Unfamouslouie commence à faire des prods en 2016. Lorsqu’il arrive à Paris, il développe son réseau auprès des rappeur.se.s et propose ses compositions par voie de mail qu’il parvient « à gratter ». Lassé d’envoyer des messages sans réponses, il décide alors de ne plus compter que sur lui-même et se lance dans la réalisation d’un projet à son nom avec l’appui du studio 386 Lab : « FOREVER UNFAMOUS », disponible depuis le 3 septembre 2021. Dix titres et de nombreux.se.s invité.e.s avec entre autres La Fève, S.Téban, Loveni, ou encore Jeune LC.
Pour découvrir son EP, Mosaïque a posé trois questions à Unfamouslouie.
Comment t’es venu l’idée de « FOREVER UNFAMOUS » ?
Je pense que mon projet vient de l’incompréhension que peuvent provoquer mes productions. J’ai vachement conscience du fait que ma musique n’est pas évidente. Et je me rends compte que tout le monde n’a pas envie de rapper là-dessus. Donc je me suis dis, si c’est un EP qui vient de moi, peut-être que les gens vont vouloir entrer dans mon univers plus facilement.
Quand il s’agit de musique, je suis un dictateur. Je ne veux rien laisser au hasard.
– Unfamouslouie pour Mosaïque
Pourquoi as-tu choisi de rester anonyme ?
Ce que j’aime, c’est la musique. Je ne cherche même pas à ce que ça marche. En interview, je ne me retrouve pas dans l’idée de répondre à des questions indiscrètes qui ne sont pas forcément en lien avec mon travail. Peut-être qu’un jour, je déciderais de montrer ma tête et d’en dire plus mais pour le moment je veux laisser mon son parler. C’est un besoin, une passion. Un peu comme au football. Je donne tout à ce sport alors que je sais que je ne serai jamais professionnel. Et puis, je suis aussi très attaché à mon indépendance. À la base, un label voulait m’accompagner pour la distribution du projet, mais à deux mois de la sortie, je leur ai dit que, finalement, je voulais tout faire tout seul. J’aime bien tout gérer. Même la cover, c’est moi qui l’ai faite. Quand il s’agit de musique, je suis un dictateur. Je ne veux rien laisser au hasard.
Cover du projet « FOREVER UNFAMOUS ». Crédit : Unfamouslouie.
Comment as-tu choisi les artistes qui posent sur chacun des dix morceaux ?
Les gens sur cet EP, ce sont des artistes qui savent rapper à la base, qui sont issus de l’école des années 2010 mais qui sont aussi très forts artistiquement. Un gars comme La Fève, il peut tout faire, tu le mets sur une prod old school, il la découpe ! Jeune LC et Loveni, ce sont des rappeurs que j’écoute depuis 2014 avec Bon Gamin (collectif de rap formé en 2006 et composé du producteur Myth Syzer et des rappeurs parisiens Ichon et Loveni, NDLR). J’en parlais à Loveni et je l’ai remercié parce que c’est grâce à eux et à Ateyaba que j’ai continué dans le rap français. Si le projet s’appelle « FOREVER UNFAMOUS » (À jamais inconnu, NDLR), c’est parce que si tu tends l’oreille pour écouter ce que font les artistes présents sur l’EP, tu te rendras compte qu’ils n’ont rien à envier aux mecs qui sont sur le devant de la scène.
Ma mentalité dans la musique est en lien avec le nom de mon projet. Si ça vous plaît pas, je continuerai et si vous voulez partager, c’est avec grand plaisir ! Beaucoup m’ont dit ressentir la sincérité des morceaux ainsi que le travail. C’est le meilleur compliment qu’on puisse me faire. Jusqu’à la veille de la sortie, je tremblais, je me disais : « Imagine un artiste te demande d’enlever le son parce qu’il ne l’aime plus »(rires). C’est un stress de A à Z mais quand ça sort et qu’on te félicite pour ton taf, ça fait trop plaisir.
Retrouvez l’EP « FOREVER UNFAMOUS » d’Unfamouslouie sur toutes les plateformes.
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En français / In French
Ce vendredi 25 juin 2021, le rappeur irlandais Kojaque sort « Town’s Dead », son premier album avec lequel il entend conquérir le monde depuis le confort de sa maison d’enfance. Produit lors du premier confinement, ce projet de seize titres raconte l’histoire d’un triangle amoureux qui se déroule le soir du nouvel an. En réalité, ce thème va lui servir de toile sur laquelle il peint une image plus vaste de l’Irlande, de sa capitale Dublin, et des problèmes auxquels sa génération a été confrontée.
