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3 questions à… Maka

Depuis 2013, Maka trace sa route. De freestyle en freestyle, l’artiste originaire de Liège en Belgique a fait évoluer son style et s’est professionnalisé. Cet amateur de RnB et de gangsta rap a d’abord trouvé son ADN dans le kickage et esquisse désormais des mélodies lumineuses dans son premier EP « Sortez les couverts, vol. 1 », sorti le 27 janvier. Le rappeur peut déjà se vanter d’avoir été validé par Timbaland en personne sur Instagram dans une story pour son single Joujoux. Mosaïque a posé trois questions à Maka pour revenir sur la création de son EP. 


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Comment est né cet EP ?

Je suis quelqu’un qui déborde d’inspi, j’ai toujours besoin d’écrire donc on m’a préparé un séminaire en août 2021 pour que je puisse sortir tout ce que j’avais dans mon téléphone. C’était une semaine de taff acharné. On travaillait entre 10 et 15 heures par jour. À la base, je n’étais pas venu pour faire un projet, le but c’était juste de faire un maximum de sons et finalement on a fait une sélection pour sortir cet EP. Je me suis vraiment renfermé sur moi-même pour ce projet. Je n’écoutais plus de son, plus rien du tout, je voulais vraiment que ça soit du Maka à 100 %. Il fallait que je sois très libre. La seule consigne c’était que du moment que la prod me plaît je bosse dessus. Que ce soit pour écrire des sons calmes ou des morceaux où je me déchaîne dans les paroles

Maka

Maka

Quelles sont tes habitudes de travail avec Ozhora Miyagi, co-producteur de cinq titres du projet (Intro, Joujoux, En balle, Noir et La mélodie du drame) ?

Le plus souvent, Ozhora me fait écouter ses prods avant d’aller au studio. On préfère arriver avec les idées déjà en place pour aller plus vite. Quand je suis très inspiré, j’écris sur l’instru de mon côté et quand j’arrive en session, je rentre tout de suite dans la cabine, on boucle le son et on passe à la suite. Parfois, je prends le temps de poser une ou plusieurs grosses toplines et on choisit la bonne ensemble. C’est instinctif.

Quand t’es dans ce genre de milieu, tout le monde veut être le numéro un le plus rapidement possible.

Maka pour Mosaïque

Pourquoi avoir choisi ce titre : « Sortez les couverts, vol. 1 » ?

Au tout début quand je grattais mes premiers textes, j’avais un enchaînement dans lequel je disais « Sortez les couverts ». Comme je mettais cette phrase dans plusieurs de mes sons (Ces titres ne sont plus disponibles sur les plateformes, NDLR), on a décidé de garder cette phase avec mon équipe. Ça me représente et ça symbolise aussi le moment où j’ai commencé à rapper. Quand t’es dans ce genre de milieu, tout le monde veut être le numéro un le plus rapidement possible. Mon but c’est de gravir les échelons pas à pas et de le faire bien, convenablement. 

Maka


Retrouvez l’EP de Maka « Sortez les couverts, vol. 1 » sur toutes les plateformes.


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3 questions à… Eesah Yasuke, gagnante du Buzz Booster 2021

Eesah Yasuke rappe depuis à peine trois ans quand elle décide de participer au concours national Buzz Booster. Après sa victoire lors de l’édition 2021, la carrière de la rappeuse roubaisienne prend un nouveau tournant. Elle remporte une aide à la production de 15 000 euros, de la visibilité et des premières scènes… Un concours qui a déjà fait émerger des artistes comme Nemir en 2010 ou Kikesa en 2018. Alors que les inscriptions se clôturent ce dimanche, Mosaïque a posé trois questions à Eesah Yasuke pour revenir sur ce que sa victoire a changé pour elle.


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Pourquoi as-tu décidé de participer à l’édition 2021 de Buzz Booster ?

À l’époque, je ne faisais pas de la musique depuis longtemps. J’ai commencé à m’y mettre sérieusement à la fin de ma formation d’éducatrice spécialisée. Quand j’ai écrit Cadavre 3xquis, j’ai tout plaqué et j’ai décidé de m’y mettre à fond. Je connaissais déjà Buzz Booster avant d’arriver dans l’univers musical. Mais j’ai rencontré AL, un beatmaker qui m’en a parlé. Je me suis dit : « Il faut que je teste ! ». Alors, j’ai tenté. Dans un premier temps, j’ai été sélectionnée, puis j’ai passé les différentes étapes… jusqu’à la victoire finale.

