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La sélection Mosaïque 2021 : les compositeurs

Derrière les machines se cachent des technicien.n.e.s du son et des penseur.se.s musicaux. En composant des instrumentales sur-mesure, il.elle.s subliment le talent artistique des rappeurs. Certains ont d’ailleurs été particulièrement remarquables en 2021. Mosaïque livre sa sélection des compositeurs de l’année.


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Kosei, pilier de l’underground

L’homme derrière le boom de l’année se nomme Kosei. Co-signant la tape « KOLAF » avec La Fève en 2020, il a su s’entourer de la crème des new-comers (Khali, MadeInParis, Realo ou Tejdeen) pour imposer sa patte trap psychédélique et être un nom de l’underground du rap français. Son style teinté de bounce et de claviers divers n’est pas sans rappeler l’univers des beatmakers trap du milieu des années 2010 à la Métro, TM88, Ikaz Boi ou Myth Syzer.

Après avoir conquis la nouvelle scène, il s’est tourné vers des MC plus confirmé.e.s du jeu. Lala &ce, Slimka, Dimeh et Guy2Bezbar. La « ERRR » tape ne s’est pas non plus privée de ses services. Certes, le jeune producteur n’est plus en cosign, mais il a pu livrer trois tracks à La Fève dont le percutant LONERRR. Si son style signature est une trap planante, Kosei a prouvé qu’il ne se limite pas à des bangers de soirée rap. Dans Bonbon (Khali), VOITURE SPORTIVE ou RAT INTERLUDE (La Fève), le compositeur propose même parfois des mélodies aux accents « Kanyesques ». Kosei attendait 2021, 2022 attend désormais Kosei et pourrait le placer haut dans la hiérarchie des meilleurs producteurs français.

– Max Thomas

Skread, l’architecte de « Civilisation »

Comment ne pas associer le succès de « Civilisation » au compositeur Skread ? Si Phazz a grandement participé à la production de l’album, il demeure le chef d’orchestre de cet opus devenu le plus vendu en France en 2021, toute musique confondue. Une performance commerciale encore jamais vue dans le rap français à l’ère du streaming. Cerise sur le gâteau, le documentaire « Ne montre jamais ça à personne », qui a accompagné la sortie, a également levé le voile sur l’importance de son rôle auprès d’Orelsan. Véritable tête pensante, directeur artistique pragmatique et conseiller précieux. Une reconnaissance nouvelle pour lui qui a vu ses abonné.e.s sur Instagram grimper de 30.000 à 110.000 abonnés après la sortie de la série de six épisodes diffusée sur Amazon Prime.

Sur le disque, Skread livre des productions modernes en jouant avec les codes de l’électro, de la drill, mais aussi du disco. Un savant mélange qui prend forme sur les titres Ensemble ou L’odeur de l’essence dont les basses grésillantes ont secoué le mois de novembre. 2022 ne sera pas moins mouvementé pour le Normand aux manettes de la tournée hors-norme d’Orelsan. Elle s’achèvera en mars prochain avec cinq dates successives à l’Accor Arena. Pharaonique.

– Thibaud Hue

Guapo du Soleil, compositeur versatile

L’année 2021 sonne comme celle de la confirmation pour Guapo du Soleil. Sa polyvalence lui a permis de toucher plusieurs générations et de placer pour des artistes confirmé.e.s et émergent.e.s. À l’arrivée, les certifications sont de plus en plus sérieuses. En témoigne ses disques de platine et de diamant décrochés avec Aya Nakamura et Gambi. Ce jeune homme du Val-de-Marne est capable de composer des bangers avec des productions légères aux ambiances club qui oscillent entre respect des conventions et innovation.

Cette double tendance créative se manifeste dans des prods aux rythmiques chaudes et acoustiques formatées pour le top 50, mais aussi dans des textures plus glaciales et synthétiques rappelant les plus belles heures de la 808 Mafia. Des 808 compressées de Pyrex Whippa aux rimshot dansants (une technique de batterie) de DJ Khaled, Guapo du Soleil séduit et semble ne pas cliver. Proche de la scène émergente et du studio Avlanche, il a également composé pour les projets de Chanceko, DMS et Sonbest avec qui il s’élève depuis des années.

