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« L’Étrange Histoire de Mr.Anderson » – L’avis de la rédaction

Vendredi 16 juillet 2021 sortait « L’Étrange Histoire de Mr. Anderson », le deuxième album de Laylow. Après le succès critique et commercial de « Trinity », érigé comme l’un des meilleurs projets de l’année passée, le rappeur toulousain signe son retour avec un opus concept. Une nouvelle histoire et un nouveau casting pour continuer de s’affirmer comme l’une des têtes les plus créatives du rap français. La rédaction de Mosaïque a planché sur ce nouveau projet et donne son avis.

« Une balade musicale avec un réel message politique »

Quelle performance du Lay. Seulement un an et demi après « Trinity », il a réussi à me surprendre par la complexité du projet. On ressent la volonté de placer la barre aussi haute que sur son dernier album et ça fait du bien de voir un artiste en vogue ne pas s’endormir sur sa notoriété. Parler de son histoire de manière aussi intime et crue était un vrai challenge. Une étrange histoire de jeunesse bien plus complexe que sa précédente relation avec une intelligence artificielle. Voilà qui explique sûrement une direction artistique moins cohérente mais pas moins intéressante que sur son dernier opus. Le storytelling reste quant à lui toujours aussi efficace, qu’il s’agisse de l’histoire globale du projet ou des tranches de vie racontées dans certains morceaux comme les somptueux VOIR LE MONDE BRÛLER et LOST FOREST. Côté featuring, l’alchimie est à la hauteur du casting. Damso et Hamza enflamment le début de l’album, quand Alpha Wann et Wit. apportent leur sens de la découpe. Beaucoup moins convaincu cependant par la prestation minimale de Nekfeu sur SPECIAL. Les interludes sont tout aussi pertinents et ces dialogues bruts viennent donner du relief et du sens. La dualité Jey / Mr. Anderson est assez bien exploitée et nous invite directement à la réflexion. Même si le discours de l’album, de croire en ses rêves, est finalement très classique et déjà bien abordé dans le rap, Laylow y apporte sa touche personnelle. Loin des grandes heures du rap conscient, cette balade musicale dans les souvenirs d’un jeune artiste transmet un réel message politique à ses auditeurs et auditrices : « Écoute toi ».

– Robin Spiquel

« Il aborde un sujet souvent négligé, celui des violences faites aux femmes »

Le nouvel album de Laylow offre une double lecture : « L’Étrange Histoire de Mr. Anderson » telle qu’elle apparaît dans les skits cinématographiques, puis la musique du projet. Sur le plan musical, le rappeur rayonne. Sa sélection de featurings montre une évolution notable par rapport à ses derniers jets avec un éventail diversifié d’artistes bien incorporés à son univers. Les sonorités des productions, elles, ne sont pas sans rappeler les têtes d’affiches du rap américain comme Kendrick Lamar et Travis Scott. Cependant, le fond de l’histoire et le traitement cinématographique qui lui est consacré sont, à mon avis, trop banals. Certains sketchs deviennent gênants, voire prétentieux. L’interprétation de Mr. Anderson fait d’ailleurs pâle figure à côté de celle de Trinity, sur son album du même nom. Cela dit, les titres demeurent excellents et se fient facilement aux réécoutes, même si j’ai dû faire abstraction de certains interludes. J’aimerais aussi souligner trois morceaux en particulier. HELP !!! qui aborde un sujet important souvent négligé par les rappeurs, celui des violences faites aux femmes, ainsi que les deux titres avec Hamza qui s’écoutent comme la bande originale d’un film de gangsters des années 1980 dans lequel le Bruxellois endosse avec aisance le second rôle, à la hauteur d’un Joe Pesci.