Eesah Yasuke

Eesah Yasuke

Les finales régionales comme la nationale se jouent en live face à un jury. Comment as-tu vécu l’expérience de tes premières scènes ?

C’était particulier. Le jury et le public étaient assis et masqués. Ce n’était pas évident, mais à Maubeuge (Nord) je l’ai bien vécu. On sortait tout juste du confinement. J’avais envie de gagner, mais je pensais surtout à la musique en elle-même. Revoir des gens, partager et leur faire vivre des choses… Je me sentais chanceuse de pouvoir être sur scène. J’ai aussi rencontré plusieurs professionnels du monde de la musique. C’était sympa pour recevoir des conseils !

Avoir de l’argent à investir te permet de créer tes projets exactement tels que tu les imagines. Personnellement, grâce à Buzz Booster, j’ai pu bosser sur mon projet « Tryptique » qui sort fin février.

Eesah Yasuke pour Mosaïque
Comment ta victoire à Buzz Booster en 2021 t’as-t-elle aidée pour développer ta musique ?

Au niveau financier, déjà, c’est clair que ça booste les projets. Même si on peut se débrouiller, c’est toujours mieux quand il y a des fonds qui rentrent. Mon objectif, c’est de proposer quelque chose de toujours plus qualitatif. Avoir de l’argent à investir te permet de créer tes projets exactement tels que tu les imagines. Personnellement, grâce à Buzz Booster, j’ai pu bosser sur mon projet « Tryptique » qui sort fin février. J’ai aussi beaucoup aimé la résidence de deux semaines dans les studios Red Bull. Le matos était vraiment professionnel. Rien qu’avec les mises à plat et les maquettes que j’écoutais le soir, j’étais super contente.

J’ai adoré parce que j’étais vraiment en immersion. On produisait beaucoup. Pendant la résidence, je faisais presque un titre par jour. J’ai également pu inviter des artistes dans de vraies bonnes conditions. J’ai reçu des artistes du Nord, des beatmakers comme AL777… Le rappeur Youssoupha, avec qui j’étais connectée, est lui aussi passé au studio. Le titre de vainqueur te permet d’avoir une vraie légitimité. C’est une expérience géniale dans tous les cas. Que tu gagnes ou pas, tu mets un pied dans le monde professionnel de la musique. Tu te fais valider.

Eesah Yasuke


Les candidatures pour l’édition Buzz Booster 2022 sont ouvertes jusqu’au 31 Janvier. Inscription en cliquant ICI.

Le.la gagnant.e remporte : 15 000 €, une tournée et deux semaines de studio chez Red Bull avec un contrat de distribution et une visibilité dans les médias partenaires.


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3 questions à… Céline M’Sili, réalisatrice du documentaire « Terrain »

En quatre épisodes de trente minutes, Céline M’Sili raconte le quartier à travers les voix de ceux.celles qui le chantent dans leurs morceaux. Depuis décembre 2018, la réalisatrice a l’ambition de faire parler les rappeur.se.s d’un sujet de société qu’il.elle.s connaissent bien. Journaliste pour Trace, Mouv’ ou encore OKLM depuis six ans, Céline M’Sili propose aux artistes qu’elle rencontre de prendre un moment pour évoquer la vie en cité. Les moments récoltés se transforment en un documentaire de 90 minutes, qui devient finalement « Terrain », une série en quatre épisodes disponible sur Canal +. Mosaïque a posé trois questions à la réalisatrice.

Comment t’es venue l’idée de réaliser cette série ? 

Je suis de Sevran, née à Villepinte. Je suis un pur produit de mon environnement. Être Sevranaise m’a donné envie de faire ce documentaire. Ce n’est pas un reportage fait par les bourgeois. C’est le regard d’une jeune banlieusarde. J’habite toujours à Sevran et j’ai 27 ans donc j’ai pu voir l’évolution du quartier, et c’est ce que j’ai voulu raconter.

