De quoi faire figurer 911 parmi les plus beaux clips de l’année.

– Théo Lilin

Slimka – Hollywood

À l’image de ce que laisse imaginer le titre, Slimka traverse la scène pour adapter en image son morceau Hollywood. L’artiste nous plonge dans des décors de cinéma dont ceux de ses précédents clips. Poursuivi par les fans à l’arrière de sa voiture de luxe, Slimka se réincarne façon superstar. Loin de l’univers dystopique et sanglant des morceaux Rainbow et Headshot, auxquels Hollywood est rattaché, l’heure est désormais à l’egotrip.

Dans une succession prenante de plans séquence realisée par Exit Void, Slimka nous emmène à ses côtés, caméra embarquée, afin d’assister à son auto-interprétation. Mise en abyme de la production d’un des ses clips, le Genevois déroule au rythme de la prod explosive de Sectra et Kosei. Dans un entretien accordé à Mosaïque, le rappeur exprimait sa volonté de faire reconnaître la valeur du rap suisse. Propos corroborés à travers le morceau qui s’ouvre ainsi : « J’viens mettre les pieds sur la table, J’viens mettre Genève sur la carte. »

– Marius Sort

Mention spéciale : Vicky R, Le Juiice, Chilla, Bianca Costa et Davinhor AHOO

« Icy, Juiicy, Vicky, Bianca, Pac-Man, c’est la folie. » Une folie et un projet qui fait du bien au rap français. Pour la première fois, cinq rappeuses se réunissent pour produire un morceau. Le documentaire « Reines, pour l’amour du rap » sur Canal+ dévoile sa conception. Durant quatre jours, elles se sont retrouvées dans une maison avec des producteurs pour écrire et clipper le morceau. Dans le visuel, à tour de rôle, Chilla, Bianca Costa, Davinhor, Le Juiice et Vicky R débarquent devant la caméra avec un style impeccable et de l’assurance à revendre. 

Le clip réalisé par Jean-Charles Charavin s’impose comme un cri de rage des rappeuses. Elles s’affirment haut et fort sur la scène rap et s’unissent façon sororité pour le faire. Chacune y va de sa punchline et impose son couplet, le tout dans un décor théâtral. Chilla conserve sa voix angélique tout en ne mâchant pas ses mots pour s’associer aux notes brésiliennes de Bianca Costa. L’insolence de Davinhor se mêle à la trap de Le Juiice et à la puissance de Vicky R. Le clip a été tourné à l’Olympia, qui pour l’occasion, a orné sa devanture des noms en lettres rouges des cinq artistes, prêtes à prendre tout la lumière en haut de l’affiche.

– Manon Bernard


clips

Si l’article vous a plu, n’hésitez pas à le partager ! Pour savoir les prochains articles à venir, abonnez-vous à notre newsletter :

Subscribe

* indicates required

Catégories
Chroniques

La sélection Mosaïque 2021 : les révélations

En 2021, quelques noms, pour certains encore presque inconnus des auditeur.trice.s, se sont faits entendre. Certain.e.s ont affiché des statistiques remarquables sur les plateformes de streaming. D’autres ont rempli des salles de concert avec une rapidité fulgurante. Ces artistes sont des révélations. Ils.elles viennent de passer un premier cap sérieux dans leur carrière et doivent désormais répondre aux attentes ou confirmer. La rédaction de Mosaïque vous livre sa sélection des révélations de l’année.


Avant de vous plonger dans la sélection de la rédaction des révélations de l’année 2021, merci de soutenir Mosaïque ! En nous lisant, vous soutenez un journalisme rap indépendant. Vos lectures et vos partages sont notre soutien le plus essentiel. N’hésitez pas à nous suivre sur les réseaux sociaux, et à recommander Mosaïque autour de vous !

Pour redécouvrir la sélection de la rédaction des révélations de l’année dernière, cliquez ici.


Benjamin Epps, uppercut de velours

Arrivé dans le paysage du rap français à la fin de l’année 2020 avec son EP « Le Futur », Benjamin Epps a profité de 2021 pour étoffer son répertoire et s’imposer comme l’un des rappeur.se.s à suivre de ces prochaines années. Avec son projet « Fantôme avec chauffeur », concocté avec l’aide du Chroniqueur Sale, le rappeur fait étalage de ses capacités. Flows kickés, punchlines percutantes et trashtalking sur des instrumentales boom-bap dépoussiérées, Epsito remet au goût du jour une certaine manière de rapper tout en s’inscrivant dans son époque. 

En plus de son dernier EP, l’auteur de Dieu Bénisse les Enfants s’est révélé à travers de nombreuses collaborations. Dinos, Vladimir Cauchemar, Selah Sue… Dans un featuring avec Zesau, il s’est essayé à la mélodie, rajoutant ainsi une nouvelle corde à son arc. Le MC originaire du Gabon ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. Il devrait dévoiler son premier album dans l’année. Dans un entretien accordé à Mosaïque, entre deux répétitions dans la salle du FGO-Barbara à Paris (18e arrondissement), il confiait : « J’enregistrerai l’album à New York. Une semaine pour écrire les titres qui me manque et une autre pour tout enregistrer. Je veux avoir le mood, le grain, New York quoi ! Il me faut un studio qui a déjà accueilli des légendes pour avoir cet esprit là. »

– David Geenen

Ziak, noir c’est noir

2021. Les portes de la drill francophone sont enfoncées à coup de bottes renforcées. Ziak, lui, choisit de faire sauter le verrou avec la puissance d’un bélier. « Akimbo » insuffle un vent de fraîcheur électrique sur la scène française. D’influence britannique, le rappeur d’Évry déploie ses flows sur des productions aux breaks compulsifs. Il plonge l’auditeur dans une ambiance sombre et saillante. L’atmosphère ténébreuse trouve un écho dans les messages véhiculés : construction personnelle dans des milieux difficiles, course au paraître, poids de la société sur les désillusions d’une jeunesse enragée.