– Lukas Taylor

« L’outro UNE HISTOIRE ÉTRANGE clôture ce chapitre avec une morale qui n’est pas sans rappeler celle racontée dans Notes pour trop tard (« La fête est finie », 2017) par Orelsan. »

Imane Lyafori

« Jey révèle ici ses doutes et ses démons »

C’est l’histoire d’un jeune Toulousain qui se rêve en prodige du rap français. Pour cela, l’artiste de 28 ans se heurte à bon nombre d’obstacles en commençant par lui-même. Il expose les prémices d’un succès qui met du temps à être établi. Jey révèle ici ses doutes et ses démons qui le rongent dans la construction d’une carrière qu’il désire plus que tout autre chose. Mr. Anderson agit comme cette détermination qui ne cesse de le pousser à se dépasser. L’auditeur alterne alors entre le comportement parfois chaotique d’un Jey qui tente de voir le bout du tunnel, à l’image du morceau VOIR LE MONDE BRÛLER, et de son alter ego qui lui rappelle qu’il est SPECIAL. Un message qui résonne avec toutes celles et tout ceux qui bataillent pour faire entendre leurs voix et se créer leurs propres chemins. L’outro UNE HISTOIRE ÉTRANGE clôture ce chapitre avec une morale qui n’est pas sans rappeler celle racontée dans Notes pour trop tard (« La fête est finie », 2017) par Orelsan : l’important est de faire confiance au temps tout en ayant foi en soi. Ou comme dirait Laylow : « C’est ta façon de faire et c’est la meilleure au monde, juste parce que c’est la tienne, ma gueule… ».

– Imane Lyafori

« Laylow s’impose avec un album indéniablement inspirant »

En prenant des allures de Martin Scorsese pour Vogue, Laylow n’a pas trahi l’esthétique cinématographique de son album au casting d’exception. Toujours aussi exigeant, l’artiste toulousain livre un album ambitieux dont le scénario déborde presque un peu trop sur la musique et dont l’histoire personnelle et complexe se suit avec une facilité surprenante. Alors que pour son premier album, « Trinity », l’écriture et les sujets abordés me semblaient trop simples et monotones, Laylow a su donner une nouvelle dimension à son art en dénonçant des problèmes de société tels que les violences conjugales ou policières. En filigrane, il porte un message fort : suivre ses rêves. L’homme de l’année 2020 garde son statut en 2021 et s’impose avec un album indéniablement inspirant.

– Amaël Coquel

Retrouvez « L’Étrange Histoire de Mr.Anderson » de Laylow dans la MOSA’Hit : le meilleur du rap francophone playlisté par la rédaction de Mosaïque. Abonnez-vous pour ne rien rater des nouvelles sorties. Disponible sur Spotify, Deezer et YouTube.

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« don dada mixtape vol 1 » – L’avis de la rédaction

Vendredi 18 décembre sortait la « don dada mixtape vol 1 ». Le technicien Alpha Wann dévoile dix-sept titres autour desquels il réunit Nekfeu, Kaaris, Infinit ou encore Kalash Criminel… Tel un chef d’orchestre, il mène à la baguette une tracklist rap sans concession. Couleur Don Dada. La rédaction de Mosaïque a planché sur ce nouveau projet et donne son avis.

« Le projet respire une aisance déconcertante »

C’est avec une assurance nonchalante qu’Alpha Wann débarque en cette fin d’année sans rien avoir à prouver. Sans même essayer de l’être, la « don dada mixtape vol.1 » se place instantanément parmi les meilleurs projets de l’année. Projet sur lequel Philly Flingo fait le pari de proposer 17 morceaux. Un nombre souvent effrayant lorsqu’il est porté par d’autres artistes. Mais le rappeur a fait le choix judicieux de titres courts dont l’ensemble s’écoute en 46 minutes et 19 secondes. Le projet se montre très équilibré et respire une aisance déconcertante au regard de sa complexité technique. Alpha Wann redonne sens au format de la mixtape tout en imposant son attitude. Une stratégie payante puisque le projet cumule plus de 13 000 exemplaires vendus en trois jours. À l’image de l’artwork de la très belle pochette réalisée par Rægular, le cavalier Phily Flingo ne fait que passer mais en brûlant tout sur son passage. 