– Cédric Rossi

Dioscures, l’âme de « Ciela »

Après avoir achevé sa collaboration avec Laylow pour l’album « Trinity », Dioscures sort son projet « Ciela » en février 2021. Petit chef d’œuvre de composition, il s’accompagne d’artistes tels que Wit, Laylow, Madd ou encore le duo Dame Civile pour signer l’un des projets les plus marquants de l’année. Une fois cette page tournée, Dioscures s’associe à d’autres beatmakers et DJs pour créer le label Coast-Nation dont le premier single Block est sorti en novembre dernier.

Artiste à fleur de peau et magicien des 808, Dioscures a notamment eu l’occasion de collaborer cette année avec Squidji sur le très bon morceau Chanel Bag ou encore sur HELP !!! de Laylow. 2021 est pour Dioscures l’année de l’envol en solitaire, privilégiant désormais sa carrière solo aux collaborations en tant que beatmaker sur des albums ici et là. Sa singularité dans le paysage du beatmaking français et le succès de « Trinity » ont inscrit son nom au palmarès des beatmakers les plus talentueux du pays, lui offrant une voie royale vers un succès mérité.

– Cyprien Joly

Prinzly, toujours aux manettes

Toujours aussi engagé auprès de la scène belge, Prinzly continue de tracer sa route. Embarqué dans l’aventure « QALF » depuis plusieurs années, il lui fallait d’abord finir le travail auprès de Damso. Auteur sur la majorité des morceaux du double album, il signe neuf titres sur la partie « Infinity ». Des mois enfermés dans un studio avec le rappeur qui ne l’ont pas empêché de briller sur d’autres projets. Hamza ne pouvait se passer de lui pour développer de la drill sur les quatorze titres de « 140 BPM 2 ». Résultat, Prinzly place sur quatre sons, toujours en compagnie de son compère Ponko, et notamment sur la percutante introduction PTSD. Hamza que le compositeur accompagne souvent sur ses featurings, autant sur WINDOW SHOPPER PART. 1 avec Laylow, que sur Gossebumps avec Larry.

Pour lui, c’est aussi l’année des nouveaux défis. Avec Ponko (encore), Paco Del Rosso, Saint DX, Dioscures, Ikaz Boi, Sofiane Pamart et Benjay, il entoure le jeune Squidji sur la production de son premier album « Ocytocine ». Cet escadron de musiciens chevronnés tire sur l’artiste une couverture pop mélancolique, taillée sur-mesure pour sa proposition qu’il revendique comme du « RnB noir ». Au mois d’avril dernier, nous nous étions rendus à la première écoute du projet à Paris. L’interprète nous avait accordé une interview exclusive et confié quelques mots à propos de Prinzly : « Depuis qu’il(s) m’accompagne(nt), j’ai pris en maturité. Il(s) me donnent beaucoup de conseils. Prinzly, je le vois vraiment comme un grand reuf. » À la sortie, l’opus est remarqué et score 1.129 équivalent ventes dès la première semaine. De la réussite main dans la main, artiste et producteur sur un même pied d’égalité.

– Thibaud Hue

Mention spéciale : Loubensky

2020 avait été plus calme pour Loubensky, mais le multi-instrumentiste est de retour aux affaires. Et comment ne pas mieux démarrer l’année qu’avec un placement sur le banger Réel d’Hamza, en featuring avec Zed, hit de « 140 BPM 2 ». Puis, après un passage chez Eddy de Pretto et Gims, il s’immisce dans le projet de Vladimir Cauchemar « Brrr EP ». ll signe ainsi avec le producteur une instrumentale en duo signée Encore.

Mais la fête ne fait que commencer pour Clément Loubens. Il croise ensuite pour la première fois la route de Slimka et de Loveni. Il livre alors Intro TV et Cassim Sall pour le premier, MTV pour le deuxième. Et alors que l’été montre le bout de son nez, c’est avec Laylow qu’il croise le fer. Aligné sur cinq morceaux de « L’étrange Histoire de Mr. Anderson », dont SPÉCIAL et IVERSON, il participe au succès retentissant du deuxième album du rappeur toulousain. C’est aussi l’année des retrouvailles. S’il n’avait plus collaboré avec Ichon depuis 2018 et la Nova Grünt Tunes, les deux hommes collaborent sur deux tracks de la réédition de « Pour de vrai ». Enfin, à cette longue liste, s’ajoute aussi une participation à « OFFSHORE » de Edge. Loubensky co-produit le single porteur du projet, Schémas monotones, avec Johnny Ola. Haut en couleur.

