Luidji confiait récemment à Mehdi Maïzi vouloir s’ouvrir à des sujets importants et moins personnels dans sa musique. Encore faut-il se guérir de ses maux qu’il nous livrait sur son premier album « Tristesse Business : Saison 1 ». Avec « Boscolo Exedra », l’heure serait-elle venue pour Luidji de sortir la tête hors de l’eau ?
Sur son premier album, Luidji se montre tiraillé entre deux femmes : sa copine et son amante. Une situation qui le plongera dans un abîme de désespoir. Alors qu’il entame une nouvelle relation, Luidji veut changer de décor et invite sa nouvelle flamme à passer l’été sur la Côte d’Azur.
C’est d’abord au Rouge, une boîte parisienne qui donne son nom au deuxième morceau de l’EP, qu’il fait cette nouvelle rencontre. Lassé de sa vie à la capitale : « J’en peux plus du Vapiano de porte de Bercy » (Sirène), Luidji s’exile à Nice avec son idylle du moment. Au programme : fête foraine de Bandol et détente au Boscolo Exedra, un hôtel de luxe de la ville doté d’une piscine rooftop.
Un retour à l’eau
Avec ces vacances sur la côte, l’artiste cherche à se rapprocher de la mer. Un thème omniprésent sur « Tristesse Business : Saison 1 ».
Sur son album précédent, Luidji compare son amante à une sirène, dont le chant séducteur a causé son naufrage. Il reprend cette métaphore aquatique pour décrire sa nouvelle partenaire. C’est aussi le titre du troisième morceau de l’EP, sur lequel il multiplie les références à l’eau. L’artiste volatile explique à sa nouvelle sirène qu’il ne souhaite pas rester bloquer dans un bocal avec elle, tels deux poissons qui tournent en rond inlassablement. Un refus de l’engagement, qu’il murmure à la fin du morceau : « J’aimerais qu’on s’aime, seulement pour le week-end. »
Luidji, une nage en eaux troubles. Article disponible sur Mosaïque.
Luidji en profite aussi pour se remémorer sa solitude passée, sur le fleuve de ses émotions : « J’étais tellement solo sur le radeau » (Sirène). Une figure qu’il évoquait d’ailleurs sur son opus précédent, dans le titre Nazaré.
Mais l’eau n’est pas le seul fil conducteur entre ses deux projets. Le nom d’Erzulie, divinité vaudou de la beauté, revient également. Une appellation que le rappeur utilisait pour qualifier son amante du premier album, avec qui il trompait sa copine. Sur « Boscolo Exedra », il explique vouloir faire de sa nouvelle compagne, sa nouvelle Erzulie (Mauvaise Nouvelle).
Un contre-flux
Luidji montre aussi une évolution par rapport à son premier album, tant dans le fond que dans la forme. Musicalement, les apparitions discrètes d’Astrønne et de Nemir sur le projet laissent sous-entendre que le rappeur est prêt à s’ouvrir à des collaborations extérieures, après avoir raconté son histoire très personnelle sur « Tristesse Business : Saison 1 ».
Il s’agit seulement d’un premier palier pour l’artiste qui se guérit pas à pas de ses maux. Sans être des featurings évidents, il invite ces artistes à placer des ad-libs derrière son chant.

L’histoire racontée sur son dernier album est une saison épisodique, alors que celle-ci ne dure que pour une seule saison estivale. La courte durée de cette relation est expliquée dans le morceau Manège, où Luidji explique qu’il ne compte pas entretenir cette relation plus longtemps, par peur de replonger dans ses mauvaises habitudes.
Tout au long du projet, on l’entend aussi répéter différentes phases tels que : « Mauvaise nouvelle, si jamais le démon tourne autour d’elle, j’arrive dans sa vie je fous le bordel », ou encore : « Quand j’te follow, j’ai pas b’soin d’un follow back, ni d’un DM, ni d’un like. » Ces phrases font offices de maximes qu’il se force à répéter afin d’éviter de retomber dans ses travers relationnelles avec les femmes.
Sur le dernier morceau du projet : Boscola Exedra, Luidji se remémore ce voyage amoureux avec sa sirène. Il semble finalement avoir replongé dans ses anciens vices lorsqu’il insiste sur le côté matérialiste de cette relation : « Je l’aimais bien mais j’ai horreur de faire le domestique donc elle repart avec un demi SMIC en cuir bleu ciel, gravé Lancel. Son premier sac mais c’est déjà ça, je sais qu’elle ne m’oubliera pas. »
Sur l’outro de « Boscola Exedra », Luidji discute avec la même femme présente sur l’intro de Veuve Cliquot, une vieille amie de son père, qui lui propose de suivre une thérapie afin de se débarrasser de ces problèmes relationnels. Suivra-t-il sa thérapie sur son nouvel album ?