Le talent de Ziak repose sur sa faculté à prendre du recul sur cette situation. À ce niveau, Prière sonne comme un véritable aveu de repentance où le jeune artiste confesse ses erreurs passées. Dans une scène drill en pleine expansion, Ziak apporte une proposition concrète, novatrice. Tant les variations de tempo au sein de ses morceaux paraissent maîtrisées.

C’est d’ailleurs ce que confirmait en exclusivité le compositeur Focus Beatz à Mosaïque, auteur de sept prods sur le disque : « Après avoir écouté le morceau Fixette, je me suis dis qu’il y avait moyen que ça pète pour lui. Le flow, l’attitude… Il était différent. Il s’est réapproprié les codes de la drill UK. Artistiquement, je savais que ça allait aboutir. » À l’instar du guérisseur russe Raspoutine auquel Ziak fait souvent référence, le nouveau poulain du label Millenium pourrait bientôt être convié à la table des rois.

– Maxime Guillaume

Joanna, l’amour à grandes doses

Elle avait déjà été remarquée grâce à ses morceaux Séduction (2018) et Pétasse (2019). En 2021, Joanna s’est présentée à un plus large public avec « Sérotonine ». Un premier album qui installe un univers à fleur de peau où les mélodies cotonneuses contrastent avec les mots incisifs. En amont de la sortie du disque, l’artiste rennaise avait rencontré Mosaïque. Elle expliquait vouloir écrire l’histoire de « beaucoup de personnes qui commencent à flipper, à se poser trop de questions et à ne plus se faire confiance au moment où ils commencent à avoir des sentiments ».

« Sérotonine » parcourt les étapes des grands récits d’amour, de la rencontre au Goût de fraise à la lassitude qui se présente telle une Nymphe solitaire, en passant par la peur d’une Maladie d’amour. La poésie de Joanna ne s’embarrasse pas de respecter les frontières entre les genres, et l’autrice-compositrice jongle avec la pop, le RnB et même la trap dans Démons, sa collaboration avec Laylow. Un lyrisme qui devrait charmer de plus en plus d’auditeur.trice.s dans les prochaines années.

– Hong-Kyung Kang

So La Lune, le marathon 2021

Après une première mixtape couronnée de succès critique, So La Lune s’envole et signe une série d’EP. Le rappeur lyonnais originaire des Comores affirme son style et démarre l’année avec quatre projets : « Théia », « Satellite naturel », « Orbite » et « Apollo 11 ». La lune est partout, aussi bien dans ses titres de projets que dans sa musique, où on entend constamment « tsuki », qui signifie « lune » en japonais.

Son attirance pour cet astre, le rappeur l’explique par son mode de vie nocturne qu’il tente de traduire dans sa musique. Signé chez le label indépendant Low Wood, So La Lune s’est entouré de professionnel.le.s, venant faire taire les critiques qui pesaient sur ses textes sombres et sa voix aiguë auto-tunée. L’artiste a affiné sa trajectoire en 2021. Interrogé par Mosaïque en mai dernier, le rappeur le reconnaît : « Mes morceaux sont plus lisibles aujourd’hui. » Il clôture ainsi l’année avec « Failles », une suite de trois courts EP dans lesquels il mêle mélancolie et résilience. Pas besoin de faire de l’astrologie pour deviner que le succès du jeune rookie ne fait que commencer.

– Théo Lilin

Khali, une entrée fracassante

Tout au long de l’année, Khali paraissait aussi intouchable qu’insaisissable. D’une part, ses collaborations avec Malo, Chanceko et 99 se sont fortement distinguées sur la scène du rap underground. De l’autre, il a fait de sa créativité son principal atout avec son premier album « LAÏLA ». Sur ce projet, son troisième en deux ans, le rappeur bordelais a mis en musique ses états d’âme et la justesse de sa voix nasillarde.

Sur ses 11 titres, le rappeur prouve avoir passé un cap et confirme les attentes qu’il avait suscité à la sortie de son EP « Le tournesol » en 2020. Dans une année où la « new wave » a été une révélation pour grand nombre d’auditeur.trice.s, Khali est peut-être celui qui l’incarne le plus, malgré lui.

– Lukas Taylor

La Fève, l’audacieux

Il y a quelques semaines encore, les attentes et la pression étaient lourdes sur les épaules du jeune rappeur de Fontenay-sous-Bois. La Fève a su rentrer dans une nouvelle dimension en cette fin d’année avec une mixtape savamment préparée et adulée par la critique. Entré directement dans le top 10 des projets les plus streamés au monde sur Spotify lors de son démarrage, « ERRR » conclut une année en crescendo. Après une belle prestation sur « KOLAF », en septembre 2020, lui ayant permis de toucher un large public, Louis a su faire monter l’engouement autour de lui. Une ascension marquée par des apparitions toujours soignées. En featuring, comme sur le très bon Tous mes états avec J9ueve, mais aussi sur des projets collaboratifs de beatmakers comme ceux d’Unfamouslouie, du Blaze ou encore 99 & Wolfkid.