– Thibaud Hue


Mosaïque

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La sélection Mosaïque 2021 : les révélations

En 2021, quelques noms, pour certains encore presque inconnus des auditeur.trice.s, se sont faits entendre. Certain.e.s ont affiché des statistiques remarquables sur les plateformes de streaming. D’autres ont rempli des salles de concert avec une rapidité fulgurante. Ces artistes sont des révélations. Ils.elles viennent de passer un premier cap sérieux dans leur carrière et doivent désormais répondre aux attentes ou confirmer. La rédaction de Mosaïque vous livre sa sélection des révélations de l’année.


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Benjamin Epps, uppercut de velours

Arrivé dans le paysage du rap français à la fin de l’année 2020 avec son EP « Le Futur », Benjamin Epps a profité de 2021 pour étoffer son répertoire et s’imposer comme l’un des rappeur.se.s à suivre de ces prochaines années. Avec son projet « Fantôme avec chauffeur », concocté avec l’aide du Chroniqueur Sale, le rappeur fait étalage de ses capacités. Flows kickés, punchlines percutantes et trashtalking sur des instrumentales boom-bap dépoussiérées, Epsito remet au goût du jour une certaine manière de rapper tout en s’inscrivant dans son époque. 

En plus de son dernier EP, l’auteur de Dieu Bénisse les Enfants s’est révélé à travers de nombreuses collaborations. Dinos, Vladimir Cauchemar, Selah Sue… Dans un featuring avec Zesau, il s’est essayé à la mélodie, rajoutant ainsi une nouvelle corde à son arc. Le MC originaire du Gabon ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. Il devrait dévoiler son premier album dans l’année. Dans un entretien accordé à Mosaïque, entre deux répétitions dans la salle du FGO-Barbara à Paris (18e arrondissement), il confiait : « J’enregistrerai l’album à New York. Une semaine pour écrire les titres qui me manque et une autre pour tout enregistrer. Je veux avoir le mood, le grain, New York quoi ! Il me faut un studio qui a déjà accueilli des légendes pour avoir cet esprit là. »

– David Geenen

Ziak, noir c’est noir

2021. Les portes de la drill francophone sont enfoncées à coup de bottes renforcées. Ziak, lui, choisit de faire sauter le verrou avec la puissance d’un bélier. « Akimbo » insuffle un vent de fraîcheur électrique sur la scène française. D’influence britannique, le rappeur d’Évry déploie ses flows sur des productions aux breaks compulsifs. Il plonge l’auditeur dans une ambiance sombre et saillante. L’atmosphère ténébreuse trouve un écho dans les messages véhiculés : construction personnelle dans des milieux difficiles, course au paraître, poids de la société sur les désillusions d’une jeunesse enragée.

Le talent de Ziak repose sur sa faculté à prendre du recul sur cette situation. À ce niveau, Prière sonne comme un véritable aveu de repentance où le jeune artiste confesse ses erreurs passées. Dans une scène drill en pleine expansion, Ziak apporte une proposition concrète, novatrice. Tant les variations de tempo au sein de ses morceaux paraissent maîtrisées.

C’est d’ailleurs ce que confirmait en exclusivité le compositeur Focus Beatz à Mosaïque, auteur de sept prods sur le disque : « Après avoir écouté le morceau Fixette, je me suis dis qu’il y avait moyen que ça pète pour lui. Le flow, l’attitude… Il était différent. Il s’est réapproprié les codes de la drill UK. Artistiquement, je savais que ça allait aboutir. » À l’instar du guérisseur russe Raspoutine auquel Ziak fait souvent référence, le nouveau poulain du label Millenium pourrait bientôt être convié à la table des rois.

– Maxime Guillaume

Joanna, l’amour à grandes doses

Elle avait déjà été remarquée grâce à ses morceaux Séduction (2018) et Pétasse (2019). En 2021, Joanna s’est présentée à un plus large public avec « Sérotonine ». Un premier album qui installe un univers à fleur de peau où les mélodies cotonneuses contrastent avec les mots incisifs. En amont de la sortie du disque, l’artiste rennaise avait rencontré Mosaïque. Elle expliquait vouloir écrire l’histoire de « beaucoup de personnes qui commencent à flipper, à se poser trop de questions et à ne plus se faire confiance au moment où ils commencent à avoir des sentiments ».