– Lise Lacombe

« Alpha Wann a sorti le grand jeu »

Dans l’ombre depuis tant d’années, Alpha Wann brille désormais. Revenant à l’essentiel avec l’utilisation de minuscules pour le nom de ses titres. Épaulé par certaines productions fracassantes, comme celle de FREAKEY! sur fahrenheit 451, Alpha Wann a sorti le grand jeu sur cette mixtape avec des collaborations aussi sensées que surprenantes. L’artiste a eu l’audace de réunir avec justesse plusieurs de ses proches ainsi que des nouvelles révélations comme Veust et Ratu$, mais aussi des grosses têtes d’affiche du rap français comme Kaaris, Freeze Corleone et Kalash Criminel. La meilleure collaboration reste san andreas entre Nekfeu et Lesram, rappeur malheureusement oublié depuis la fin du Panama Bende. Sur ce projet, Alpha réaffirme sa place parmi les meilleurs rappeurs français. Tout en se faisant le trait d’union entre plusieurs courants du rap français.

– Lukas Taylor

« Des prestations de la plus épurée à la plus sombre »

Il suffit de regarder la flamboyante cover réalisée par Rægular pour comprendre l’âme du projet. Ce premier volume nous offre des prestations de la plus épurée avec mitsubishi à la plus sombre avec ny a fond. 17 titres, 12 rappeurs différents dont un Alpha Wann qui ne cesse de s’améliorer : « Je suis là pour passer un stade ». Une écoute très intense qui ravira tous les aficionados de rap sans fioriture. Comme il le dit si bien dans carrelage italien : « C’est mieux d’s’hydrater parce que là, ça va être du sale ». Sans hésiter, la « don dada mixtape » est un des coups de cœur de l’année.

– Amaël Coquel

« La qualité en guise de promotion »

Alpha Wann définit bien le crédo de cette « don dada mixtape », sortie en indépendant. Le boss de l’écurie dévoile un projet éclectique, marqué par des featurings et solos variés, truffés de lyrics marquantes. La mixtape joue parfaitement son rôle de promoteur de label, mettant en lumière des artistes moins connus du grand public. Entre quelques piques salées à Skyrock, des featurings déjà anthologiques (aaa, ny à fond) et des démonstrations techniques signées Philly Flingo, le projet conclut brillamment cette belle année musicale. La qualité en guise de promotion. Une mixtape qu’on a déjà hâte de digérer afin d’en tirer de plus concrètes analyses. Mention spéciale : trapchat pour l’ambiance, aaa pour la connexion Flingue & Feu, fahrenheit 451 pour les références culturelles.

– Jules Careau

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« Sundance », le dernier héritage de Népal

Avec la participation d’un collaborateur anonyme.

« Sur une idée originale de Népal »…. Avant de partir, Népal a laissé une dernière oeuvre à accomplir : le clip de son morceau Sundance, réalisé par Syrine Boulanouar. Avec le rôle principal, Nekfeu rend ainsi un dernier hommage à son ami. Le clip retrace le parcours d’un artiste raté et se lit comme un dernier héritage laissé par Népal, dans lequel chaque détail compte. 

Un clip d’auteur 

«Du lundi au sunday, bloqué dans ma tête / Ma vie, c’est un film de Sundance, des fois il s’passe R », répète inlassablement Népal. À l’image du morceau, le clip est porté par un rythme lent, qui fait écho à la vie monotone et réglée du personnage principal. De ce fait, il ne se passe rien. Le clip de Sundance propose une contemplation de la vie d’un artiste passé à côté de ses rêves et qui travaille dans une station-service.

Népal a voulu mettre en scène Nekfeu dans le rôle d’un employé de station service. Détail qui peut paraître anodin mais qui porte une symbolique forte : alors que son travail consiste à aider les gens à avancer, lui est coincé dans son quotidien répétitif. De la même manière, alors que la caméra avance, tous les plans qui se succèdent sont fixes et le protagoniste immobile.

La démarche fait écho au festival de film Sundance, duquel est issu le titre du morceau. Ce festival américain promeut des films indépendants, souvent perçus comme des productions lentes et plus proches du réel. Népal reste cohérent avec ce qu’il incarne : il met en avant des films qui se tiennent loin de l’industrie et des codes attendus. Le clip porte en lui une dimension cinématographique très forte. Le décor y est minimaliste, les plans dénués d’artifices mais avec une composition précise, qui fait la beauté des images.