Le mois dernier, nous avons eu l’occasion d’échanger avec le rappeur ainsi qu’avec Brién, le producteur phare du projet, Célia Tiab, une chanteuse originaire de Lyon alignée sur trois titres de l’album, et Oscar Torrans, son directeur artistique, en visioconférence pour entrer dans les coulisses de l’élaboration du projet.
Juin 2020. Le monde entier semble profiter d’un bout de liberté après des longs mois de confinement. Kojaque, de son côté, s’est rendu à Berlin afin de présenter les prémices de son premier album « Town’s Dead » lors d’une session pour les studios COLORS. Après plus d’un an d’absence, il signe son grand retour en performant le titre Shmelly, doté d’une nouvelle coupe excentrique et d’une énergie plus frénétique qu’auparavant. Cette apparition lui a permis de s’ouvrir à un public plus large et de leur présenter un nouvel univers, des nouvelles ambitions ainsi que le début de l’histoire qui va donner vie à son premier album « Town’s Dead », sorti ce vendredi 25 juin 2021.
Il y a sept ans, alors qu’il a 19 ans, le cœur du jeune Kojaque est brisé par un chagrin d’amour, quelques jours avant de se rendre à sa soirée du nouvel an, dans sa ville natale de Dublin. Pour l’artiste, cette expérience lui a servi d’inspiration : « Il y avait pas mal de trucs dont je voulais parler comme la perte et l’amour, un amour qui prend le contrôle sur toute ta vie. » Inspiré par la discographie de Kendrick Lamar, il décide de raconter cette histoire sous la forme d’un album conceptuel. Il nous explique que « c’était comme écrire un livre, toutes les chansons ont servi de chapitres à ce livre ». Ainsi, le projet ressemble davantage à une exploration du quotidien d’un jeune irlandais qu’à une balade musicale de soixante minutes.
Parmi les récits retracés, certains reviennent de façon récurrente. C’est notamment le cas de l’anecdote où Kojaque tente d’acheter de la drogue et se retrouve au sol, roué de coups à la tête. « J’ai voulu créer un genre de monde qu’on pourrait écouter pendant une heure, oublier tout ce qui se passe d’autre, puis, en le réécoutant, découvrir d’autres petites infos et des nouvelles parties de l’histoire qu’on aurait pas capté au début », nous explique-t-il. Un souci du détail qui va même jusqu’au titre de l’opus : « Town’s Dead », une expression couramment entendue à Dublin. Le directeur artistique du projet, Oscar Torrans, nous précise : « Town est le centre-ville, donc si tu sors la nuit en ville et qu’il n’y a rien à faire, alors “Town’s Dead » (la ville est morte, NDLR). »
Crédit : DR.
Toutefois, la décomposition de la ville, comme le laisse entendre le titre, n’a pas été subite, mais est plutôt le résultat d’un déclin progressif s’étalant sur plusieurs années : « La crise financière mondiale de 2008 a fait éclater une bulle en Irlande et c’est notre génération qui a le plus souffert », nous raconte Oscar Torrans. À tel point que le délabrement économique de Dublin et de l’Irlande est l’un des thèmes principaux de l’album. À plusieurs reprises lors de notre échange, Kojaque exprime sa frustration à l’égard de son pays et de sa ville d’origine : « L’Irlande semble être une punition, ça ressemble parfois à de l’auto-flagellation et même si tu pars, t’as l’impression de trahir les gens. »
Un mécontentement ressenti dans le milieu de la culture, en raison du peu d’espace qui leur est attribué : « Toutes les boîtes de nuit et les espaces underground qui jouaient de la bonne musique ont été fermés et remplacés par des hôtels », précise Oscar Torrans. Mais également en raison du manque d’opportunités pour les jeunes artistes du pays : « C’est si arriéré. Il y a un tas d’écrivains et de musiciens irlandais que le gouvernement adore citer pour chaque discours mais comment peuvent-ils prétendre savoir ce qui est important culturellement alors qu’ils étouffent les opportunités pour la nouvelle génération d’artistes ? », raconte Kojaque, « soit les jeunes quittent le pays, soit ils sautent d’un pont. »
Crédit : DR.