« Sérotonine » parcourt les étapes des grands récits d’amour, de la rencontre au Goût de fraise à la lassitude qui se présente telle une Nymphe solitaire, en passant par la peur d’une Maladie d’amour. La poésie de Joanna ne s’embarrasse pas de respecter les frontières entre les genres, et l’autrice-compositrice jongle avec la pop, le RnB et même la trap dans Démons, sa collaboration avec Laylow. Un lyrisme qui devrait charmer de plus en plus d’auditeur.trice.s dans les prochaines années.

– Hong-Kyung Kang

So La Lune, le marathon 2021

Après une première mixtape couronnée de succès critique, So La Lune s’envole et signe une série d’EP. Le rappeur lyonnais originaire des Comores affirme son style et démarre l’année avec quatre projets : « Théia », « Satellite naturel », « Orbite » et « Apollo 11 ». La lune est partout, aussi bien dans ses titres de projets que dans sa musique, où on entend constamment « tsuki », qui signifie « lune » en japonais.

Son attirance pour cet astre, le rappeur l’explique par son mode de vie nocturne qu’il tente de traduire dans sa musique. Signé chez le label indépendant Low Wood, So La Lune s’est entouré de professionnel.le.s, venant faire taire les critiques qui pesaient sur ses textes sombres et sa voix aiguë auto-tunée. L’artiste a affiné sa trajectoire en 2021. Interrogé par Mosaïque en mai dernier, le rappeur le reconnaît : « Mes morceaux sont plus lisibles aujourd’hui. » Il clôture ainsi l’année avec « Failles », une suite de trois courts EP dans lesquels il mêle mélancolie et résilience. Pas besoin de faire de l’astrologie pour deviner que le succès du jeune rookie ne fait que commencer.

– Théo Lilin

Khali, une entrée fracassante

Tout au long de l’année, Khali paraissait aussi intouchable qu’insaisissable. D’une part, ses collaborations avec Malo, Chanceko et 99 se sont fortement distinguées sur la scène du rap underground. De l’autre, il a fait de sa créativité son principal atout avec son premier album « LAÏLA ». Sur ce projet, son troisième en deux ans, le rappeur bordelais a mis en musique ses états d’âme et la justesse de sa voix nasillarde.

Sur ses 11 titres, le rappeur prouve avoir passé un cap et confirme les attentes qu’il avait suscité à la sortie de son EP « Le tournesol » en 2020. Dans une année où la « new wave » a été une révélation pour grand nombre d’auditeur.trice.s, Khali est peut-être celui qui l’incarne le plus, malgré lui.

– Lukas Taylor

La Fève, l’audacieux

Il y a quelques semaines encore, les attentes et la pression étaient lourdes sur les épaules du jeune rappeur de Fontenay-sous-Bois. La Fève a su rentrer dans une nouvelle dimension en cette fin d’année avec une mixtape savamment préparée et adulée par la critique. Entré directement dans le top 10 des projets les plus streamés au monde sur Spotify lors de son démarrage, « ERRR » conclut une année en crescendo. Après une belle prestation sur « KOLAF », en septembre 2020, lui ayant permis de toucher un large public, Louis a su faire monter l’engouement autour de lui. Une ascension marquée par des apparitions toujours soignées. En featuring, comme sur le très bon Tous mes états avec J9ueve, mais aussi sur des projets collaboratifs de beatmakers comme ceux d’Unfamouslouie, du Blaze ou encore 99 & Wolfkid.

« Le fougueux » est sur tous les bons coups de l’année. Une progression qui se matérialise lors de la sortie de Mauvais payeur le 21 octobre 2021. Le single, produit par Demna, marque le grand retour de La Fève en solo. Les compteurs s’emballent. Le personnage s’installe. La « ERRR » tape n’est pas encore annoncée que son succès est déjà quasi-assuré. Deux mois plus tard, c’est avec un généreux 18 titres que La Fève vient chérir son public. Un projet riche et cohérent qui réussit à ne pas tomber dans la redondance grâce à des morceaux courts et à une grande variété de productions. Une mixtape maîtrisée de bout en bout qui le fait définitivement sortir des buissons de l’underground. 