Népal réincarné

Le clip regorge de références et d’hommages discrets au rappeur. Il s’ouvre sur un plan de Nekfeu dans son lit recroquevillé dans une couverture Tortue Ninja.

Or, Népal avait utilisé le surnom de « Grandmaster Splinter », en référence au Maître Splinter, le senseï des Tortues Ninja,  pour partager une série de medleys qui regroupait des freestyles. Plus tard dans le clip, un enfant se pare du masque de Maître Splinter, ravivant alors l’âme de l’artiste. Le temps d’un instant, l’enfant se fait le symbole d’un Népal réincarné. Il regarde directement la caméra et rappelle cette capacité de Népal à percevoir ce qui est invisible pour les autres. 

La réincarnation sous la forme d’un enfant masqué peut aussi être interprété comme une manière qu’avait Népal de voir le monde. Toujours derrière son masque, le rappeur hypersensible percevait une réalité invisible pour les autres, comme les enfants qui n’ont pas encore intégré le monde adulte et ses réalités parfois brutales. Dans le plan, il est le seul à regarder la caméra de face, comme si le monde allait dans un autre sens que le sien.

Dans ce sens, il semblerait que le clip confronte Népal et ce-dernier, qui se retrouvent face à une multitude de reflet. Une similitude s’établit entre eux : ils se ressemblent, se comprennent.

À 1:26, on aperçoit un « Daruma », posé sur la table derrière Ken Samaras. Un daruma est une figurine de papier mâché japonaise qui a la forme d’un moine bouddhiste. Cette figurine est aussi un objet à vœux, chance et prospérité. Or, le fait qu’un œil sur deux soit coloré comme c’est le cas pour celle-ci, indique que le rêve du protagoniste n’est pas encore accompli. Ken Samaras a échoué à réaliser ses rêves.

Par ailleurs, le chiffre 4 est présent partout dans le clip : sur l’uniforme de travail de l’employé de service, sur la plaque d’immatriculation de la voiture, mais aussi sur les compteurs d’essence de la station service. Or, ce chiffre est souvent interprété comme synonyme de fatalité dans la culture asiatique, notamment au Japon. On parle même de « tétraphobie » comme étant la peur du chiffre 4. Il est souvent associé à la mort. Une interprétation qui pourrait également être appliquée au chiffre 13, visible sur la télé dans le dernier plan. 

« Après le rap, j’irai faire du surf »

Les vagues sont un leitmotiv très important dans l’album de Népal et elles parcourent une nouvelle fois le clip. À son réveil, Nekfeu promène son chien sur une plage désertée, au bord d’une mer agitée où le ciel est gris. Le décor contraste avec la vision idyllique et paradisiaque des plages des Bahamas qui parcourent l’album. Tout comme les vagues qui s’échouent sur le sable, les rêves s’échouent sur la plage des réalités. 

Plongé dans l’univers monotone de Ken Samaras, le spectateur est entraîné avec lui dans son quotidien, et vit à travers lui, ses besoins d’évasion. Dans la dernière scène, Nekfeu mange seul devant sa télé. La désillusion se lit sur son visage. Sur l’écran, des images d’un équipage qui affronte les flots tumultueux de la mer. On aperçoit notamment une planche de surf dans le salon qui renvoie au son Là-bas sur lequel Népal « surfe sur la vague de mes torts ».Une image du surf qu’il avait également reprise dans sa bio Instagram : « Après le rap, j’irai faire du surf ».

Comme Népal, sur l’ensemble de son album, Ken a besoin d’évasion. Le clip se ferme sur l’écume des vagues qui s’écrasent. Une référence aux plages paradisiaques des Bahamas que Ken Samaras ne semble pas prêt d’atteindre. 

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« Polak » : premier pas dans le bunkœur de PLK

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Alors que PLK s’apprête à dévoiler « Enna », le rappeur n’en est plus à ses premiers essais. Au milieu de trois autres mixtapes trône son premier album, « Polak », sorti le 5 octobre 2018. Retour sur un projet abouti et prometteur qui a projeté l’artiste sur le devant de la scène.