« Le fougueux » est sur tous les bons coups de l’année. Une progression qui se matérialise lors de la sortie de Mauvais payeur le 21 octobre 2021. Le single, produit par Demna, marque le grand retour de La Fève en solo. Les compteurs s’emballent. Le personnage s’installe. La « ERRR » tape n’est pas encore annoncée que son succès est déjà quasi-assuré. Deux mois plus tard, c’est avec un généreux 18 titres que La Fève vient chérir son public. Un projet riche et cohérent qui réussit à ne pas tomber dans la redondance grâce à des morceaux courts et à une grande variété de productions. Une mixtape maîtrisée de bout en bout qui le fait définitivement sortir des buissons de l’underground. 

– Robin Spiquel

Mention spéciale : Zamdane, le déjà révélé

Zamdane est-il une révélation de l’année 2021 ? Cette question a animé un débat passionné au sein de la rédaction de Mosaïque. Si le succès à grande échelle du Marseillais ne date pas d’hier, il vient de monter encore le niveau d’un cran. Révélé depuis son titre Favaro sorti en 2017, il était peut-être de ceux.celles sur qui la lumière est apparue trop tôt. 2,4 millions de vues sur l’un de ses premiers morceaux et la machine pensait être lancée. Après avoir dévoilé cinq freestyles Affamé en 2018, le jeune artiste prend une pause pour revenir en 2020. Reprenant alors quasiment de zéro, le jeune rappeur marocain revient avec d’autres intentions, de nouveaux flows, une nouvelle image. Et la métamorphose se concrétise réellement en 2021.

Avec une nouvelle façon de chanter et une écriture plus ancrée dans son quotidien, Zamdane trouve la combinaison parfaite pour faire passer de la mélancolie et dégager une sincérité qui lui est propre. Hayati, le freestyle Skyrock Le monde par ma fenêtre, ou plus récemment ses featurings avec la Fève, Dinos et JMK$ sont sûrement les morceaux les plus mémorables de Zamdane cette année. Son premier album sortira en 2022 et la tournée médiatique pour l’annoncer a déjà commencé. Le Marseillais tentera donc d’achever sa mue cette année avec un projet très attendu. Si son statut ne permet pas de le classer dans les Rookies Of the Year après ce qu’on peut considérer comme un faux départ, il ne fait aucun doute que le trophée de Most Improved Player (ce titre récompense le joueur ayant le plus progressé par rapport à l’année précédente en NBA, NDLR) est pour lui.

– Max Thomas


Mosaïque

Si l’article vous a plu, n’hésitez pas à le partager ! Pour savoir les prochains articles à venir, abonnez-vous à notre newsletter :

Subscribe

* indicates required

Catégories
Chroniques

La sélection Mosaïque 2021 : les pochettes

Il y a certaines pochettes qui resteront dans l’histoire du rap. Parmi les covers de l’année 2021, six ont particulièrement retenu notre attention. Artwork original, présentation épurée, cliché chargé en symboles… La rédaction de Mosaïque vous livre sa sélection.


Avant de vous plonger dans la sélection de la rédaction des pochettes de l’année 2021, merci de soutenir Mosaïque ! En nous lisant, vous soutenez un journalisme rap indépendant. Vos lectures et vos partages sont notre soutien le plus essentiel. N’hésitez pas à nous suivre sur les réseaux sociaux, et à recommander Mosaïque autour de vous !

Pour redécouvrir la sélection de la rédaction des pochettes de l’année dernière, cliquez ici.


L’Or du Commun – « Avant la nuit », par le photographe Romain Garcin

« Sans le savoir, on a fait un cliché d’époque qui résonne avec la période actuelle. » C’est ainsi que Romain Garcin décrivait à Mosaïque son travail sur la cover du deuxième album de L’Or du Commun. Inspirée de grandes toiles comme « La liberté guidant le peuple » ou « L’Empire des Lumières », cette photographie en rouge et bleu est pensée comme un tableau composé de plusieurs scènes.

On y voit les trois rappeurs bruxellois, l’air désabusé, perdus au milieu d’une foule en pleine hystérie. Une femme lève la main sur un homme, un noir et un blanc s’empoignent. Le cliché, réalisé dans un studio de cinéma de Bruxelles, se veut être un miroir, plus ou moins déformant, d’une époque. Une œuvre à l’image de l’album : une confrontation entre la pénombre et la lumière, entre rêve et réalité.  

– Robin Spiquel

Sam’s- « Inspiré d’histoire(s) vraie(s) », par le photographe Fifou

Pour la pochette de son album, « Inspiré d’histoire(s) vraie(s) », sorti le 5 novembre 2021, le rappeur Sam’s ose une mise en scène vertigineuse : chuter de huit mètres après être passé par la fenêtre. Pour réaliser cette prouesse, il a fait appel à Fabrice Fournier, alias Fifou, photographe prisé des rappeur.se.s depuis une vingtaine d’années, que Sam’s avait déjà croisé sur le plateau de la série Canal+ « Validé ».

Comme il l’explique dans de nombreuses interviews, l’artiste se situe à la croisée de la comédie et de la musique. Une dualité qu’il a souhaité mettre en scène sur cette pochette avec une figure spectaculaire. Passant à travers une fenêtre, qui n’était rien d’autre qu’une vitre en sucre souvent utilisée sur les plateaux de tournage, le rappeur réussit son pari : Fifou capture le saut en une seule prise. Respectant jusqu’au bout les codes du cinéma, Sam’s confiait avoir reçu les conseils d’un cascadeur pour amortir l’atterrissage. Pas question de faire semblant pour l’artiste coutumier des… « histoires vraies ».