– Robin Spiquel

Mention spéciale : Zamdane, le déjà révélé

Zamdane est-il une révélation de l’année 2021 ? Cette question a animé un débat passionné au sein de la rédaction de Mosaïque. Si le succès à grande échelle du Marseillais ne date pas d’hier, il vient de monter encore le niveau d’un cran. Révélé depuis son titre Favaro sorti en 2017, il était peut-être de ceux.celles sur qui la lumière est apparue trop tôt. 2,4 millions de vues sur l’un de ses premiers morceaux et la machine pensait être lancée. Après avoir dévoilé cinq freestyles Affamé en 2018, le jeune artiste prend une pause pour revenir en 2020. Reprenant alors quasiment de zéro, le jeune rappeur marocain revient avec d’autres intentions, de nouveaux flows, une nouvelle image. Et la métamorphose se concrétise réellement en 2021.

Avec une nouvelle façon de chanter et une écriture plus ancrée dans son quotidien, Zamdane trouve la combinaison parfaite pour faire passer de la mélancolie et dégager une sincérité qui lui est propre. Hayati, le freestyle Skyrock Le monde par ma fenêtre, ou plus récemment ses featurings avec la Fève, Dinos et JMK$ sont sûrement les morceaux les plus mémorables de Zamdane cette année. Son premier album sortira en 2022 et la tournée médiatique pour l’annoncer a déjà commencé. Le Marseillais tentera donc d’achever sa mue cette année avec un projet très attendu. Si son statut ne permet pas de le classer dans les Rookies Of the Year après ce qu’on peut considérer comme un faux départ, il ne fait aucun doute que le trophée de Most Improved Player (ce titre récompense le joueur ayant le plus progressé par rapport à l’année précédente en NBA, NDLR) est pour lui.

– Max Thomas


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« LAÏLA » – L’avis de la rédaction

Vendredi 21 mai 2021 sortait « LAÏLA », le premier album de Khali. Presque un an après son EP « Le tournesol », le rappeur bordelais dévoile une fresque colorée où se fracassent nostalgie et mélancolie. Un opus salué par la critique qui semble lui donner un rayonnement artistique nouveau. La rédaction de Mosaïque a planché sur ce nouveau projet et donne son avis.

« LAÏLA m’a fait le même effet que H24 d’Hamza »

À la première écoute, « LAÏLA » m’a fait le même effet que « H24 » d’Hamza à sa sortie : quelques secondes de doutes, suivies d’une longue série de claques et d’une envie constante de relancer l’album. Comme son homologue belge, Khali fait d’abord forte impression à travers sa voix. Unique, mélodieuse et sublimée par l’auto-tune, elle accompagne parfaitement des prods soignées sans jamais verser dans la monotonie. L’écriture, à la fois simple et poétique, et la structure du projet lui procurent une ambiance cohérente qui le rapproche presque d’un album concept. Chaque morceau fonctionne malgré tout indépendamment des autres, avec une mention spéciale à SIRÈNES, sans hésiter l’un des titres les plus efficaces de l’année, et à COULEURS qui introduit magnifiquement le disque. En onze morceaux, Khali varie suffisamment les flows, les sonorités et les thématiques pour porter presque seul un projet qui s’enchaîne avec facilité et se réécoute en boucle. Avec « LAÏLA », le rappeur expérimente et intrigue en laissant entendre qu’il a encore beaucoup à offrir. Personnellement, j’en reprends le plus tôt possible.

– Nathan Filiol

« Un projet cohérent mais difficile d’accès »

« Khali c’est quoi cette voix que tu prends quand tu nous exprimes ta douleur ? » Avec son premier album « LAÏLA », le rappeur bordelais crache ses tripes. Un onze titres mélodieux et poétique dans lequel Khali laisse vivre sa créativité pour dresser un autoportrait sincère, souvent triste. Musicalement, Khali fait sans aucun doute partie des artistes qui font évoluer les codes du rap. Voix aigüe et distordue, instrumentales oniriques, ad-libs presque démoniaques, sa musique sonne comme un exutoire. Un projet cohérent et prometteur qui reste cependant difficile d’accès. Sa voix et son interprétation sont autant des instruments qui lui permettent de se démarquer, que des freins pour un public non-initié. 