 

Froid et rougeoyant. Brutal et tendre. Le premier album de PLK n’est d’autre qu’un assemblage de couleurs qui s’impose comme une évidence. Après quelques détours en compagnie du Panama Bende et ses projets solo « Ténébreux » et « Platinium », l’artiste mène une quête identitaire.

Si ses traits artistiques sont déjà bien dessinés, il n’est pas rare qu’on lui reproche un manque d’épaisseur. Pour se rapprocher encore de son public et passer un cap, PLK ouvre une nouvelle brèche dans son univers. Celle de l’intimité.

 

Le cœur rouge et blanc

Symboliquement, l’artiste ouvre son nom d’artiste et y ajoute deux nouvelles lettres, encore inconnues, pour dévoiler Polak, un mot-valise lourd de sens qui va finalement titrer l’album. S’il est avant tout son surnom, il est aussi un clin d’œil à ses origines polonaises.

 

Cover de l’album « Polak », réalisé par Fifou.

 

C’est là le premier trait personnel du projet. Comme la cover au couleur du drapeau de la Pologne, réalisée par Fifou, PLK a le coeur rouge et blanc. L’artiste profite donc du titre éponyme de l’album, Polak, situé au beau milieu de la tracklist, pour montrer un peu plus son ADN artistique. Il dénonce ceux qui se jouent d’une origine banlieusarde pour faire du bruit. Lui prône l’authenticité. Il sait d’où il vient, en retire une fierté, mais sans artifice. Un peu d’egotrip, mais pas d’excès de zéle.

Impossible alors, de ne pas ramener un peu de polonais sur le projet. C’est donc en présence de Paluch, véritable star du rap dans son pays, qu’il pose sur la piste Gozier.

 

Une porte ouverte sur son intimité

Pourtant, jusqu’ici, PLK n’en était pas moins resté discret. La suite de l’opus ne décevra pas. « Ton cœur est scellé, ça tombe bien : j’suis serrurier », scande-t-il dans Ils nous comprennent pas. À juste titre, cette punchline résonne avec le morceau Bunkœur. « Froid comme le soleil de décembre », il explique sa peur de la déception et de l’attachement. Un coeur glacé, mais surtout verrouillé.

 

 

Celui qui clamait : « Petit Polak deviendra grand » dans l’intro de l’album, va faire face à ces émotions. Dans le morceau Idiote, le rappeur s’ouvre enfin : « À six ans, maman m’a présenté de nouveaux frères. M’a dit « ils sont plus vieux qu’toi, tu verras, tu vas t’y faire ». Puis deux ans après, papa m’a présenté une nouvelle sœur. M’a dit « c’est une demi, une moitié, barricade ton cœur ». » Devant ces mouvements familiaux intempestifs, les barbelés prennent du sens. Il confiait d’ailleurs à Mehdi Maïzi dans l’émission La Sauce sur OKLM : « J’extériorise enfin des choses que je n’ai jamais osé dire à ma mère. »

 

À la recherche du « sel »

Proche des siens comme de son quartier, PLK monte mais garde les yeux sur terre. La notoriété ne lui brûle pas les mains. Il image cette idée par le « sel » dans le titre du même nom. Comme un ingrédient qui vient apporter un goût à un plat, la célébrité et l’argent ont ramené de la saveur dans son quotidien, désormais capable de mettre à l’abri sa famille et de s’occuper pour s’éloigner des tentations.

Dans le morceau Hier, une collaboration trap avec des backs puissants aux côtés de SCH, il aime d’ailleurs rappeler que peu importe la fame et la taille de son portefeuille, l’assaisonnement magique n’est d’autre que la sincérité et le naturel. En restant « l’même qu’hier ».

Si certains pourrait taxer l’artiste de manquer de profondeur ou d’originalité dans ses phrasés et ses choix artistiques, PLK répond et démontre une maturité a plusieurs égards. Bien équilibrée, la tracklist propose un concentré stratégique de « Platinium » et « Ténébreux », ses deux mixtapes précédentes. Avec un flow inspiré par l’école de l’Entourage ou encore de la Sexion d’Assaut, il s’assied tout aussi bien sur des prods sèche (Séparer) que sur des instrumentales piano-voix avec des toplines calibrées (Weed).