Malgré ce sentiment d’amertume, l’artiste semble vouloir s’assurer que sa musique mette son identité irlandaise en avant. Même la coupe de cheveux qu’il arbore, mi-blond, mi-brun foncé, évoque une pinte de Guinness, la boisson alcoolisée traditionnelle en Irlande. « Les Irlandais sont très revendicateurs », nous a affirmé Célia Tiab qui est en featuring sur l’album, « J’ai déjà entendu Kojaque dire : “ici c’est pas la scène UK, on est Irlandais !” ». Cela a aussi résonné chez Oscar Torrans : « Tous les trucs auxquels il fait référence dans ses textes, et moi dans mes visuels, proviennent de nos origines dublinoises. » Le directeur artistique s’est ainsi assuré que la pochette du projet réponde à cette demande d’affirmation irlandaise : « J’ai opté pour l’idée d’un enterrement et puis j’ai recherché tout un tas de traditions irlandaises intéressantes, les flammes qu’on aperçoit sur le W de Town’s Dead font référence aux trois châteaux en feu qui sont sur le blason de la ville. »
Pour le rappeur, l’esthétique de son album est motivé par sa passion pour l’art visuel plutôt que par un besoin de promotion : « On n’a qu’une seule chance de présenter une chanson et je vois ça comme un défi de lui accorder une nouvelle vie, un nouveau contexte, un nouveau sens en y attachant une image. » Cette dévotion montre une certaine polyvalence artistique, ressentie tout au long de l’album : « Il y a beaucoup de sons différents, mais pour moi, ça sonne harmonieux… Si tu retrouvais mon iPod d’il y a dix ans et que t’appuyais sur aléatoire, voilà ce que ça donnerait. » Brién, producteur de six morceaux sur l’album, nous a fait part des diverses ambiances qui ont imprégné le studio pendant les séances d’enregistrement : « On avait l’impression de pouvoir passer d’un morceau latino, à un morceau punk, à un truc plus doux. »
Au cours des cinq ou six dernières années, Kojaque a eu le temps de définir sa musique comme une composition créative couronnée de cohérence. Cependant, même s’il souhaite faire de sa musique une expression sincère de lui-même, il n’a pas pu échapper à la catégorisation de sa musique dans les médias qui lui auraient collé l’étiquette de soft boy (gentil garçon, NDLR) depuis la création de son label Soft Boy Records avec des amis à lui. « Ce qui m’a le plus affecté c’est que certains ne se faisaient même pas leur propre avis en écoutant ma musique, ils lisaient seulement ce qui avait déjà été écrit par quelqu’un d’autre. » Il affirme que « les gens ont déjà leurs idées préconçues et ils aiment bien qu’on y corresponde. Si on se limite aux vieilles manières de faire les choses qui marchaient auparavant, on réussira jamais à se renouveler. »
Crédit : DR.
Ce besoin de reconnaissance découle de sa volonté de précision et de justesse dans son travail. Selon ses différents collaborateurs, s’il a une idée précise en tête, il est prêt à tout pour qu’elle aboutisse. Brién, son producteur, nous raconte « qu’il s’amuse beaucoup tout au long du processus de création mais il se laisse rarement distraire ». Célia Tiab, quant à elle, le perçoit « un peu comme le Magicien d’Oz, il réunit toutes les bonnes personnes pour faire les bonnes choses, toujours de manière pertinente ». Le rappeur tranche : « En vrai, la musique est quand même un bon catalyseur d’amitiés, je trouve ça surtout important de s’entourer de bonnes personnes, c’est aussi simple que ça. »
Pour Kojaque, il est tout aussi essentiel de bien s’entourer que d’avoir du bon goût en termes d’influences. Des influences parfois tournées vers la Belgique : « J’ai découvert Claire Laffut à un festival à Genève et j’ai aussi vu Hamza à un festival à Paris avec une meuf qui me l’avait vendu comme le plus gros artiste français. » D’ailleurs, une des chansons les plus émouvantes de l’album a été influencée par un musicien français. En effet, No Hands sample Computer Dreams de Michel Polnareff. « J’suis tombé dessus il y a 6 ans sur YouTube. J’ai découpé la première partie pour recréer le son funèbre du vieux piano Rhodes (une marque de piano, NDLR), je ne pensais pas que j’allais obtenir les droits du sample mais il me fallait absolument ce son, c’est ce qui faisait tout le morceau. »
Brién, le producteur phare du projet. Crédit : DR.