C’était très important pour moi que ce ne soit pas un documentaire sur le rap français mais un documentaire de société raconté par les rappeurs français. Je ne voulais pas de voix off, que ce soit la mienne ou celle d’un acteur, mais que les narrateurs soient les rappeurs. Pour une fois, personne ne parle à leur place. Finalement, tu finis par te détacher du fait que ce soit des artistes pour t’attacher à leur personnalité. Dans le documentaire, tu n’as pas l’impression de parler avec YL mais plutôt avec Yamine (son vrai prénom, NDLR). Avec « Terrain », c’était important aussi de donner la parole aux habitants, aux présidents d’association… Ce qui a été dur, c’est que j’ai tout fait toute seule. J’avais très peu de moyens, je n’avais que trois micros à chaque fois. C’est moi qui cadrait, qui faisait l’interview et qui montait.

On m’a reproché qu’il n’y ait pas assez de femmes dans le documentaire. La scène rap n’est pas très féminine. Mon documentaire n’en est que le reflet.

Céline M’Sili, réalisatrice du documentaire « Terrain ».

Qu’est-ce que tu as voulu raconter ?

L’objectif, c’était de donner une autre image du quartier. Les dealers et les bicraveurs sont souvent vus comme les infréquentables. Personnellement, les personnes les plus cultivées que j’ai rencontrées étaient des dealers parce que ce sont des mecs curieux et qu’ils doivent faire passer le temps donc ils se renseignent. Ils sont réduits à des mecs pas très intelligents alors qu’ils sont conscients de ce qu’ils font. J’ai voulu montrer qui ils étaient. Je ne voulais pas non plus enjoliver le quartier. Il fallait passer par un hall parce que ça fait parti de leur quotidien. J’étais contente que Ninho dise que le bedo (sic) a un impact sur leur vie et que tu peux rester bloqué au quartier à cause de ça. C’est le seul à me l’avoir dit et ça nuance le propos. 

Il y a plusieurs scènes que j’avais imaginé et que j’ai dû laisser tomber. Je voulais voir Rim’k et AP dans un bistrot échanger à propos du quartier. Je devais aussi avoir Maes. La scène devait être très forte. On avait prévu qu’il retourne voir son co-détenu en prison à Villepinte. C’est là où il a écrit son album. Il voulait lui ramener son disque d’or et lui remettre en personne. La veille, les surveillants de la prison ont annulé. Ils ne voulaient pas que Maes rentre. Ensuite, il est parti au Maroc et je n’ai jamais eu le temps de le faire. 

Pourquoi as-tu choisi d’aller tourner en prison ? 

La prison est l’une des étapes du jeu. Chaque personne qui vit au quartier sait que la case prison est une possibilité et il faut en avoir conscience. Si tu choisis la rue, tu ne pourras pas ne pas y passer. Je voulais que ceux qui ne l’ont pas encore vécu comprennent ce que c’est. C’était important d’aller à la rencontre des détenus. Lorsque je me rends en prison en Belgique avec Isha, l’atmosphère est pesante parce que tout le monde était derrière les barreaux à nous regarder. Les peines étaient très longues. Pour certains, nous étions leur première visite depuis dix ans. Ils m’ont mis tout de suite à l’aise parce que la prison est devenu leur maison. C’est presque plus triste mais il y avait une résignation. Ils étaient souriants, comme s’ils étaient apaisés. 

Ils n’avaient pas le désespoir dans leurs yeux que j’ai pu observer à la maison d’arrêt de Villepinte, qui a été le plus grand moment d’émotion. Lors de la conférence sur la réinsertion, les détenus m’ont brisé le cœur. J’ai senti un appel à l’aide et un besoin d’avoir de l’espoir. À Nice avec Marwa Loud, à l’inverse, les détenus étaient là pour s’amuser. C’était un super moment. On m’a reproché qu’il n’y ait pas assez de femmes dans le documentaire. La scène rap n’est pas très féminine. Mon documentaire n’en est que le reflet. Et puis, il y a une femme à la réalisation, donc je compte pour dix (rires). 

Il y en aura peut-être plus dans la saison 2 qui devrait se faire sur le même format, sauf qu’on ne parlera pas du quartier. Je ferai toujours parler les rappeurs mais d’un autre thème. J’aimerais aussi mettre plus de riverains et de personnalités du quotidien. 