Le succès du CD tient aussi aux inédits, ajoutés une fois l’album certifié disque d’or. Des morceaux hors contexte, mais très vendeur, comme le hit Dingue, le morceau story-telling Sans suite et l’inattendu Emotif, réalisé en une heure dans les studios de Booska-P.

 

Un album taillé pour le succès

Si le S et Nekfeu l’accompagne sur l’album, le casting est aussi brillant du côté de la production. À la baguette, Katrina Squad et Junior Alaprod ont sculpté un squelette varié mais cohérent au projet qui a su réunir un large public. Des beatmakers comme Le Motif, Diabi, DST ou Wladimir Pariente ont aussi apporté leur touche.

Deux plus tard, l’album platine résonne encore. Après avoir fait franchir, à son public, un premier pas dans son Bunkœur, PLK en propose un deuxième avec « Enna », son second album, prévu le 28 août 2020. Très personnel, le titre du projet est un nouveau mot-valise, qui rassemble cette fois le prénom de son frère et de sa soeur.

 

Cover de l’album « Enna », réalisé par Fifou.

 

Un deuxième cap doit être franchi pour le rappeur qui va chercher de nouveaux points d’appuie pour se renouveller, à travers Hamza, Rim’K ou encore Heuss l’Enfoiré. Le rappeur surfera-t-il sur la recette du morceau Problèmes et des prods mélodieuses de Junior Alaprod ? La tracklist pourrait le laisser penser. Rendez-vous le 28 août.

 

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S.Pri Noir #3 : L’entre-deux albums

[vc_row][vc_column][ts_text_block]Dans quelques heures, S.Pri Noir délivrera son deuxième album studio « État d’esprit » avec une solide tracklist de 14 titres réunissant huit invités de marque (Dadju, Laylow, Lefa, Leto…). Après le succès de « Masque Blanc », le jeune rappeur est resté très actif. Avant d’appuyer sur play à minuit, faisons un tour d’horizon des accomplissements de l’artiste pendant ce laps de temps. Musicalement, mais pas que.

 

Le 11 mai 2018, S.Pri Noir dévoilait son premier album « Masque Blanc ». Le succès est immédiat et sa carrière prend une nouvelle tournure. Alors que certains auraient marqué une pause après les semaines intenses précédant la sortie, il a préféré garder le pied sur la pédale.

Le 9 juillet, le rappeur clippe sans attendre la collaboration phare de l’album : Juste pour voir en featuring avec Nekfeu. Entourés de motards, les deux artistes se mettent en scène sur une piste d’atterrissage. Le visuel est entrecoupé d’images de concerts et de festivals.

 

 

Décidé à continuer de mettre en avant son album le plus longtemps possible, S.Pri Noir va enchaîner les clips. Celui de Narco Poète sort quelques jours plus tard (le 14 juillet) et l’artiste s’offre les services du vidéaste Brice VDH (réalisateur des clips d’Angèle, Julien Doré ou encore Roméo Elvis). Dans une usine désaffectée de Belgique, il décline les punchlines de ce morceau introspectif. Si l’esthétique semble plus simpliste qu’à son habitude, elle reste très efficace.

Il donne ensuite un nouveau souffle à des morceaux comme Papillon et Chico. Ce dernier est filmé à Cuba dans les quartiers de La Havane. TBMA derrière la caméra, il nous transporte quelques minutes au pays des narcotrafiquants.

 

 

Quelques mois après avoir décroché son premier disque d’or, S.Pri Noir envoie un dernier visuel pour Mon crew en juin 2019. Dans une ambiance ensoleillée, il foule le sable du désert de Dubaï aux côtés de Nemir. Trois mois plus tard, les deux rappeurs feront le match retour sur l’album du Perpignanais avec Rock N’ Roll. Au total, onze des vingt-deux titres de « Masque Blanc » seront habillés d’un clip.

 

Crédit : SpriNoirTV.

 

Machine à featurings

Pour  continuer d’affirmer sa place de cador du rap français, S.Pri Noir n’a pas besoin de sortir un projet chaque année. Ses multiples collaborations entretiennent sa présence à travers différents registres musicaux. 