Quant aux durs souvenirs du suicide de son père évoqués par ces notes de piano, il nous a partagé que : « Devoir faire face au suicide à un si jeune âge ça t’affecte. Nos parents ont un impact sur nous que ça soit par leur présence ou par leur absence mais, en vieillissant, j’ai su en parler et ça s’est amélioré. » Il finit en avouant que « le sentiment que j’ai eu en écrivant le morceau pour la première fois n’est pas le même que celui que j’ai maintenant, mais là, j’ai surtout hâte de le jouer en live à Dublin même si je vais surement chialer (rires). »
Lorsqu’on lui demande ce qu’il compte faire après avoir tenté de ressusciter sa ville mourante, la réponse de Kojaque illustre l’ambition qui le caractérise : « Mmmh laisse-moi y réfléchir… sa mère, pourquoi pas être nommé aux Grammys ? » Il conclut en souriant : « Je veux tous les avoir ! (rires), j’ai trop travaillé pour ne pas être récompensé. »
La réalisation de la cover
La pochette de « Town’s Dead » a été réalisée par le directeur artistique Oscar Torrans. Il raconte point par point les étapes de son travail.
Découvrez-les en cliquant sur les animations ci-dessous. Activez le son pour mieux profiter de l’expérience. Cliquez en bas à droite pour mettre en plein écran.
En anglais / In English
On Friday, June 25th, 2021, Irish rapper Kojaque will release ‘Town’s Dead’, his first album, with which he plans to conquer the globe from the comfort of his childhood home. Produced during lockdown, the 16-track piece tells the story of a love triangle that occurs on New Year’s Eve. In practice, though, this theme is a canvas on which he paints a broader picture of Ireland, its capital Dublin, and the issues that his generation are facing.
Last month, we had the opportunity to speak via video with the rapper, as well as Brién, the project’s lead producer, Célia Tiab, a singer from Lyon whose voice can be heard on three of the album’s tracks, and Oscar Torrans, the project’s artistic director, to go behind the scenes of the project.
June 2020. The whole world seemed to be reveling in the small amount of freedom they had been granted after months of lockdown. Kojaque, on his part, traveled to Berlin to preview his debut album « Town’s Dead » at a session for COLORS in their studios. After more than a year’s absence, he made his comeback with Shmelly, sporting a new hairstyle with a frantic energy to match. This appearance has allowed him to gain exposure to a wider audience and present them with a new universe, grander ambitions and the beginning of the story that will give life to his first album ‘Town’s Dead’, released this Friday, June 25th, 2021.
Seven years ago, at the age of 19, the young Kojaque’s heart is broken, a couple of days before a New Year’s Eve party in his hometown of Dublin. This event sparked the inspiration for the artist’s project: « There were a lot of topics I wanted to talk about like loss and love, a love that takes over your whole life. » Inspired by Kendrick Lamar’s albums, he chose to tell this story through the form of a concept album. He explained that « it was like writing a book, all the songs served as chapters to that book« . As a result, the project sounds more like an exploration of a young Irishman’s daily life than a sixty-minute musical ballad. Among the stories told, some of them occur repeatedly. One example is when Kojaque tries to buy drugs and ends up on the ground, battered and covered in blood.
« I wanted to create a kind of world that you could listen to for an hour, forget everything else that’s going on, and then, when you listen to it again, discover other little bits of information and new parts of the story that you wouldn’t have picked up on at first« , he explains. This attention to detail even extends to the title of the album: « Town’s Dead », an expression commonly heard in Dublin. The project’s artistic director, Oscar Torrans, explains: « Town for us is the city center, so if you go out at night in the city and there’s nothing to do, then ‘Town’s Dead’.”
Image Credits: All Rights Reserved.
However, the city’s decay, as the title suggests, wasn’t sudden, but rather the result of a gradual decline over a number of years: « The global financial crisis of 2008 burst a bubble in Ireland and it was our generation that suffered the most« , explains Oscar Torrans. So much so that one of the album’s main themes is the economic downturn of Dublin and Ireland. Throughout our conversation, Kojaque conveys his frustration with his home country and city: « Ireland feels like a penance, sometimes like self-flagellation and even if you leave, you feel like you’re betraying people« .