– Emma Jacob

Tedax Max – « Forme olympique », par la graphiste Juliette Gaudel (@exnihiilo)

Zeus dans la mythologie grecque ou Jupiter pour les romains, est le roi des dieux et des hommes. Maître de l’univers, il vit sur le mont Olympe, la plus haute montagne de Grèce. Symbole de la force et du pouvoir, c’est sous ses traits que se drape Tedax Max pour faire son entrée dans les hautes sphères du rap français. En s’inspirant du tableau de 1706 de René-Antoine Houasse, « Minerve et le triomphe de Jupiter » pour réaliser la cover de son premier EP « Forme Olympique » sorti le 1er janvier 2021, l’artiste lyonnais s’affirme en puissance. Une cover réalisée par Juliette Gaudel (@exnihiilo) qui colle à l’ADN d’un artiste qui se distingue par son statut de kickeur hors pair avec un flow tranchant et une voix intimidante.

Si les attributs de Zeus sont la foudre, l’égide, le sceptre, l’aigle et le chêne, Tedax Max, un revolver doré à la main, a choisi la cagoule, les tatouages et la chaîne autour du cou. « Forme Olympique » est le premier volet d’une série de trois EP, dévoilés cette année. Le dernier visuel de « Forme Olympique : Final Season », sorti le 29 décembre dernier, s’inscrit dans la continuité des deux autres. Le Lyonnais clôture l’année comme il l’avait commencé, en mêlant l’art du passé à la modernité du sien.

– Lise Lacombe

Zinée – « Cobalt », par l’artiste Bouherrour

Le projet « Cobalt » dépeint le monde nocturne et nostalgique de Zinée. À travers dix morceaux mais aussi et surtout avec une pochette pleine de détails et de sens. Cette cover, réalisée par Bouherrour, fait écho aux choix auxquels Zinée est confrontée. Dans le décor angoissant d’une forêt obscure, le passé et le futur s’opposent. D’un côté, le crâne inspiré de la pochette de son premier EP « Futée » incarne la nostalgie de la rappeuse. De l’autre, la maison éclairée représente son futur, plus lumineux.

Mais face à cette dualité, elle n’est pas seule. Une personne l’accompagne et semble la guider vers le bon chemin. Pour Mosaïque, Zinée racontait : « Les deux premiers sons que j’ai envoyé à Bouherrour sont Même pas mal et WGA avec Sean. Les deux titres ont une ambiance très nocturne. On voulait qu’il y ait de la nature parce que je ne suis pas une citadine. » Cette connexion entre les deux artistes témoigne de la volonté de Zinée de se démarquer et d’affiner une proposition artistique globale et unique.

– Arthur Deux

Khali – « LAÏLA », par le peintre Antonio J. Ainscough

« Kolaf », « Gaura », « Cobalt », « Parades »… La pochette de « Laïla » rejoint une tendance nouvelle qui frappe le rap français : celle du coup de peinture sur les CD. Si l’idée n’est pas révolutionnaire, elle porte d’abord avec poésie le propos de l’album. Un Khali plus intimiste, plus transparent, qui rappe sa mélancolie et ses états d’âme. Un humain honnête qui se montre tel qu’il est, avec ses ombres et ses lumières. La proposition du peintre Antonio J. Ainscough est ainsi fidèle à l’énergie du Bordelais qui ne cherche plus à se présenter, mais bien à creuser ses inspirations.

Il ne s’agit pas d’un cliché impressionnant, ni d’une remarquable réalisation 3D, mais elle demeure l’une des covers les plus marquantes de l’année passée. Elle est devenue l’image de la « new wave » 2021, le symbole d’une génération montante qui s’affranchit des codes. Un simple coup d’œil à ses couleurs rappelle les premiers succès des artistes qui gravitent autour de Khali. Cette toile deviendra-t-elle l’icône de ce courant moderniste ? L’avenir le dira, mais cette possibilité ne peut être écartée.

– Thibaud Hue

Mention spéciale : Bricksy & 3g – « UP! », par le collectif Blakhat

Après la mention de Khali et Sam’s dans cette catégorie, Bordeaux continue de briller avec Bricksy & 3g. Ce duo de producteurs à la réalisation de la mixtape « UP! » ne se sont pas contentés d’une tracklist bien fournie. La pochette du projet est confectionnée par le collectif Blakhat (également bordelais) et se distingue. 

Dans une interview accordée au média Murmure, les deux compositeurs ont expliqué avoir rencontré le collectif trois ans plus tôt. Une fois réunis autour de la direction artistique du projet, l’idée d’une mise en scène avec de la rubalise (un ruban de signalisation ou ruban de balisage, ndlr) a germé pour recréer une atmosphère oppressante. Et ce, avant de trouver un décor en pleine nature pour faire un shooting coloré. Après s’être forgé une réputation solide en réalisant les covers de la 8scuela et surtout de Lyonzon, Blakhat récidive avec une photographie sobre, efficace et généreuse.