En septembre, il s’invite sur le premier album de 4Keus : « À coeur ouvert » avec le morceau Toutes la Night. Dans un deuxième couplet planant, le rappeur des Fougères montre qu’il n’a rien perdu de son flow.

2019. Nouvelle année, nouvelle ambiance. S.Pri Noir rejoint Jok’Air à l’occasion de la sortie de son deuxième album « Jok’Travolta », sorti le 14 juin. Sur le morceau Ta meuf est sèche, accompagné par Gros Mo, il boucle le featuring avec délicatesse : « Ma meuf éblouit, elle est dévouée, ma meuf est douée ».

Pour son retour sur les plateformes en octobre, c’est S.Pri Noir que D. Ace a choisi. Dans leur première association sur le son Charmant, ils signent un single efficace avec un refrain incisif qui ne demeurent pas moins l’un des meilleurs succès commerciaux du rappeur du 95 (D. ACE, ndlr).

 

 

À noter également son apparition sur le projet « Street Love » d’Abou Debeing (Calme), sur le morceau Au Réveil de Malory ou encore sur le single Eau de Cologne d’Abou Tall.

L’artiste a aussi prêté ses talents au cinéma en posant sur la B.O du film « Black Snake, la légende du serpent noir » (Alhadji Baller Remix) et sur celle de « Taxi 5 » (All Eyes On Me). Il a d’ailleurs été invité à l’écran par Franck Gastambide, pour une brève apparition dans le premier épisode de la série « Validé ».

Pour finir l’année en beauté, le rappeur rejoint son ami Doums sur Onda, lors de la sortie de son nouvel EP « Polite & Co » en décembre. Le clip sera dévoilé en février.

 

De la scène au podium

Pendant deux ans, S.Pri Noir n’a pas seulement excellé derrière le micro. Déjà ambassadeur de la marque Adidas depuis 2017, l’élégance de l’artiste n’a pas laissé indifférentes des marques comme Kenzo, Hugo Boss, Cartier ou encore Dior. 

 

Shooting photo à l’occasion de son association avec Kenzo, en octobre 2018. Crédit : @lewisylvain.

 

Égérie de la collaboration du PSG avec Hugo Boss, au côté de Mauro Icardi, en novembre 2019. Crédit : @ahtlaqdmm.

 

En décembre 2019, le rappeur est devenu l’un des visages de Cartier. Crédit : @gdw__________.

 

Égérie de Dior parfums pendant la campagne de février 2020. Crédit : Hugo Jozwicki.

 

Dernier virage début 2020. S.Pri Noir accélère. Il présente un premier extrait de son prochain album, le 22 janvier, avec Dystopia. Sous les airs d’un court métrage avec un teaser en forme d’affiche de blockbuster, le projet dévoile ses premiers traits. Dans une ambiance apocalyptique, il donne le ton. Sur Instagram, il laisse même des premières pistes : « Vous pourrez my voir évoluer dans mon quartier où tout a commencé et où tout finira un jour… Trente ans après une guerre nucléaire entre l’Est et l’Ouest censée avoir eu lieu dans les années 2010.»

Sur ses derniers featurings, S.Pri Noir monte en puissance. D’abord sur l’album «  Trinity » de Laylow avec le morceau Hillz, puis avec ses compagnons de route sur Étincelles, en compagnie de Sneazzy, Alpha Wann et de Nekfeu. Dans ce casting haut en couleur, le rappeur s’est frayé une place sur le quatrième couplet où il place quatre phrases sobres, mais toujours justes.

L’équipe n’a pas tardé à remettre le couvert. Avec Sneazzy et Philly Phaal, S.Pri Noir envoie le troisième extrait de son album : T’as capté.

Il ne fait pas de doute que l’artiste s’appliquera à clipper un bon nombre de ses morceaux sur ce deuxième projet, comme il l’avait fait pour « Masque Blanc ». Rendez-vous à minuit pour rejoindre le nouvel « État d’esprit » de l’artiste. Opération programmée avec le MI6 (« Music Intelligence System »).

 

Pochette de l’album « État d’esprit ». Crédit : Fifou.

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