This discontent is particularly felt in the cultural sector due to a shortage of space: « All the nightclubs and underground venues that played good music have been closed and replaced by hotels« , states Oscar Torrans. But equally, due to a lack of opportunities for the country’s young artists: “It’s so backwards, there are a lot of Irish writers and musicians that the government loves to quote for every speech, but how can they claim to know what’s culturally important when they’re strangling opportunities for the next generation of artists?« , Kojaque tells us, « Young people either leave the country or they go jump in the river. »
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Despite this feeling of bitterness and anger, the musician wants to guarantee that his music reflects his Irish identity. Even his half-blonde, half-dark brown haircut is reminiscent of a pint of Guinness, Ireland’s traditional beer. « The Irish are quite vociferous« , Celia Tiab, who appears on the record, remarked. « I’ve heard Kojaque say: ‘This isn’t the UK scene, we’re Irish!’” Which also resonated with Oscar Torrans: “All of Kojaque’s lyrical references and all of my visual references come from our Dublin roots« . The art director also made sure that the album’s cover art met this demand for Irish affirmation: « I went with the idea of a funeral and then I looked for a bunch of interesting Irish traditions« , he says, « The flames on the W of Town’s Dead are symbolic of the three burning castles on the town’s coat of arms. »
For the rapper, the album’s esthetic is motivated by his passion for visual art rather than a need for promotion: « You only get one chance to present a song and I see it as a challenge to give it a new life, a new context, a new meaning by attaching an image. » This dedication demonstrates a certain artistic versatility, which can be heard throughout the album: « There are a lot of varied sounds on it, but to me it sounds harmony… If you found my iPod from ten years ago and pressed on shuffle, this is what it would sound like. » Brién, producer of six tracks on the album, informed us of the various moods that permeated the studio during the recording sessions: « it felt like we could go from a Latin tune, to a punk track, to something softer…” Over the past five or six years, Kojaque has had time to define his music as a unique concoction of creative coherence.
However, even if he wants his music to be a sincere expression of himself, he hasn’t been able to escape the categorisation of his music in the media who have, according to the rapper, labelled him as a ‘soft boy’ since the creation of his label Soft Boy Records with his friends. “What affected me the most is that they didn’t even have to listen to my music to make up their own opinion. All they had to do was read what someone had already written about me.” He feels that « people have their preconceptions and will always try to box you in but I feel that if we limit ourselves to the old ways of doing things that used to work, we will never be able to reinvent ourselves« .
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This need for acknowledgement comes from his desire for precision and accuracy in his work. According to his various collaborators, if he has a specific idea in mind, he will do everything to make it happen. Brién, his producer, tells us that « he has a lot of fun during the process but rarely gets distracted« . Célia Tiab sees him “a bit like the Wizard of Oz, he brings all the right people together to do the right things, always in the right way« . The rapper makes a point of saying that “music is a good catalyst for friendships, I just find it important to surround yourself with good people, it’s as simple as that.”
For Kojaque, surrounding yourself with the proper people is equally as important as having good taste in influences. Influences sometimes turned towards Belgium: « I discovered Claire Laffut at a festival in Geneva, and I also saw Hamza at a festival in Paris with a girl who sold him to me as the biggest artist in France. » Moreover, one of the album’s most moving songs was influenced by a French musician. No Hands samples Michel Polnareff’s Computer Dreams. « I discovered it on YouTube six years ago. I chopped up the first half of the song to recreate this haunting sound of the old Rhodes piano (a piano brand). I didn’t think we’d clear the sample but I needed it so badly, the sound kinda makes the song.”
Brién, the project’s lead producer. Image Credits: All Rights Reserved.
The song deals with the sensitive subject matter of his father’s suicide which is evoked by those piano notes. Kojaque shared with us that « having to deal with suicide at such a young age affects you, your parents impact you whether by their presence or by their absence, but as I got older I knew how to talk about it and it got better”. He finishes by admitting that « the feeling I had when I first wrote the song is not the same as the one I have now but I’m looking forward to playing it live in Dublin even though I’ll probably cry (laughs) ».
When asked what he plans to do after trying to resurrect his dying city, Kojaque’s response illustrates his characteristic ambition: « Mmmh, let me think about it… f**k it, why not add a few Grammys to my name? » He concludes, with a smile: « l want all of them ! (laughs), I’ve worked too hard to not be recognized.”
The artwork for the album’s cover
Oscar Torrans, the artistic director, designed the cover for ‘Town’s Dead.’ He guided us step by step through the different stages of his work.
Click on the animations below to learn more about them. Turn on the sound to get the most out of the experience. Click the bottom right corner of the screen to see it in full screen mode.
Luidji confiait récemment à Mehdi Maïzi vouloir s’ouvrir à des sujets importants et moins personnels dans sa musique. Encore faut-il se guérir de ses maux qu’il nous livrait sur son premier album « Tristesse Business : Saison 1 ». Avec « Boscolo Exedra », l’heure serait-elle venue pour Luidji de sortir la tête hors de l’eau ?
Sur son premier album, Luidji se montre tiraillé entre deux femmes : sa copine et son amante. Une situation qui le plongera dans un abîme de désespoir. Alors qu’il entame une nouvelle relation, Luidji veut changer de décor et invite sa nouvelle flamme à passer l’été sur la Côte d’Azur.