– Robin Spiquel

« Les compositeurs donnent sens à la voix joliment brisée de Khali »

Attendu au tournant après son EP « Le tournesol », le Bordelais a répondu présent. Le projet ne serait cependant pas le même sans des productions exigeantes. Avec Kosei en tête de l’escadron, les compositeurs donnent sens à la voix joliment brisée de l’artiste écorché. L’album porté par ses instrumentales illustre parfaitement la montée en puissance des beatmaker.euse.s sur la scène rap émergente. Désormais aussi importants et mis en avant que l’artiste, les musiciens de « LAÏLA » imposent leurs touches et se rendent indispensables à un premier album réussi. Des producteurs qui encadrent les espoirs de la future scène rap : La Fève, Tejdeen, Rounhaa, Slimka, MadeInParis, Sonbest ou encore Chanceko avec qui Khali partage le hit SIRÈNES. Le rappeur remporte le pari d’un album abouti, sans erreur grossière, en apportant un univers nouveau et maîtrisé.

– Lise Lacombe

« Avec son appropriation de la baby voice, un gimmick américain popularisé par le rappeur Playboi Carti, Khali accomplit quelque chose que peu de rappeurs français ont fait récemment. »

Lukas Taylor

« LAÏLA porte fièrement ses influences outre-Atlantique »

Depuis plusieurs années, le public rap francophone semble exhorter aux rappeurs un renouvellement du genre et un vent d’air frais, affranchi des codes requis pour réussir sur une plateforme de streaming. Face à cette demande, certains artistes, comme Khali, ont fait preuve de singularité pour atteindre de nouveaux sommets. Avec son appropriation de la baby voice, un gimmick américain popularisé par le rappeur Playboi Carti, Khali accomplit quelque chose que peu de rappeurs français ont fait récemment. « LAÏLA » est un projet qui porte fièrement ses influences outre-Atlantique, tout en réunissant une french touch et « des valeurs qui proviennent du Roc-ma ». Loin des morceaux drill maladroits que l’on a entendu l’année dernière dans l’Hexagone. Le tout couronné par des productions qui se dégustent comme un moelleux musical, tant mélodieux que morose, chaque titre offrant un échantillon des états d’âme de Khali. Un projet thérapeutique, non seulement pour le rappeur, mais aussi pour le rap des années à venir.   

– Lukas Taylor

Retrouvez « LAÏLA » de Khali dans la MOSA’Hit : le meilleur du rap francophone playlisté par la rédaction de Mosaïque. Abonnez-vous pour ne rien rater des nouvelles sorties. Disponible sur Spotify, Deezer et YouTube.

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La sélection Mosaïque du mois de mai

Au mois de mai, fait ce qu’il te plaît. C’est sur cette vague qu’on choisi de surfer Joanna et Squidji, en délivrant des albums concepts sur le thème de la relation amoureuse. Au même moment, les projets de Khali et L’Or du commun ont fait briller des univers authentiques sur des compositions sur-mesure. Enfin, Jewel Usain et ISK ont dévoilé un premier jet prometteur et détonant. La rédaction de Mosaïque vous livre sa sélection du mois de mai. Nota Bene : ceci n’est pas un classement.

« Sérotonine » – Joanna – 7 mai 2021

Quelques semaines après avoir téléphoné à Joanna pour évoquer le clip de Sur Ton Corps, diffusé sur Pornhub avec le duo star Leolulu, nous avons retrouvé la chanteuse en visioconférence pour parler de son projet « Sérotonine » sorti le 7 mai 2021. « Ce premier album m’a permis de faire un résumé de ma dernière relation et m’a équilibrée. J’avais besoin de définir tout ce qui se passait dans mon for intérieur et j’ai tout examiné », nous a raconté Joanna, en cherchant parfois ses mots.

À travers quatorze morceaux, l’artiste originaire de Rennes a monté un concept de toutes pièces : une histoire d’amour racontée de A à Z. En relevant le défi du storytelling, elle met en exergue des schémas relationnels qu’elle souhaite expliquer, comprendre et parfois déconstruire. Un premier album réussi où l’amour est perçu sous forme de cycle qui semble se répéter sans cesse et sans surprise, dans lequel le début inclut la fin et où l’amour rime souvent avec désamour. 