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3 questions à… Raphaël Da Cruz, journaliste rap et auteur du podcast « Du béton aux nuages, la saga du rap français » 

Présenté par la radio Mouv’, le podcast « Du béton aux nuages, la saga du rap français » est sorti lundi 27 septembre. Un documentaire audio qui retrace les origines et l’ascension du rap en France à travers ses grands mouvements, nourri par des entretiens inédits et des archives, raconté avec la voix de l’animateur Pascal Cefran. Les trois premiers épisodes sont déjà disponibles avec comme invités IAM, Solo (ex-Assassin), Rocca (La Cliqua), Zoxea (Les Sages Poètes de la Rue) ou encore Oxmo Puccino, Fabe et Expression Direkt. Pour comprendre la conception du podcast, Mosaïque a posé trois questions à son auteur : Raphaël Da Cruz, journaliste rap pour la radio Mouv’, Booska-p et l’Abcdr du Son.

Comment le podcast « Du béton aux nuages, la saga du rap français » est-il né ?

La radio Mouv’ m’a suggéré de leur fournir une idée de podcast et je leur ai proposé de raconter l’histoire du rap français selon ses mouvements et ses courants de musique. Le projet est né au début de l’année dernière mais à cause du confinement j’ai commencé à vraiment mettre les mains dedans à l’été 2020. En avançant dans la production des épisodes, on s’est rendu compte qu’il y avait des défauts, alors on a fait appel à Éric Lancien, un réalisateur de Radio France. Il a magnifié notre boulot et il m’a donné des idées de montage. Ça a donc été beaucoup plus vite à partir de mars 2021. C’est aussi à ce moment-là que s’est débloquée l’interview d’IAM, très importante pour les premiers épisodes. On a ensuite choisi de l’appeler « Du béton aux nuages » parce que ça reprend l’idée de l’élévation, le rap qui part d’en bas mais aussi la dimension sociale. L’arrivée dans les nuages sous-entend la consécration. Ça rappelait aussi la tendance du cloud rap. C’est une grande joie que ça sorte enfin !

C’est un projet très ambitieux. J’ai fait des études d’histoire avant et j’ai essayé d’utiliser ça pour dessiner une trame, un peu comme un historien.

Raphaël Da Cruz pour Mosaïque

Quelles méthodes de travail as-tu utilisées pour reconstituer le plus fidèlement possible la chronologie de l’existence du rap en France ?

C’est un projet très ambitieux. J’ai fait des études d’histoire avant et j’ai essayé d’utiliser ça pour dessiner une trame, un peu comme un historien. J’ai fait appel à ma mémoire, ce que je savais déjà avec des articles que j’avais pu lire il y a longtemps. J’ai repris des livres sur NTM, la biographie d’Akhenaton… Pour MC Soolar, on avait déjà fait un gros dossier pour l’Abcdr du Son sur son deuxième album « Prose Combat ». Je me suis aussi appuyé sur le documentaire « Rap Attack » sur le rap français réalisé en 2002 par Chimiste, un beatmaker membre du groupe de La Cliqua. Les interviews que j’ai faites au fur et à mesure m’ont beaucoup guidé. Le passage dans le premier épisode où je parle de la Radio 7 (une radio jeune lancée par Radio France en 1980, NDLR), c’est venu en discutant avec Sydney, le premier rappeur français. Et je me suis plongé dans des archives de l’audiovisuel français public avec l’aide des documentalistes de l’INA (l’Institut National de l’Archive, NDLR). Pour un artiste comme MC Solaar qui a été énormément interviewé dans les années 1990 c’était plus simple. Mais pour aller chercher des passages sur NTM où on parle d’émeutes, ou sur le meurtre d’Ibrahim Ali par exemple (Un jeune rappeur marseillais abattu d’une balle dans le dos par des colleurs d’affiches du FN en 1995, NDLR), il fallait piocher les bons extraits. C’est un travail vertigineux… J’ai eu des périodes de doutes face à tout ce que je devais gérer, mais l’expérience m’a beaucoup plu et elle s’est concrétisée.

Les trois premiers épisodes sont déjà disponibles, que peut-on attendre des prochains ?

La série va s’étaler sur onze épisodes et les trois suivants vont sortir pendant le premier trimestre 2022. On travaille toujours dessus. Pour le numéro 4, on va parler de l’âge d’or du rap français, avec les cartons commerciaux de collectifs comme le Secteur Ä et la Mafia K’1 Fry. L’épisode 5 sera consacré aux groupes et aux artistes qui ont été en rupture avec ce mouvement, comme La Caution et La Rumeur. Enfin, le sixième volet sera porté sur les superstars du rap français en solo, comme Diam’s, Soprano, Rohff ou Booba. On va faire en sorte que ça puisse continuer de parler à tous, que ce soit les auditeurs plus âgés à qui ça va rappeler des souvenirs ou les plus jeunes qui aiment cette musique et qui veulent découvrir le pourquoi du comment. L’évolution du rap, c’est un jeu de dominos. C’est important de pouvoir tout mettre en perspective. 