C’est d’abord au Rouge, une boîte parisienne qui donne son nom au deuxième morceau de l’EP, qu’il fait cette nouvelle rencontre. Lassé de sa vie à la capitale : « J’en peux plus du Vapiano de porte de Bercy » (Sirène), Luidji s’exile à Nice avec son idylle du moment. Au programme : fête foraine de Bandol et détente au Boscolo Exedra, un hôtel de luxe de la ville doté d’une piscine rooftop.
Un retour à l’eau
Avec ces vacances sur la côte, l’artiste cherche à se rapprocher de la mer. Un thème omniprésent sur « Tristesse Business : Saison 1 ».
Sur son album précédent, Luidji compare son amante à une sirène, dont le chant séducteur a causé son naufrage. Il reprend cette métaphore aquatique pour décrire sa nouvelle partenaire. C’est aussi le titre du troisième morceau de l’EP, sur lequel il multiplie les références à l’eau. L’artiste volatile explique à sa nouvelle sirène qu’il ne souhaite pas rester bloquer dans un bocal avec elle, tels deux poissons qui tournent en rond inlassablement. Un refus de l’engagement, qu’il murmure à la fin du morceau : « J’aimerais qu’on s’aime, seulement pour le week-end. »
Luidji en profite aussi pour se remémorer sa solitude passée, sur le fleuve de ses émotions : « J’étais tellement solo sur le radeau » (Sirène). Une figure qu’il évoquait d’ailleurs sur son opus précédent, dans le titre Nazaré.
Mais l’eau n’est pas le seul fil conducteur entre ses deux projets. Le nom d’Erzulie, divinité vaudou de la beauté, revient également. Une appellation que le rappeur utilisait pour qualifier son amante du premier album, avec qui il trompait sa copine. Sur « Boscolo Exedra », il explique vouloir faire de sa nouvelle compagne, sa nouvelle Erzulie (Mauvaise Nouvelle).
Un contre-flux
Luidji montre aussi une évolution par rapport à son premier album, tant dans le fond que dans la forme. Musicalement, les apparitions discrètes d’Astrønne et de Nemir sur le projet laissent sous-entendre que le rappeur est prêt à s’ouvrir à des collaborations extérieures, après avoir raconté son histoire très personnelle sur « Tristesse Business : Saison 1 ».
Il s’agit seulement d’un premier palier pour l’artiste qui se guérit pas à pas de ses maux. Sans être des featurings évidents, il invite ces artistes à placer des ad-libs derrière son chant.
Crédit : DR.
L’histoire racontée sur son dernier album est une saison épisodique, alors que celle-ci ne dure que pour une seule saison estivale. La courte durée de cette relation est expliquée dans le morceau Manège, où Luidji explique qu’il ne compte pas entretenir cette relation plus longtemps, par peur de replonger dans ses mauvaises habitudes.
Tout au long du projet, on l’entend aussi répéter différentes phases tels que : « Mauvaise nouvelle, si jamais le démon tourne autour d’elle, j’arrive dans sa vie je fous le bordel »,ou encore : « Quand j’te follow, j’ai pas b’soin d’un follow back, ni d’un DM, ni d’un like. » Ces phrases font offices de maximes qu’il se force à répéter afin d’éviter de retomber dans ses travers relationnelles avec les femmes.
Sur le dernier morceau du projet : Boscola Exedra, Luidji se remémore ce voyage amoureux avec sa sirène. Il semble finalement avoir replongé dans ses anciens vices lorsqu’il insiste sur le côté matérialiste de cette relation : « Je l’aimais bien mais j’ai horreur de faire le domestique donc elle repart avec un demi SMIC en cuir bleu ciel, gravé Lancel. Son premier sac mais c’est déjà ça, je sais qu’elle ne m’oubliera pas. »
Sur l’outro de « Boscola Exedra », Luidji discute avec la même femme présente sur l’intro de Veuve Cliquot, une vieille amie de son père, qui lui propose de suivre une thérapie afin de se débarrasser de ces problèmes relationnels. Suivra-t-il sa thérapie sur son nouvel album ?
Avec son EP « London Class », le rappeur dépeint la capitale britannique sous tous ses aspects. Brutale et romantique, la ville défile sous nos yeux avec Knucks pour chauffeur.
Cover du projet « London Class ». Crédit : Rezalom.
La série raconte l’histoire de Park Sae-ro-yi, un jeune étudiant qui entre dans un nouveau lycée. Lors de son premier jour, il frappe l’un de ses camarades, Jang Geun Won, pour défendre un élève qui se faisait harceler. Mais la brute s’avère être le fils du PDG Jang Dae Hee. Ce dernier dirige le restaurant Jangga dans lequel est employé son père. Le directeur exige des excuses auprès de son fils mais Park Sae-ro-yi refuse. Ce refus entraîne l’exclusion de son lycée et le licenciement de son père.