– Thibaud Hue

« Mode Difficile » – Jewel Usain – 7 mai 2021

Quand Jewel Usain décide de choisir le mode difficile pour réussir le jeu vidéo de sa carrière, il ne fait pas les choses à moitié. L’EP « Mode difficile » sorti le 7 Mai 2021 a toutes les qualités pour être considéré comme un album charnière. Aux côtés des producteurs Madka et Antoine Bodson, Jewel livre « le projet de [sa] ie-v ». Un featuring avec USKY, quelques morceaux storytellings et des transitions léchées nous plongent dans l’univers maintenant bien dessiné de l’artiste. Ce projet confirme que le rappeur souhaite s’installer confortablement sur la scène du rap français. Comme il le dit si bien dans le titre Paw patrol« J’connais mon but. »

– Amaël Coquel

« Avant la nuit » – L’Or Du Commun – 14 mai 2021

Avec une telle cover, le trio bruxellois annonçait la couleur. Entre rouge et bleu, folie et réflexion, rap et chant, Swing, Primero et Loxley semblent avoir trouvé le bon équilibre. Porté par un escadron de beatmakers et de musicien.n.e.s de renom, l’album s’articule entre morceaux rap et chansons lancinantes. Du crépuscule à la nuit, la plume toujours aussi bavarde de l’ODC varie les exercices de styles : textes à thèmes et réflexions plus vaporeuses. À la baguette, les producteurs PH Trigano et Phasm nous ont raconté les coulisses de la création musicale du projet, composé à huis clos dans un studio perché dans les Ardennes.

Avec Lous & The Yakuza, Zwangere Guy, Caballero et Roméo Elvis invité.e.s sur la tracklist, les Belges jouent en famille. Un opus soigné et réussi, même si certain.e.s pourraient reprocher un manque de prise de risque. Mention spéciale au morceau Inertie, à savourer allongé.e dans un bain chaud pour une écoute optimale. 

– Robin Spiquel

« LAÏLA » – Khali – 21 mai 2021

Si le mot « LAÏLA » était intégré au dictionnaire, il serait rangé près du mot « éclosion ». Avec ce projet de onze titres, accompagné d’une pochette aussi énigmatique que lui, Khali laisse transparaître la richesse de ses émotions tout en se démarquant de la scène rap française actuelle. Un pari réussi par le choix de productions dantesques. Les morceaux produits par Bloody et Kosei, en particulier, rappellent le travail des producteurs américains Wheezy et Mike Dean. Le résultat final sonne comme le fruit d’un travail mûrement réfléchi d’un artiste qui a pensé sa musique avant de délivrer son premier album. Permettra-t-il à cette nouvelle vague de rappeur.se.s français.e.s issu.e.s de Soundcloud, avec La Fève et Chanceko en prime, d’atteindre de nouveaux sommets ? « LAÏLA » laisse en tout cas croire au renouvellement du genre, porté par des univers aussi aboutis que celui de Khali.

– Lukas Taylor

« Vérité » – ISK – 28 mai 2021

Pour son premier album « Vérité » paru ce vendredi 28 mai, ISK a mis toute sa hargne et sa sincérité à l’ouvrage. Après avoir déjà démontré sa capacité à adopter un style plus mélodieux sur certains titres de sa mixtape « Le mal est fait », l’étoile montante du 77 (Seine-et-Marne) se montre encore plus à l’aise au chant qu’auparavant. Malgré tout, le rappeur cherche toujours des repères, en témoigne la tentative peu convaincante du morceau club Le billet. De Sofiane, Niro, Alonzo à Uzi en passant par Da Uzi, ISK parvient à servir un projet correct avec une liste d’invités intergénérationnel. Un premier jet encourageant.

– Yassine Ben Amor

« Ocytocine » – Squidji – 28 mai 2021

L’amour selon Squidji. Ce sentiment complexe qui régit nos liens est observé, exploré, questionné par l’artiste tout au long de ce troisième opus. Avec « Ocytocine », le rappeur de 22 ans mélange les univers et s’entoure d’artistes comme Josman, Lala &ce, Jäde ou encore Disiz La Peste. Un challenge qui porte ses fruits, notamment avec le morceau Cicatrices : une ode à toutes les femmes accompagnée par la voix mélodieuse de Lous & The Yakuza. Un titre touchant qui « évoque quelque chose de tabou », nous a-t-il confié dans l’intimité d’une cabine d’enregistrement après l’écoute de son projet.

Les différentes sonorités proposées par le rappeur, avec l’aide de beatmakers comme Ponko, Prinzly ou encore Paco Del Rosso, offrent une palette de couleurs variées, capable de transporter l’auditeur tout en restant cohérente. Ce troisième album peut être perçu comme quelques pages d’un journal intime dans lesquelles Squidji nous partage sa vulnérabilité avec A.M.O.U.R ou encore sa fierté mal placée avec INSTA. Un storytelling maîtrisé de bout en bout.

– Imane Lyafori

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