– Thibaud Hue


Mosaïque

Si l’article vous a plu, n’hésitez pas à le partager ! Pour savoir les prochains articles à venir, les exclus de la rédaction et les coulisses, abonnez-vous à notre newsletter :

Subscribe

* indicates required
Catégories
Chroniques

La sélection Mosaïque 2021 : les projets

L’année 2021 a été riche en sortie pour le rap français, avec des rendez-vous du jeudi soir toujours plus chargés. La rédaction de Mosaïque a décortiqué tous les albums, mixtapes et EP parus pendant les douze derniers mois et vous livre sa sélection. Nota Bene : ceci n’est pas un classement.


Avant de vous plonger dans la sélection de la rédaction des projets de l’année 2021, merci de soutenir Mosaïque ! En nous lisant, vous soutenez un journalisme rap indépendant. Vos lectures et vos partages sont notre soutien le plus essentiel. N’hésitez pas à nous suivre sur les réseaux sociaux, et à recommander Mosaïque autour de vous !

Pour redécouvrir la sélection de la rédaction des projets de l’année dernière, cliquez ici.


Lala &ce – « Everything Tasteful »

Lala &ce a su lancer l’année 2021 sous les meilleurs auspices avec « Everything Tasteful ». Après la sortie du sensuel single Show Me Love, l’album se devait de répondre aux attentes de ses nombreux fans. Au fil des quinze pistes, l’artiste prouve qu’un album innovant peut rencontrer du succès auprès de différent.e.s types d’auditeur.rice.s : des simples curieux.se.s aux plus féru.e.s.

Après avoir étoffé son style pendant plusieurs années sur SoundCloud, Lala &ce dévoile toutes ses qualités. Elle propose un album à la direction artistique travaillée et aux sonorités recherchées. Des productions trap (Sipa) à celles aux atmosphères planantes et aériennes (Parapluie), la nouvelle favorite du rap game affiche une maîtrise quasi-parfaite de son art, rendant l’ensemble homogène et plaisant à réécouter. Lala &ce a trouvé sa recette et aura marqué 2021 de son empreinte.

– Arthur Deux

Damso – « QALF infinity »

Quatre ans après la sortie d’« Ipséité », l’alphabet grec de Damso est enfin complété. Après tant d’années d’attente de la part des fans de la première heure, « QALF Infinity » surprend, déçoit ou impressionne. Une chose est sûre, le projet divise. Trente-sept minutes pendant lesquelles l’artiste s’amuse sur des prods variées comme sur Σ. Morose où guitare électrique et saxophone se répondent. Le rappeur belge tranche la mélodie d’un piano en évoquant ses sentiments blasés aux côtés de YG Pablo sur T. Chialer. Onze titres qui sonnent comme des mises en bouche pour préparer ses auditeur.rice.s à de nouvelles sonorités.

Cet album nous dévoile un Dems assagi et plus équilibré. L’artiste revient sur ses succès, ses échecs, et évoque son ancien mentor Booba dans Ψ. Passion, introduit par le sample « I must be stronger », refrain de Traxx sur le titre Stronger. L’album est certifié disque d’or dix jours après sa sortie et « QALF Infinity » est le quatrième meilleur démarrage en France en 2021, preuve que ses prises de risques musicales ont trouvé leur public.

– Charlotte Joyeux

La Fève – « ERRR »

La Fève est arrivé dans les arrêts de jeu de cette année 2021. Il propose un opus marquant, différent et assumé. Digne représentant de la « next-gen », cette nouvelle génération de rappeur.se.s sans complexe. Accompagné par des compositeurs comme Kosei, Demna, Daigo, Freakey et Guapo du Soleil, porté par le succès de Mauvais Payeur, il impose une proposition subtilement travaillée dans ses transitions et son esthétique globale.

« ERRR » est aussi synonyme de prise de risque pour La Fève qui s’essaye à un plus grand panel de musicalités, sur des morceaux comme Saoulé, L’appel ou encore Lyele Outro qui sonnent plus mélancoliques et autotunés. Le succès d’estime de ce projet est symptomatique d’un rap français qui évolue. Avec un public en constante recherche de nouveautés. Lorsque c’est fait avec brio, on ne peut qu’applaudir.

– Cyprien Joly

Zinée – « Cobalt »

Avec « Cobalt », Zinée affûte son art. Après son EP « Futée » sorti en 2020, la MC de la 75e Session enchaîne les tacles à la gorge. D’abord avec les cinglants morceaux d’egotrip Agrafe et Matière grise. Puis avec une accalmie portée par le tourmenté Grenadine et le paisible Parle-moi en featuring avec M le Maudit. Sans oublier un certain sens du rythme, notamment sur WGA avec Sean.

Mosaïque avait rencontré la rappeuse qui s’était confiée sur son parcours et ses angoisses de vie : « Les gens me disent souvent t’as l’air super enjouée et pourtant t’es triste dans tes sons. Je ne serai jamais dans une lumière totale et c’est quelque chose que j’ai compris très tôt dans ma vie. Accepter qui on est, c’est commencer à se soigner et aller de l’avant. » 

La richesse créative de Zinée résonne jusque sur la cover du projet réalisée par Bouherrour. Un ciel sombre que seule une silhouette de lumière éclaire, telle la voix limpide de la rappeuse au milieu des productions sombres de Yung Keur et Sheldon. Zinée met également en place une écriture visuelle et cinématographique avec la chanson Zinée club. De l’expérimentation tout en justesse. La jeune artiste en a profité pour conforter les attentes autour d’elle et s’est affirmée comme l’une des nouvelles voix assumées de la 75e Session. Avec « Cobalt », Zinée prouve que le collectif a encore de beaux jours devant lui.