Peu de temps après, le père de Park Sae Roy meurt dans un accident de moto causé par Jang Geun Won. Pris d’un accès de rage et de colère, Park Sae Roy bat violemment Jang Geun Won. Il est arrêté et condamné à la prison pour agression violente. Lors de sa sortie, il décide de venger son père en créant son propre restaurant : Itaewon Class.
Knucks voit dans ce restaurant la métaphore de sa carrière : « La morale que j’ai retenu de cette série, c’est qu’il faut toujours rester fidèle à ses valeurs et ses principes », explique-t-il à Complex.
Si le nom du projet est inspiré d’une série coréenne, l’ensemble de l’EP est un produit britannique. Pour entraîner l’auditeur dans les rues de Londres, Knucks s’est inspiré de films anglais pour mieux représenter sa ville. Sur l’introduction de l’album « New London » – Intro et les deux interludes Enugu – Skit et Meet the Family – Skit, le rappeur a intégré deux extraits de films : « Legend » et « Coup de foudre à Notting Hill ». Les deux oeuvres représentent deux facettes opposées de la vie londonienne. Sombre et lumineuse.
Affiche du film « Legend ».
« Legend » relate l’histoire des jumeaux Kray, des gangsters à Londres dans les années 60. Les interludes évoquent la volonté des frères de mettre Londres sur la carte et de fonder une ville au Nigeria. Knucks revendique ainsi sa propre aspiration à faire rayonner sa ville, mais aussi celle d’être connu au Nigeria, le pays de ses parents.
Affiche du film « Coup de foudre à Notting Hill ».
Dans un tout autre registre, « Coup de foudre à Notting Hill » est une comédie romantique dans laquelle un bibliothécaire londonien tombe amoureux d’une actrice américaine connue. Knucks l’utilise pour montrer le côté plus tendre de la ville. L’extrait lui sert de transition pour le prochain morceau Duchess, dans lequel il raconte une des ses propres histoires d’amour.
Londres et ses injustices
Knucks parle d’amour mais n’oublie pas la brutalité de la capitale. Sur Know Your Worth, précédé de l’interlude Under Class – Skit, il évoque les injustices subies par la communauté noire, chez lui et ailleurs dans le monde. L’interlude met en avant les propos d’Akala, un rappeur et activiste anglais, qui explique que les noirs ont été réduits à une sous-classe dans la société britannique.
A la suite de l’Interlude, Knucks illustre ces injustices par ses propres expériences de racisme dans Know Your Worth. Elles sont mises en parallèle avec la mort récente de George Floyd. Pendant 8 minutes et 46 secondes, un policier blanc s’est agenouillé sur l’homme, causant sa mort. Ce laps de temps est aussi le titre de la vidéo de Dave Chappelle, humoriste américain qui est revenu sur la mort de George Floyd. Une vidéo que reprend Knucks dans sa chanson.
London & co
A travers ses influences et ses collaborations, « London Class » transmet l’énergie de la ville. Inspiré par la chanteuse Sade, les productions et les samples de Jazz accompagnent les 12 titres de l’album.
Knucks et Sam Wise. Crédit : LUCERO.
L’influence de la ville se ressent aussi à travers les collaborations de l’album. Sur Standout, Knucks forme un duo avec son confrère londonien Loyle Carner. Sur Fxcked Up, il raconte son enfance à Londres avec Sam Wise, du groupe House of Pharaos.
A travers cet album, Knucks démontre son attachement à sa ville. Un environnement qui l’a construit mais aussi abîmé. Londres est brutale et romantique, Knucks, lui, est un narrateur hors classe.
[vc_row][vc_column][vc_column_text]Il y a un peu plus d’un an, Luidji sortait la tête de l’eau avec son album « Tristesse Business, Saison 1 ». Au cours de cette croisière musicale, l’artiste nous invite à plonger dans son projet pour mieux baigner dans son univers. Le thème de l’eau rythme l’album, bercé par les flots tumultueux d’un triangle amoureux.