Retrouvez le podcast « Du béton aux nuages, la saga du rap français » produit par la radio Mouv’ sur toutes les plateformes de streaming et l’application Radio France.

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3 questions à… Unfamouslouie

Unfamouslouie commence à faire des prods en 2016. Lorsqu’il arrive à Paris, il développe son réseau auprès des rappeur.se.s et propose ses compositions par voie de mail qu’il parvient « à gratter ». Lassé d’envoyer des messages sans réponses, il décide alors de ne plus compter que sur lui-même et se lance dans la réalisation d’un projet à son nom avec l’appui du studio 386 Lab : « FOREVER UNFAMOUS », disponible depuis le 3 septembre 2021. Dix titres et de nombreux.se.s invité.e.s avec entre autres La Fève, S.Téban, Loveni, ou encore Jeune LC

Pour découvrir son EP, Mosaïque a posé trois questions à Unfamouslouie.

Comment t’es venu l’idée de « FOREVER UNFAMOUS » ? 

Je pense que mon projet vient de l’incompréhension que peuvent provoquer mes productions. J’ai vachement conscience du fait que ma musique n’est pas évidente. Et je me rends compte que tout le monde n’a pas envie de rapper là-dessus. Donc je me suis dis, si c’est un EP qui vient de moi, peut-être que les gens vont vouloir entrer dans mon univers plus facilement.

Quand il s’agit de musique, je suis un dictateur. Je ne veux rien laisser au hasard. 

– Unfamouslouie pour Mosaïque


Pourquoi as-tu choisi de rester anonyme ?

Ce que j’aime, c’est la musique. Je ne cherche même pas à ce que ça marche. En interview, je ne me retrouve pas dans l’idée de répondre à des questions indiscrètes qui ne sont pas forcément en lien avec mon travail. Peut-être qu’un jour, je déciderais de montrer ma tête et d’en dire plus mais pour le moment je veux laisser mon son parler. C’est un besoin, une passion. Un peu comme au football. Je donne tout à ce sport alors que je sais que je ne serai jamais professionnel. Et puis, je suis aussi très attaché à mon indépendance. À la base, un label voulait m’accompagner pour la distribution du projet, mais à deux mois de la sortie, je leur ai dit que, finalement, je voulais tout faire tout seul. J’aime bien tout gérer. Même la cover, c’est moi qui l’ai faite. Quand il s’agit de musique, je suis un dictateur. Je ne veux rien laisser au hasard. 

Comment as-tu choisi les artistes qui posent sur chacun des dix morceaux ? 

Les gens sur cet EP, ce sont des artistes qui savent rapper à la base, qui sont issus de l’école des années 2010 mais qui sont aussi très forts artistiquement. Un gars comme La Fève, il peut tout faire, tu le mets sur une prod old school, il la découpe ! Jeune LC et Loveni, ce sont des rappeurs que j’écoute depuis 2014 avec Bon Gamin (collectif de rap formé en 2006 et composé du producteur Myth Syzer et des rappeurs parisiens Ichon et Loveni, NDLR). J’en parlais à Loveni et je l’ai remercié parce que c’est grâce à eux et à Ateyaba que j’ai continué dans le rap français. Si le projet s’appelle « FOREVER UNFAMOUS » (À jamais inconnu, NDLR), c’est parce que si tu tends l’oreille pour écouter ce que font les artistes présents sur l’EP, tu te rendras compte qu’ils n’ont rien à envier aux mecs qui sont sur le devant de la scène.

Ma mentalité dans la musique est en lien avec le nom de mon projet. Si ça vous plaît pas, je continuerai et si vous voulez partager, c’est avec grand plaisir ! Beaucoup m’ont dit ressentir la sincérité des morceaux ainsi que le travail. C’est le meilleur compliment qu’on puisse me faire. Jusqu’à la veille de la sortie, je tremblais, je me disais : « Imagine un artiste te demande d’enlever le son parce qu’il ne l’aime plus » (rires). C’est un stress de A à Z mais quand ça sort et qu’on te félicite pour ton taf, ça fait trop plaisir.

Retrouvez l’EP « FOREVER UNFAMOUS » d’Unfamouslouie sur toutes les plateformes.