– Alexis Pfeiffer

Dioscures – « Ciela »

« Ciela » signe la résilience introspective d’un Dioscures enfin maître de son univers, après avoir été l’un des grands artisans du succès de « Trinity » l’an passé. L’artiste avait fait part de son épuisement à l’Abcdr du Son après les cadences de production imposées par Laylow. Alors, le temps de neuf morceaux, le producteur explore ses influences en donnant la réplique à une multitude d’interprètes. Des habitués de son univers artistique comme avec le déchirant et attendu Ciné club en featuring avec Laylow, ou l’énergique mais tout aussi poignant RE-45 signé Wit.

Pour le reste, Dioscures est allé chercher la chanteuse saoudienne TamTam ou le duo Dame Civile, toujours en les emmitouflant de sonorités minimalistes et à fleur de peau. « Ciela » est d’autant plus important qu’il signe la mise à l’écart de l’artiste vis-à-vis de la musique, lui qui avait annoncé son retrait après ce projet sur les réseaux sociaux. L’album a tout d’un testament expérimental qui donne ses lettres de noblesse à un producteur plus que décisif ces dernières années.

– Alexis Pfeiffer

Laylow – « L’étrange Histoire de Mr. Anderson »

Pour ce deuxième album, l’attente était à la hauteur du remou provoqué par « Trinity » un an auparavant. Alors que l’on pensait difficile d’aller plus loin que son premier album dans l’immersion auditive, Laylow montre qu’il n’en était qu’à l’échauffement. Avec « L’étrange Histoire de Mr. Anderson », l’imaginaire sombre de Tim Burton a pris la place de l’univers numérique des machines.

Un album à « ne surtout pas écouter en aléatoire », comme l’avait prévenu l’artiste toulousain. Les interludes entre chaque morceaux nous racontent les tiraillements entre lui et son double Mr. Anderson. Un double-portrait à la Mr. Jeckyll et Mr. Hide qui nous fait pénétrer dans un univers dont la réalité n’est plus reconnaissable, entre rêve et cauchemar, où le héros essaie tant bien que mal de s’arracher à son quotidien pour vivre ses rêves.

Laylow fait le pari, dans un scénario millimétré, d’inclure deux morceaux engagés contre les violences policières (Lost Forest) et les violences conjugales (HELP !!!). Le rappeur a aussi alimenté son projet d’un visuel tout aussi travaillé avec le court-métrage éponyme de l’album réalisé par Osman Mercan. Nekfeu, Hamza, Damso, Alpha Wann… Jey s’offre un casting digne de celui qui a rempli deux Bercy en moins de quelques heures. Un album vendu à 35.000 exemplaires et un disque de platine en poche, il transforme l’essai avec une proposition plus que jamais aboutie.

– Charlotte Joyeux

Joanna – « Sérotonine »

Sérotonine. L’hormone du bonheur. En faisant varier le taux de sérotonine, Joanna dévoile son premier album. Elle nous propose de suivre sur quatorze titres une relation amoureuse de sa naissance jusqu’à sa fin, puis à sa renaissance. Chaque chanson aborde une étape de la relation. La rencontre sur Goût de fraise et la jalousie sur Sérotonine jusqu’à la révolte sur Alerte rouge sont explorées en mélangeant sonorités pop, trap et RnB.

Mosaïque a rencontré Joanna peu avant la sortie de son album début mai. Elle confiait vouloir avec « Sérotonine » retracer ses expériences et comprendre ses réactions lors de sa dernière relation. Est-ce que tu veux rider offre ainsi une ode planante et mélodieuse à la naissance de l’amour. Seul artiste invité en featuring, Laylow développe avec elle les démons de la frustration sur un morceau étincelant, tandis que Sur ton corps célèbre la relation charnelle avec un clip disponible sur le site pornographique Pornhub.

– Benjamin Watelle

Luv Resval – « Étoile Noire »

De la douceur des plaines d’Hyrule à la dureté des parois de l’Étoile Noire. Alternant entre moments de mélodies mélancoliques et de technique flamboyante, Luv Resval nous plonge dans son univers imprégné de références à la pop culture. Depuis 2017, le jeune rappeur s’est construit une communauté de fans sur les réseaux sociaux qu’il a fait patienter jusqu’au début de l’été. Certains titres comme Cette fille avaient parfois été teasés sur son compte Twitter plus d’un an auparavant. Avec son premier album « Étoile Noire », l’artiste de 22 ans montre le fruit de son travail avec le label AWA du producteur Kore qu’on retrouve à la production de plusieurs titres. 

Pour l’occasion, il invite cinq rappeurs à collaborer avec lui. Sur deux morceaux avec son frère Savage Toddy, une alchimie naturelle se dégage, tout comme avec son mentor Alkpote pour la suite du titre Célébration sorti sur leur projet commun en 2018. Les collaborations avec Josman, Chily et Lujipeka permettent de mettre en avant les différentes facettes de sa personnalité. Sur les productions sombres, Luv Resval brille et impose son style.

– Benjamin Watelle

Tuerie – « Bleu Gospel »

Tuerie, artiste, parolier du label Foufoune Palace a délivré sans crier gare un EP plus intimiste que jamais. Très riche musicalement, « Bleu Gospel » est un chant d’espoir. Au fil des huit morceaux, il raconte brutalement son enfance, marquée par la violence, et sa rémission. Seule touche de vernis sur une réalité qu’il n’a pas souhaité embellir : l’ambiance gospel et la richesse musicale qui portent son propos. 