« Puisse mon premier album guérir vos maux, comme il a guéri les miens », annonce Luidji à la sortie de « Tristesse Business. Saison 1 ». Le projet se présente comme une thérapie de dix-huit titres au cours desquels l’artiste nage en eaux troubles, attiré par le chant des sirènes. Du début à la fin du projet, le rappeur sombre dans les abymes de l’amour. L’eau est alors salvatrice, comme il l’expliquait à l’Abcdrduson :
« Le sound design autour de l’eau, c’est une métaphore autour de l’histoire du disque. Tu vois la dame qui parle dans l’intro de Veuve Clicquot ? C’est une amie de mon père. On a beaucoup discuté à l’époque où toute cette histoire m’était arrivée et elle m’avait dit que, pendant mes vacances dans le sud avec mes potes, je devrais plonger dans l’eau. À chaque fois que je remonterais à la surface, je laisserais une partie de mes problèmes dans l’eau. C’était comme une cure, et en effet, à chaque fois que j’allais dans l’eau, je me sentais archi-bien. »
Alors que le premier titre (Agoué)s’ouvre sur la voix d’un homme se disant « desséché de l’intérieur », le morceau se conclut sur le bruit d’un plongeon. Avec ce projet, Luidji « quitte le navire » et se jette à l’eau. Il se glisse donc dans la peau d’une divinité marine : Agoué. Figure de la mythologie vaudou, Agoué est le dieu protecteur de la mer. Il entretient une relation avec la Sirène, mais aussi avec la divinité Vaudou de la beauté, Erzulie. Deux créatures auxquelles Luidji s’identifie et qui le feront chavirer. Comme Agoué, il est tiraillé par deux femmes dont l’amante Erzulie, qui donnera son nom à l’interlude du projet, dans lequel il semble se noyer. Elle semble la cause de son naufrage, lui, qui a cédé à l’appel séducteur de son chant : « Il a seulement suffit d’un grain d’sable, pour enrayer la mécanique, devenue instable » (Femme flic). La sirène s’affiche donc sur la pochette de l’album, dont les couleurs et la composition rappellent la plage.
Cette même sirène lui annonce qu’elle est enceinte au croisement des titres Néons rouges et Belles chansons. Cette révélation, et les problèmes qu’elle engendre, plonge Luidji dans une déprime qui l’empêchera d’écrire et de faire de la musique pendant longtemps.
Cover de l’album « Tristesse Business – Saison 1 ».
Nazaré, neuvième des dix-huit pistes de l’album, fait office de transition. Le morceau marque un tournant, illustré par la voix féminine à la fin du titre qui lui explique : « À partir du 22 janvier, tu entres dans un autre espace-temps ». La première vague est passée et l’a emporté avec elle : « Emporté par ce genre de vagues, j’ai sacrifié ma vie pour attraper ce genre de vagues ».Nazaré est une ville au Portugal, réputée pour ses vagues impressionnantes, qui en font un endroit privilégié des surfeurs. Sur le morceau suivant (Erzulie), interlude du projet, il tente donc d’éviter la noyade. Lui qui a dû, « tout redessiner comme Pablo, la femme assise sur la plage » (Nazaré). En février 1937, Pablo Picasso peint « Femme assise sur la plage », qui détone par la disproportion du corps et des volumes. Le visage est impersonnel. Cette femme peut être n’importe laquelle, mais aussi celle qui mène Luidji à sombrer : « l’âme qui coule vers des niveaux toujours inférieurs » (Système).
Pablo Picasso, Femme assise sur la plage, 10 février 1937
Dans la deuxième partie de l’album, Luidji tente donc de remonter à la surface. Il retrouve la sensation du Vent d’hiver et a « pris le temps d’apprendre à dompter ma vague, et j’aperçois l’infini, loin de ce bonheur insipide ». L’horizon semble se dessiner pour l’artiste qui aperçoit le rivage qu’il nous montre dans le clip du morceau suivant : Tu le mérites.
Alors que les visuels de la première partie de l’album montraient une piscine, notamment dans le clip de Christian Dior, Luidji dévoile cette fois un rivage. La piscine qui peut rappeler sa relation classique et de routine avec sa copine, s’oppose au rivage, qui ferait référence à sa liaison avec Erzulie, plus naturelle, sauvage et tumultueuse. L’artiste semble alors sur la voie de la guérison et prend donc le temps de saluer ceux qui l’ont aidé : « Avec respect quand j’salue mes gars, car je sais que j’touche les mains qui m’ont sorties de l’eau » (Veuve Clicquot).
Tout au long du projet, Luidji nous embarque pour un voyage sentimental, plongé dans les flots tumultueux de ses relations amoureuses. Il a survécu aux chants des sirènes et a rejoint le rivage… pour cette fois. Le rappeur nous donne rendez-vous pour un nouveau voyage en eaux troubles, avec la saison 2 de « Tristesse Business ».[/vc_column_text][/vc_column][/vc_row]