Dans un entretien exclusif, le rappeur s’était livré à Mosaïque pour un échange touchant, à l’origine de ses peurs jusqu’à sa guérison dans lequel il confiait à propos du morceau phare du projet : « Il fallait que je mette à nu mes peurs. J’ai été cherché des réponses auprès de mon père. À partir de ce moment-là, j’ai enfin pu mettre le morceau que j’imaginais depuis mes 14 ans en musique. Tiroir bleu est né. » Dépeignant les bouleversements de son existence, son œuvre surprend par son impressionnante palette de couleurs. Notamment par des productions qui peuvent être rafraîchissantes comme pesantes. Humble et arrogant à la fois, Tuerie a réussi, en moins de vingt-sept minutes, le pari d’embarquer son public dans le récit de sa vie.

– Amaël Coquel

Orelsan – « Civilisation »

« Civilisation », c’est un deuil à faire. Celui du Orelsan nostalgique, tourmenté, tiraillé. On redécouvre un homme apaisé, heureux, prêt à sortir un album ambitieux et sentimental, dénué de vulgarité. Orelsan n’est plus Si seul, mais Seul avec du monde autour. C’est cette démarche fédératrice qui cristallise le propos de « Civilisation ». Un disque rassembleur, aux couleurs musicales éclectiques, où chacun peut y trouver son compte. L’album est aussi LA grande réussite de Skread. Le producteur se renouvelle et se modernise sur des titres comme Baise le monde et ses accents disco ou Ensemble et ses envolées éléctro.

Civilisation n’en reste pas moins un disque clivant, notamment par ses sujets répétitifs et par un Orelsan beaucoup moins cru mais qui n’a jamais aussi bien chanté le bonheur. « Civilisation » est une page qui se tourne, un nouveau départ, ou peut-être… une dernière étape.

– Jules Careau

Khali – « LAÏLA »

C’est quelques mois après une participation remarquée sur l’EP « Kolaf », de ses compères La Fève et Kosei, que Khali a fait son retour. Avec « LAÏLA », le rappeur éclaire de sa voix nasillarde un mois de mai parfois calme en termes de sorties musicales. Un véritable vent de fraîcheur sur la scène rap francophone, qui confirme les espoirs placés en ce jeune rookie bordelais, et nous immerge dans son univers ouvertement mélancolique. Au travers de l’album, Khali nous plonge plus profondément au sein de son intimité, de ses nuits emplies de tristesse et de remises en questions comme sur La Toile : « Cette nuit, j’ai pleuré beaucoup pour écrire, moral gâché pour vous sortir un disque. »

L’artiste assume entièrement son identité musicale, tant dans l’utilisation criarde de sa voix que dans son approche plus personnelle. Et ce n’est pas pour déplaire à son public, qui a acclamé le projet à sa sortie, ni à la critique majoritairement élogieuse. Plus qu’un succès, « LAÏLA » est également un symbole. Le symbole d’un plafond de verre brisé, pour lui et ses acolytes de la « new wave », aux prémices d’une large reconnaissance. Cantonné à un rap de niche souvent associé à Twitter, Khali a prouvé qu’il est possible d’ouvrir sa proposition. Même s’il reste encore beaucoup à accomplir, il peut se féliciter d’avoir rempli la salle de concert de La Boule Noire en moins de cinq minutes, signe de l’engouement qu’il provoque.

– Marius Sort

Squijdi – « Ocytocine »

De la fièvre blanche des passions naissantes à la mélancolie bleue des premiers doutes. Avec « Ocytocine », Squidji se replonge dans les moments qui ont façonné son existence et revit les élans des longues nuits parisiennes. Tandis qu’il arpente les rues de la capitale, une histoire d’amour se dessine en filigrane. Après le succès critique de son EP « Parades », paru en 2020, Squidji montre toute l’étendue de son potentiel. Ce premier album studio baigne dans une délicatesse tantôt brumeuse, tantôt ensoleillée. Mosaïque avait assisté à l’avant-première de l’écoute de l’album avant de pouvoir échanger avec l’artiste qui confiait « ne pas se rendre compte » de l’engouement qui l’entoure.

Le rappeur du 15e arrondissement de Paris crayonne son récit avec une large palette de couleurs et de styles, et les morceaux au style hip-hop très marqué s’enchaînent aux côtés de chansons de RnB velouté et des titres à l’énergie électro. Les instrus sont signées par son « équipe d’Avengers » : Prinzly, Ponko, Paco del Rosso et Saint DX, et de nombreux invité.e.s dont Josman, Lous and The Yakuza, Disiz ou Lala &ce viennent enrichir la tracklist. Telle une véritable molécule de plaisir, « Ocytocine » embrase avec frisson les passions de chacun.e.

– Hong-Kyung Kang

EDGE – « OFFSHORE »

« Dans six minutes, il sera six heures ». Entre les ténèbres et la lumière, entre la nuit et le jour, EDGE entame son projet avec la sonnerie d’un réveil, annonçant l’entame d’une nouvelle journée. Le parallèle avec son début de carrière est tout trouvé. L’artiste de Grand Ville Records se dévoile dans cet album intimiste et personnel. EDGE choisit de s’exprimer sur sa relation au temps, ses souvenirs enfouis et ses failles qu’il peine à refermer.

Au coin d’une table du restaurant de l’hôtel Amour à Paris, Mosaïque a pu rencontrer Edge qui s’est confié. « Le temps, c’est spécial pour moi. Je n’arrive pas à chérir les moments par peur de ce qui va se passer le lendemain. J’ai peur de me réveiller un matin, comme ça a pu m’arriver, et qu’on me dise, cette personne n’est plus là. Sans que ça n’ait pu m’effleurer la tête que ça puisse arriver. »

Par l’expression de cette douleur, le natif du 19e arrondissement parisien choisit d’emprunter la voie de la sincérité et de l’ouverture, d’amener l’auditeur pour un voyage au centre de son être. S’entourant des porte-drapeaux de la « new wave » (La Fève, Jäde) et du cacique des lyricistes francophones : Alpha Wann sur le morceau 20.000, Edge livre un opus fondateur pour la suite de sa carrière. Il pose les bases d’un univers aux contours profonds et à la plume sensible. OFFSHORE est prêt à envoyer EDGE faire le tour du monde, et ce, pendant plus de 80 jours. 

– Maxime Guillaume

Slimka – « Tunnel Vision »

En étoffant son style avec « TUNNEL VISION PRELUDE », Slimka traçait déjà les contours d’une ascension confirmée par cet album, teinté de versatilité musicale et d’innovation. Sûr de lui, il déclarait à Mosaïque dans un entretien à l’occasion de la sortie : « Je ne vous cache pas, j’ai assez confiance. Je sais qu’avec ce premier album, je suis resté fidèle à moi-même. J’ai simplement fait évoluer mon délire et mon identité. » En s’alliant à PH Trigano, Kosei, Varnish La Piscine ou Guapo du Soleil, le rappeur structure l’ossature de ce riche projet à la construction réfléchie. Avec un travail sur les transitions et les effets de style, il facilite l’immersion et cloisonne son univers dans un tunnel vecteur de créativité.

Il synthétise cette volonté de parfaire son style en magnifiant ses propres codes. Et parvient à se greffer à d’autres grâce à un panel de featurings franco-genevois composé de Laylow, Captain Roshi, Varnish La Piscine, Makala et Dimeh. Afin de toujours acérer l’acuité de sa vision, l’attention est portée sur une identité visuelle marquée. La direction artistique est d’ailleurs signée Exit Void, un crew audiovisuel suisse. Les clips de Headshot, Hollywood et Rien sans rien font émaner un souffle d’inspirations diverses. Des néons de Wong-Kar-Wai au style dystopique des bolides hurlants de Ridley Scott. Cette ébullition visuelle est le coup de grâce porté à la vision millimétrée de ce dix-huit titres aux aspirations triomphales.

– Cédric Rossi

SCH – « JVLIVS II »

Sorti le 19 mars, le second volet de la trilogie de SCH, « JVLIVS II », a conquis son public. Après dix heures par jour en studio pendant près d’un an et demi, le rappeur livre vingt-et-un titres, dont deux bonus. Le S y poursuit son introspection amorcée dans « JVLIVS », sorti en octobre 2018. Cette intimité partagée culmine dans le dernier titre, Loup Noir. SCH accompagne la sortie d’un court métrage, « JVLIVS II : Le Jour d’Avant », dans lequel l’artiste revient sur le cheminement de cette trilogie.

Au fil de l’album, la voix du narrateur évoque des souvenirs aux fans de cinéma américain. Et pour cause, il s’agit de celle de José Luccioni, la voix française d’Al Pacino. Côté featuring, SCH invite notamment Freeze Corleone. Une collaboration qui donne naissance au titre Mannschaft, parfaitement dans le ton de l’univers sombre et violent de l’album. On dansera en revanche sur Mode Akimbo, titre décrié tant il détone de l’univers de SCH sur lequel il convie Jul, son comparse de « Bande organisée ».

– Emma Jacob

Mention spéciale : Sonbest – « Arcane »

Sonbest a remué la terre pour laisser éclore les bulbes de son imagination, préférant enterrer derrière lui ses précédentes plantations. La pochette, réalisée par Hoda Hoda, reprend cette idée. Sonbest, une faucheuse à la main, balaie la terre noire dans laquelle sont plantées des fleurs de Lotus destinées à disparaître (Lotus est le nom de son premier EP). Ce n’est donc pas par hasard que le rappeur de la « new wave » annonce son deuxième projet avec le titre Terre Noire, accompagné d’un clip à l’imagerie cinématographique dont il est coutumier. Derrière la caméra, son bras droit, le réalisateur SwimTheDog, directeur artistique du projet intitulé « Arcane » explique pour Mosaïque : « L’Arcane, c’est la 13e carte du tarot de Marseille. Ça veut dire aller de l’avant en balayant le passé. C’était une belle signification. » 

Sonbest s’illustre donc par des nouvelles prises de risque, à l’image du morceau Béni ou Maudit où le rappeur à l’univers très sombre se montre plus romantique. Il offre aussi un premier featuring, seule et unique collaboration, avec son ami DMS. C’est lors d’une séance en avant-première dans un cinéma parisien que Sonbest avait dévoilé son projet. Pour l’occasion Khali, Chanceko, DMS ou encore le producteur Guapo du Soleil étaient réunis, incarnant ensemble cette énergie créatrice involontaire de la nouvelle génération résumée par SwimTheDog : « Je pense que ce qu’on propose est novateur sans vouloir l’être. »

– Lise Lacombe


Mosaïque

Si l’article vous a plu, n’hésitez pas à le partager ! Pour savoir les prochains articles à venir, les exclus de la rédaction et les coulisses, abonnez-vous à notre newsletter :

Subscribe

* indicates required